Marion Maréchal Le Pen était l'invitée de TF1 LCI RTL le Figaro. A partir de la 7e minute, elle revient sur son entretien donné à Présent :
culture et histoire - Page 1271
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La culture française est imprégnée de catholicisme : donc certaines revendications musulmanes n'ont pas droit de cité en France
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Attila le Hun - Documentaire
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L’Amérique du sud a été peuplée il y a 15.000 ans
Selon les nouvelles informations reçues grâce aux fouilles archéologiques récentes, les chercheurs ont pu estimer que l’Amérique du sud avait été peuplée par les hommes il y a près de 15.000 ans. Les résultats archéologiques ont été rendus publics dans la revue PloS One.
Des fouilles archéologiques ont été effectuées au Monte-Verde, dans le sud du Chili. Les chercheurs ont retrouvé des outils en pierre, ainsi que des restes d'animaux cuisinés et des restes végétaux. Tout cela montre la présence d'hommes à cette époque.
Selon l'auteur de la découverte, une grande partie des pièces retrouvées étaient faites de matériaux en provenance d'autres endroits en Amérique du sud. Parmi les pièces retrouvées, les chercheurs ont pu distinguer des os de grands mammifères.
Il y a près de 40 ans, les scientifiques se sont mis d'accord sur l'idée que l'Amérique du sud avait reçu ses premiers habitants, notamment des nomades d'origine asiatique, il y a près de 13.000 ans. Les chercheurs liaient leur apparition à une culture précise. Ces nouvelles fouilles archéologiques ont permis de découvrir des traces d'une communauté plus ancienne. Ses habitants travaillaient les outils d'une autre façon.
http://fr.sputniknews.com/sci_tech/20151121/1019708535/amerique-sud-peuplee.html -
Chronique du 18 novembre 2015 :: "De l'action révolutionnaire"
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Gabriele D’Annunzio : «Entre la lumière d’Homère et l’ombre de Dante»
« En quelque sorte, un dialogue d'esprit, une provocation, un appel... »
Friedrich Nietzsche
Ex: http://scorpionwind.hautetfort.com/
Né en 1863, à Pescara, sur les rivages de l'Adriatique, D'Annunzio sera le plus glorieux des jeunes poètes de son temps. Son premier recueil paraît en 1878, inspiré des Odes Barbares de Carducci. Dans L'Enfant de volupté, son premier roman, qu'il publie à l'âge de vingt-quatre ans, l'audace immoraliste affirme le principe d'une guerre sans merci à la médiocrité. Chantre des ardeurs des sens et de l'Intellect, D'Annunzio entre dans la voie royale de l'Art dont l'ambition est de fonder une civilisation neuve et infiniment ancienne.
Le paradoxe n'est qu'apparent. Ce qui échappe à la logique aristotélicienne rejoint une logique nietzschéenne, toute flamboyante du heurt des contraires. Si l'on discerne les influences de Huysmans, de Baudelaire, de Gautier, de Flaubert ou de Maeterlinck, il n'en faut pas moins lire les romans, tels que Triomphe de la Mort ou Le Feu, comme de vibrants hommages au pressentiment nietzschéen du Surhomme.
Il n'est point rare que les toutes premières influences d'un auteur témoignent d'une compréhension plus profonde que les savants travaux qui s'ensuivent. Le premier livre consacré à Nietzsche (celui de Daniel Halévy publié en 1909 ) est aussi celui qui d'emblée évite les mésinterprétations où s'embrouilleront des générations de commentateurs. L'écrivain D'Annunzio, à l'instar d'Oscar Wilde ou de Hugues Rebell, demeurera plus proche de la pensée de Nietzsche,- alors même qu'il ignore certains aspects de l'œuvre,- que beaucoup de spécialistes, précisément car il inscrit l'œuvre dans sa propre destinée poétique au lieu d'en faire un objet d'études méthodiques.
On mesure mal à quel point la rigueur méthodique nuit à l'exactitude de la pensée. Le rigorisme du système explicatif dont usent les universitaires obscurcit leur entendement aux nuances plus subtiles, aux éclats brefs, aux beaux silences. « Les grandes idées viennent sur des pattes de colombe » écrivait Nietzsche qui recommandait aussi à son ami Peter Gast un art de lire bien oublié des adeptes des « méthodes critiques »: « Lorsque l'exemplaire d'Aurores vous arrivera en mains, allez avec celui-ci au Lido, lisez le comme un tout et essayez de vous en faire un tout, c'est-à-dire un état passionnel ».
L'influence de Nietzsche sur D'Annunzio, pour n'être pas d'ordre scolaire ou scolastique, n'en est pas pour autant superficielle. D'Annunzio ne cherche point à conformer son point de vue à celui de Nietzsche sur telle ou telle question d'historiographie philosophique, il s'exalte, plus simplement, d'une rencontre. D'Annunzio est « nietzschéen » comme le sera plus tard Zorba le Grec. Par les amours glorieuses, les combats, les défis de toutes sortes, D'annunzio poursuit le Songe ensoleillé d'une invitation au voyage victorieuse de la mélancolie baudelairienne.
L'enlèvement de la jeune duchesse de Gallese, que D'Annunzio épouse en 1883 est du même excellent aloi que les pièces de l'Intermezzo di Rime, qui font scandale auprès des bien-pensants. L'œuvre entière de D'Annunzio, si vaste, si généreuse, sera d'ailleurs frappée d'un interdit épiscopal dont la moderne suspicion, laïque et progressiste est l'exacte continuatrice. Peu importe qu'ils puisent leurs prétextes dans le Dogme ou dans le « Sens de l'Histoire », les clercs demeurent inépuisablement moralisateurs.
Au-delà des polémiques de circonstance, nous lisons aujourd'hui l'œuvre de D'Annunzio comme un rituel magique, d'inspiration présocratique, destiné à éveiller de son immobilité dormante cette âme odysséenne, principe de la spiritualité européenne en ses aventures et créations. La vie et l'œuvre, disions-nous, obéissent à la même logique nietzschéenne,- au sens ou la logique, désentravée de ses applications subalternes, redevient épreuve du Logos, conquête d'une souveraineté intérieure et non plus soumission au rationalisme. Par l'alternance des formes brèves et de l'ampleur musicale du chant, Nietzsche déjouait l'emprise que la pensée systématique tend à exercer sur l'Intellect.
De même, D'Annunzio, en alternant formes théâtrales, romanesques et poétiques, en multipliant les modes de réalisation d'une poésie qui est , selon le mot de Rimbaud, « en avant de l'action » va déjouer les complots de l'appesantissement et du consentement aux formes inférieures du destin, que l'on nomme habitude ou résignation.
Ce que D'Annunzio refuse dans la pensée systématique, ce n'est point tant la volonté de puissance qu'elle manifeste que le déterminisme auquel elle nous soumet. Alors qu'une certaine morale « chrétienne » - ou prétendue telle - n'en finit plus de donner des lettres de noblesse à ce qui, en nous, consent à la pesanteur, la morale d’annunzienne incite aux ruptures, aux arrachements, aux audaces qui nous sauveront de la déréliction et de l'oubli. Le déterminisme est un nihilisme. La « liberté » qu'il nous confère est, selon le mot de Bloy « celle du chien mort coulant au fil du fleuve ».
Cette façon d’annunzienne de faire sienne la démarche de Nietzsche par une méditation sur le dépassement du nihilisme apparaît rétrospectivement comme infiniment plus féconde que l'étude, à laquelle les universitaires français nous ont habitués, de « l'anti-platonisme » nietzschéen,- lequel se réduit, en l'occurrence, à n'être que le faire valoir théorique d'une sorte de matérialisme darwiniste, comble de cette superstition « scientifique » que l'œuvre de Nietzsche précisément récuse: « Ce qui me surprend le plus lorsque je passe en revue les grandes destinées de l'humanité, c'est d'avoir toujours sous les yeux le contraire de ce que voient ou veulent voir aujourd'hui Darwin et son école. Eux constatent la sélection en faveur des êtres plus forts et mieux venus, le progrès de l'espèce. Mais c'est précisément le contraire qui saute aux yeux: la suppression des cas heureux, l'inutilité des types mieux venus, la domination inévitable des types moyens et même de ceux qui sont au-dessous de la moyenne... Les plus forts et les plus heureux sont faibles lorsqu'ils ont contre eux les instincts de troupeaux organisés, la pusallinimité des faibles et le grand nombre. »
Le Surhomme que D'Annunzio exalte n'est pas davantage l'aboutissement d'une évolution que le fruit ultime d'un déterminisme heureux. Il est l'exception magnifique à la loi de l'espèce. Les héros duTriomphe de la Mort ou du Feu sont des exceptions magnifiques. Hommes différenciés, selon le mot d'Evola, la vie leur est plus difficile, plus intense et plus inquiétante qu'elle ne l'est au médiocre. Le héros et le poète luttent contre ce qui est, par nature, plus fort qu'eux. Leur art instaure une légitimité nouvelle contre les prodigieuses forces adverses de l'état de fait. Le héros est celui qui comprend l'état de fait sans y consentir. Son bonheur est dans son dessein. Cette puissance créatrice,- qui est une ivresse,- s'oppose aux instincts du troupeau, à la morale de l'homme bénin et utile.
Les livres de D'Annunzio sont l'éloge des hautes flammes des ivresses. D'Annunzio s'enivre de désir, de vitesse, de musique et de courage car l'ivresse est la seule arme dont nous disposions contre le nihilisme. Le mouvement tournoyant de la phrase évoque la solennité, les lumières de Venise la nuit, l'échange d'un regard ou la vitesse physique du pilote d'une machine (encore parée, alors, des prestiges mythologiques de la nouveauté). Ce qui, aux natures bénignes, paraît outrance devient juste accord si l'on se hausse à ces autres états de conscience qui furent de tous temps la principale source d'inspiration des poètes. Filles de Zeus et de Mnémosyne, c'est-à-dire du Feu et de la Mémoire, les Muses Héliconiennes, amies d'Hésiode, éveillent en nous le ressouvenir de la race d'ordont les pensées s'approfondissent dans les transparences pures de l'Ether !
« Veut-on, écrit Nietzsche, la preuve la plus éclatante qui démontre jusqu'où va la force transfiguratrice de l'ivresse ?- L'amour fournit cette preuve, ce qu'on appelle l'amour dans tous les langages, dans tous les silences du monde. L'ivresse s'accommode de la réalité à tel point que dans la conscience de celui qui aime la cause est effacée et que quelque chose d'autre semble se trouver à la place de celle-ci,- un scintillement et un éclat de tous les miroirs magiques de Circé... »
Cette persistante mémoire du monde grec, à travers les œuvres de Nietzsche et de D'Annunzio nous donne l'idée de cette connaissance enivrée que fut, peut-être, la toute première herméneutique homérique dont les œuvres hélas disparurent avec la bibliothèque d'Alexandrie. L'Ame est tout ce qui nous importe. Mais est-elle l'otage de quelque réglementation morale édictée par des envieux ou bien le pressentiment d'un accord profond avec l'Ame du monde ? « Il s'entend, écrit Nietzsche, que seuls les hommes les plus rares et les mieux venus arrivent aux joies humaines les plus hautes et les plus altières, alors que l'existence célèbre sa propre transfiguration: et cela aussi seulement après que leurs ancêtres ont mené une longue vie préparatoire en vue de ce but qu'ils ignoraient même. Alors une richesse débordante de forces multiples, et la puissance la plus agile d'une volonté libre et d'un crédit souverains habitent affectueusement chez un même homme; l'esprit se sent alors à l'aise et chez lui dans les sens, tout aussi bien que les sens sont à l'aise et chez eux dans l'esprit. » Que nous importerait une Ame qui ne serait point le principe du bonheur le plus grand, le plus intense et le plus profond ? Evoquant Goethe, Nietzsche précise : « Il est probable que chez de pareils hommes parfaits, et bien venus, les jeux les plus sensuels sont transfigurés par une ivresse des symboles propres à l'intellectualité la plus haute. »
La connaissance heureuse, enivrée, telle est la voie élue de l'âme odysséenne. Nous donnons ce nom d'âme odysséenne, et nous y reviendrons, à ce dessein secret qui est le cœur lucide et immémorial des œuvres qui nous guident, et dont, à notre tour, nous ferons des romans et des poèmes. Cette Ame est l'aurore boréale de notre mémoire. Un hommage à Nietzsche et à D'Annunzio a pour nous le sens d'une fidélité à cette tradition qui fait de nous à la fois des héritiers et deshommes libres. Maurras souligne avec pertinence que « le vrai caractère de toute civilisation consiste dans un fait et un seul fait, très frappant et très général. L'individu qui vient au monde dans une civilisation trouve incomparablement davantage qu'il n'apporte. »
Ecrivain français, je dois tout à cet immémorial privilège de la franchise, qui n'est lui-même que la conquête d'autres individus, également libres. Toute véritable civilisation accomplit ce mouvement circulaire de renouvellement où l'individu ni la communauté ne sont les finalités du Politique. Un échange s'établit, qui est sans fin, car en perpétuel recommencement, à l'exemple du cycle des saisons.
La philosophie et la philologie nous enseignent qu'il n'est point de mouvement, ni de renouvellement sans âme. L'Ame elle-même n'a point de fin, car elle n'a point de limites, étant le principe, l'élan, la légèreté du don, le rire des dieux. Un monde sans âme est un monde où les individus ne savent plus recevoir ni donner. L'individualisme radical est absurde car l'individu qui ne veut plus être responsable de rien se réduit lui-même à n'être qu'une unité quantitative,- cela même à quoi tendrait à le contraindre un collectivisme excessif. Or, l'âme odysséenne est ce qui nous anime dans l'œuvre plus vaste d'une civilisation. Si cette Ame fait défaut, ou plutôt si nous faisons défaut à cette âme, la tradition ne se renouvelle plus: ce qui nous laisse comprendre pourquoi nos temps profanés sont à la fois si individualistes et si uniformisateurs. La liberté nietzschéenne qu'exigent les héros des romans de D’annunzio n'est autre que la liberté supérieure de servir magnifiquement la Tradition. Ce pourquoi, surtout en des époques cléricales et bourgeoises, il importe de bousculer quelque peu les morales et les moralisateurs.
L'âme odysséenne nomme cette quête d'une connaissance qui refuse de se heurter à des finalités sommaires. Odysséenne est l'Ame de l'interprétation infinie,- que nulle explication « totale » ne saurait jamais satisfaire car la finalité du « tout » est toujours un crime contre l'esprit d'aventure, ainsi que nous incite à le croire le Laus Vitae:
« Entre la lumière d'Homère
et l'ombre de Dante
semblaient vivre et rêver
en discordante concorde
ces jeunes héros de la pensée
balancés entre le certitude
et le mystère, entre l'acte présent
et l'acte futur... »
Victorieuse de la lassitude qui veut nous soumettre aux convictions unilatérales, l'âme odysséenne, dont vivent et rêvent les « jeunes héros de la pensée », nous requiert comme un appel divin, une fulgurance de l'Intellect pur, à la lisière des choses connues ou inconnues.
Luc-Olivier d'Algange
source: Le cygne noir numéro 1
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« Supercapitalisme / Le choc entre le système économique émergent et la démocratie » Par Robert Reich
Et si le capitalisme d'aujourd'hui signait l'arrêt de mort à petit feu de la démocratie ? Selon l'auteur, Robert Reich, ancien ministre du Travail du président Bill Clinton, le capitalisme du milieu du XXe siècle s'est transformé en « capitalisme global », qui a lui-même évolué en « supercapitalisme ». Dans un environnement devenu fortement concurrentiel, à la fois vis-à-vis des clients et des investisseurs, les entreprises ont perdu leur pouvoir de fixer leurs prix. Elles doivent s'engager en permanence dans une chasse aux coûts notamment salariaux et dans une maximation du profit par tous les moyens. Non pas pour obtenir plus de concurrence mais pour s'en protéger le plus possible ! Mais alors que ce supercapitalisme permet d'agrandir encore le gâteau économique, la démocratie, entendue comme celle qui se soucie de l'ensemble des citoyens, est de moins en moins effective.
Cet ouvrage explique clairement comment les écarts grandissants de richesse entre les individus, le poids de l'insécurité du travail, l'accélération du réchauffement climatique, sont les conséquences logiques du supercapitalisme. Il démontre comment les entreprises sont de plus en plus tenues, pour conserver leurs positions concurrentielles, d'exercer très fortement leur influence sur les décisions politiques par la voie du lobbying ; comment l'individu est écartelé entre ses exigences et ses valeurs de citoyen, et ses impératifs de consommateur et d'investisseur. Ce livre montre aussi comment les outils traditionnellement utilisés par les démocraties pour réguler les problèmes de société (redistribution, services publics efficaces ) sont en déroute.
Offrant une série de recommandations, avec in fine la suppression de l'impôt sur les sociétés, pour que les citoyens puissent de nouveau pleinement participer au processus démocratique, l'auteur met en avant la responsabilité de l'individu et réclame la fin du mythe de l'entreprise « citoyenne et socialement responsable » en soutenant que les deux sphères du business et de la politique doivent rester distinctes. Une analyse limpide et dérangeante qui en appelle à la responsabilité de tous. Regrettons que l'auteur limite son analyse à la démocratie, comme alpha et omega de la vie politique.
Georges Lenormand, 23/05/08
Robert Reich, « Supercapitalisme : Le choc entre le système économique émergent et la démocratie », Vuibert, 2008, 288 p., 29 -
Francis Cousin - Éducation, Malthus, Écologie, Crise, Sport, Tourisme, Jalousie
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Vikings : le vrai visage du barbare - Documentaire
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Non aux « crimes de la pensée » !
Polémia a jugé intéressant de publier cet article où le « Times » de Londres s'émeut qu'on puisse arrêter en Grande-Bretagne et extrader de ce pays pour « crime de la pensée » un citoyen australien, fût-il « révisionniste ».
Ainsi les poursuites pour délit d'opinion qui se banalisent en France choquent encore outre-Manche.
Une sage attitude quand on sait que la loi Pleven de 1972 réprime aujourd'hui un nombre grandissant de citoyens de toutes obédiences politiques : de la droite de la droite à la gauche de la gauche, en passant par les écologistes et les centristes ; et de toutes professions : écrivains, universitaires, journalistes, caricaturistes. Pascal Boniface, Siné ou Houellebecq en savent quelque chose !
De même, la loi Gayssot de 1990 est-elle aussi sortie de son lit : initialement prévue pour limiter la liberté d'expression sur l'histoire de la seconde guerre mondiale, elle est désormais évoquée s'agissant de l'esclavage ou la colonisation, voire à propos du « génocide » ruandais : à la surprise de Pétré-Grenouilleau ou de Pierre Péan.
Ceci nous rappelle que la liberté ne se divise pas. Prétendre la limiter, c'est la tuer. Comme l'a justement rappelé Philippe Némo dans son essai « Qu'est-ce que l'Occident ? », fermer la libre discussion, c'est attenter gravement aux fondements de la civilisation européenne.
Attachés à la Grande Charte, les Anglais s'en souviennent encore : le « Times » nous le rappelle opportunément alors que les autorités policières et judiciaires de l'Allemagne fédérale s'enfoncent dans des méthodes qui rappellent chaque jour davantage celles de la STASI.
Polémia.Une tentative d'extradition qui fait craindre l'existence de délits de « crime contre la pensée »
Les juristes du service du procureur de la Couronne vont devoir requérir demain, pour le compte des autorités allemandes, l'extradition d'un Australien, le Dr Fredrik Toben, pour des délits prétendument commis en Allemagne.
Cette affaire est le dernier exemple en date des effets dans le monde des lois pénales – et de leur impact entre deux pays européens.
La demande d'extradition a été émise au titre du Mandat d'arrêt européen, procédé accéléré permettant le transfert de présumés criminels d'un Etat européen à un autre.
Ce mandat, qui a été mis en vigueur en janvier 2004, a aboli le principe de la « double incrimination » qui existait dans les anciennes lois relatives à l'extradition. Ceci signifie qu'une personne, en Grande-Bretagne, peut être extradée pour un délit qui n'est pas répréhensible dans ce pays – à partir du moment où ce délit est punissable dans l'Etat requérant l'extradition.
La réforme a été adoptée en vitesse en partie pour répondre au terrorisme après le 11-Septembre. Les législateurs ont aussi fait valoir qu'elle accélérerait la procédure d'extradition, généralement lourde et lente, ce qui permettrait de traduire plus vite en justice les délinquants.
Les détracteurs ont toutefois fait remarquer que des gens pouvaient se retrouver accusés d'un délit dont ils ignoraient l'existence puisque le racisme et la xénophobie, par exemple, peuvent être interprétés de manières diverses selon les juridictions. C'est le spectre du « crime contre la pensée », comme par exemple dans le cas d'une personne qui serait confrontée à un procès pour avoir diffusé des propos xénophobes ou racistes comme la négation de l'Holocauste sur un forum internet dans un autre pays – ce qui est reproché au Dr Toben – qui avait été l'argument même soulevé contre ce mandat d'arrêt avant son entrée en vigueur.
A l'époque les législateurs s'étaient engagés à ce que les auteurs de tels « délits » commis en Grande-Bretagne ne seraient pas extradés. Toutefois, en défense de ce Mandat d'arrêt européen, il est rétorqué qu'un pays ne peut pas demander l'extradition d'une personne si elle est soupçonnée d'avoir commis un délit fantaisiste qui ne serait jamais considéré comme un délit dans la plupart des Etats.
Lord Filkin, alors ministre de l'intérieur, avait dit, lors du vote de cette loi au Parlement, que jamais personne ne serait extradé pour une conduite considérée comme légale en Grande-Bretagne. Le spectre du « crime contre la pensée » est de retour, qui hante la Grande-Bretagne.
Frances Gibb
« Times online » : http://business.timesonline.co.uk/tol/business/law/article4863800.ece
02/10/08 -
Génocide arménien et populicide vendéen
Avant le terme gréco-latin génocide, datant de la Seconde Guerre mondiale, le ternie populicide, cent pour cent latin, a été conçu par le Comité de Salut public français. Il fait donc partie des valeurs de la république française qu'on ne rappelle jamais aux enfants des écoles. Rappelons le contexte de sa concrétisation. Les Vendéens, catholiques et monarchistes s'il en est, avaient perçu la décollation du Roi Louis XVI comme un crime. Ils étaient de plus choqués par l'arrestation de leurs prêtres réfractaires envoyés en camp d'extermination à Brouage et remplacés par des prêtres jureurs. De plus, des agents de conscription de la république voulaient les envoyer faire la guerre au profit du régime impie. Ils molestèrent ces envoyés du diable, allèrent se chercher des chefs et se soulevèrent en masse dès 1793, cumulant les victoires. C'est alors que le Comité de Salut public décida le populicide des Vendéens. Il s'agissait de massacrer tous ces brigands (sic), hommes, femmes et enfants, d'exterminer le bétail et de brûler les récoltes. Ont participé à ce péché originel de la république des officiers illustres, comme Turreau, Hoche, Kléber, Marceau, dont les noms ornent l'Arc de Triomphe et les avenues issues de la place de l'Étoile à Paris. Cette politique de la terre brûlée accomplie et les brigands exterminés (on parle de trois cent mille morts), on voulait repeupler la Vendée avec de "bons" citoyens. Tel fut le premier génocide des temps modernes, péché originel de la république française qui n'a jamais été expié.
Des autochtones de l’Asie mineure
Le génocide arménien se présente différemment. Les Arméniens, comme les Grecs et d'autres chrétiens des premiers siècles, sont des autochtones de l'Asie mineure où ils se sont installés bien avant notre ère. Les musulmans sont des envahisseurs : Arabes au VIIe siècle, Turcs à partir du Xe siècle, puis Kurdes venus du Zagros et Tcherkèsses, etc. sédentarisés. Les Turcs s'installent et prennent le pouvoir en Asie mineure, puis conquirent l'Europe balkanique et danubienne. Ils encercleront Vienne sans arriver à la conquérir. Le 29 mai 1453, ils s'emparent de Constantinople, dernier îlot de l'Empire byzantin et procèdent à un massacre dé la population. Mais, petit à petit, les chrétiens rescapés s'organisent et le Padisah reconnaît deux Patriarches chrétiens. Le patriarche orthodoxe pour les chrétiens occidentaux, te patriarche arménien pour les chrétiens orientaux. Au sein de l'Empire ottoman, les chrétiens représentent 25 % de la population. Citoyens de deuxième ordre, considérés comme dhimmis ou rayas, n'ayant pas le droit de monter à cheval, ils peuvent néanmoins devenir artisans, musiciens, médecins, fonctionnaires, officiers ou même ministres.
Massacres précurseurs
Au XIXe siècle, l'Empire ottoman va de défaite en défaite. Les populations musulmanes (essentiellement Turcs et Kurdes) sont mécontentes et jalouses des richesses des chrétiens, qui sont des travailleurs sérieux, et plus particulièrement des Arméniens. La fin du XIXe siècle marque l'accélération des massacres de chrétiens et plus particulièrement des Arméniens par les Turcs et les Kurdes en Cilicie et dans le Sud-Est. En novembre 1914, l'Empire, très influencé par les Allemands, entre en guerre aux côtés des empires centraux et le Padisah Resad émet un firman aux termes duquel tous les chrétiens de l'Empire devraient être massacrés. Les Kurdes du Sud-Est en profitent pour attaquer les bourgades chrétiennes, mais, ne recevant du pouvoir central ni argent ni munitions pour parachever cette extermination, ils finissent par conclure des trêves avec les chrétiens.
L'armée russe fait, au cours de l'hiver 1914-1915, une percée spectaculaire jusqu'au Lac de Van et jusqu'à à Bitlis, terres peuplées essentiellement d'Arméniens. Il y a en effet des centaines de villages arméniens avec leurs églises autour du Lac de Van (comme l'atteste la carte de Guréghian). Voyant ces soldats chrétiens arborant des bannières orthodoxes, les chrétiens laissent paraître une allégresse qui va leur coûter cher. Le Comité Union et Progrès qui a le pouvoir sur l'Empire ottoman, est composé de Turcs originaires des Balkans, parfois convertis du judaïsme et qui professent une sorte d'islamisme totalitaire. Il décide l'extermination des Arméniens qui aura des répercussions sur les autres chrétiens : assyriens (essentiellement), chaldéens, grecs, maronites, roums-catholiques, roums-orthodoxes, syriaques catholiques, syriaques orthodoxes, etc.
Le génocide systématique
La nuit du 23 au 24 avril 1915, une rafle capture des centaines d'Arméniens à Istanbul. A partir de la lettre à Talaat Pasha, la rafle va s'étendre à toute l'Asie mineure et au Nord de la Syrie. Elle est suivie d'exécutions pour la plupart des hommes. Les vieillards, les femmes et les enfants sont emmenés à pieds en cadrés par une soldatesque cruelle qui achève les traînards à la baïonnette. Les femmes enceintes qui accouchent en chemin doivent le faire sur le bord de la route caillouteuse et voient leurs nouveau-nés assassinés à la baïonnette et les placentas exposés. Ces convois sont conduits en direction du Sud-Est : Alep, Urfa (Edesse), Mardin, et même jusqu'à Deyr-i-Zor en Syrie sur les bords de l'Euphrate, ce qui représente plus de mille kilomètres de calvaire.
Lorsque la colonne de captifs arrive dans les aires peuplées de Kurdes, les soldats turcs vendent Jes jeunes femmes et les fillettes aux Kurdes qui en feront des prostituées, des épouses surnuméraires, des concubines captives ou des esclaves. Pour cette raison, un nombre important de Kurdes ont des bisaïeules ou des trisaïeules arméniennes. J'en ai rencontré dès mes premiers voyages à partir de 1957, mais, à l'époque, personne n'ébruitait ce métissage et sa descendance. Depuis quelques temps, les média ont abordé ce problème. Un nombre important de personnes élevées dans l'islam se découvrent une ancestralité chrétienne et rencontrent des problèmes d'identité. Mais le retour au christianisme est interdit par les lois islamiques et il correspond en Turquie à une récession sociale, puisque dans ce pays qui fut chrétien, il n'y a plus qu'un chrétien pour mille habitants.
En souvenir de ce chemin de croix de mille kilomètres subi par les Arméniens, un mémorial sis à Deyr-i-Zor en Syrie sur les bords de l'Euphrate avait été érigé. Il a été dynamité récemment par les djihadistes de l'Etat islamique. Cette obsession de détruire les tombes et les mausolées chrétiens, donc de profaner les sépultures n'est pas l'apanage exclusif de cet Etat islamique extrémiste puisqu'on peut l'observer en Algérie et en Europe, pays peuplés par des musulmans jugés modérés par les média.
D’autres génocides de chrétiens
Le génocide systématique va durer aussi longtemps que la Première Guerre mondiale. Ainsi en 1918, lorsque l'Empire ottoman capitule, l’ensemble de l'Asie mineure a été "nettoyé" de ses Arméniens. Dans le Sud-Est, les Kurdes, qui jalousaient les chrétiens et leurs terres, s'en sont pris à tous les chrétiens. Les moines syriaques orthodoxes du monastère Mor Gabriel ont été assassinés et leur monastère occupé par les Kurdes. Les Assyriens (nestoriens, Église de l'Orient), très nombreux dans le Sud-Est, ont dû abandonner leur patriarcat de Qoçannès, leurs églises des bords du Zab et des régions de Gawar et Çemdinan. Un groupe part en direction de l'Iraq. Un autre groupe part en direction du Nord-Est. Ils seront harcelés dans les défilés et les gorges par les Kurdes qui massacrent enfants, femmes vieillards, adultes, prêtres et évêques et finalement le patriarche pris dans le guet-apens que lui a tendu le kurde Simko. Les rescapés du groupe Nord-Est finiront en Iran, dans les régions de Salmas et Ormia, à nouveau massacrés comme tous les chrétiens par les Kurdes, les Azéris et les Turcs appuyés par l'armée ottomane.
Après ces massacres, chrétiens divers et Arméniens pourront s'établir en Iran, notamment en Azerbaijan de l'Ouest où l'on trouve des monastères arméniens comme Saint Thaddée et Saint Stefan. En 1923, les Assyriens voudront revenir en Asie mineure du Sud-Est, mais Mustafa Kemal, qui tolère les chaldéens rescapés, s'oppose au retour des Assyriens et les fait massacrer par la jeune armée turque qui égale en cruauté l'armée ottomane. C'est cet épisode qu'on appelle le génocide assyrien.
L’après génocide
Après la capitulation de 1918, l'armée française occupe la Cilicie et le Sud-Est vidés de leurs Arméniens et protège les rares rescapés. Mais cette armée, battue à Maras, par les insurgés turcs et kurdes kémalistes se replie sur le territoire syrien en abandonnant les chrétiens rescapés (qu'elle accueillera plus tard en Syrie). Mustafa Kémal Ataturk entérinera l'interdiction de retour imposée aux Arméniens qui ont quitté la Turquie et imposera aux Grecs et aux Arméniens rescapés du génocide de s'installer à Istanbul où ils redeviennent très actifs dans l'artisanat et le commerce, mais sont exclus de tous les emplois publics. Grecs et Arméniens acquièrent le statut de minoritaires. Petit à petit, les Grecs quittent Istanbul et vont en Grèce. Lors de mon premier séjour en 1956, ils étaient plus de cinquante mille. Ils ne sont plus que deux mille. Les Arméniens, plus résistants aux vexations, et peu tentés par l'exil en Arménie, alors soviétique, sont restés et sont actuellement au nombre de soixante mille. Mais si, à Istanbul, en 1956, outre le turc moderne, on entendait encore parler grec, arménien et français, en 2015, le turc, encore plus modernisé (ôz turkçé), est concurrencé par le Kurde-kurmanjî et le français disparaît au profit de l'anglais.
La reconnaissance et la réparation des génocides
Cent années ont passé depuis la lettre à Talaat Pasa préconisant le massacre de tous les Arméniens. Il en a ainsi disparu un million cinq cent mille dans des circonstances atroces. Les gouvernements turcs successifs n'ont pas reconnu ce génocide et préfèrent parler de guerre civile. Mais on peut remarquer que les gouvernements français n'ont pas reconnu le génocide vendéen, péché originel de la république française, et préfèrent rendre obligatoire l'enseignement de la Shoah en culpabilisant le gouvernement de Vichy et le peuple français ayant subi l'occupation, nonobstant sa participation à la résistance (j'en suis). En fait, les horreurs du génocide vendéen évoquent celles du génocide arménien. Seul le nombre des victimes diffère. Trois cents mille Vendéens pour un million cinq cents mille Arméniens.
La France a reconnu le génocide arménien par une loi. L'Europe et l’ONU s'en mêlent et ont également reconnu le génocide arménien. Les Arméniens réclament des réparations. Lors de mes voyages récents dans le Sud-Est, j'ai constaté que certains Kurdes reconnaissaient leurs torts. Les uns parlaient d'indemniser ; les autres évoquaient l'éventualité d'un retour des Arméniens et d'une restitution des terres volées, mais pas la restitution des maisons, car la polygamie et la natalité ont fait que les Kurdes sont extrêmement nombreux, soit plusieurs dizaines de millions en Turquie. Outre les villages arméniens, ils ont annexés presque tous les villages chrétiens du Sud-Est. Y a-t-il de la place pour les Arméniens ? Les Arméniens souhaitent-ils reconstruire leurs églises et leurs villages rasés et se réinstaller dans un milieu musulman hostile et rival ? Des syriaques orthodoxes partis dans les années 1980 ont réussi ce retour dans leurs villages du Turabdîn qu'ils ont reconstruits, église comprise, comme Kafro. (Il existe un mémorial du génocide syriaque à Bruxelles.) Les Arméniens ont été tués ou chassés il y a un siècle. Combien d'entre eux sont prêts à revivre une expérience de retour dans des terres déjà surpeuplées ? La réponse appartient aux Arméniens, si l'Occident veut bien les aider.
Jean-Claude C. Chabrier Rivarol du 5 novembre 2015
Bibliographie minimale : outre des ouvrages fondamentaux écrits par des chercheurs (dont celui de Raymond Kevorkian) et des dizaines d'ouvrages disponibles (dont celui de Bernard Antony, tout récent), on pourra consulter : Jean V. Guréghian, Les monuments de la région Mouch-Sassoun-Van en Arménie historique, Paris, Sigest, 2008. Ceux qui, comme moi, voudront vérifier ce qui reste des centaines d'églises et de villages arméniens sis autour du Lac de Van trouveront, soit rien parce que tout a été passé au bulldozer, soit des villages occupés par des Kurdes qui se prétendent autochtones. On trouvera dans Jean-Claude C. Chabrier, Chrétientés violentées : Serbie Turquie Iran Iraq Syrie Liban Monde Musiques Album, Paris, arabesques-C.H.R.I.S.T.O.S, 2014 (en vente à nos bureaux 30 euros franco), des renseignements sur ce qui reste de communautés et monuments arméniens. Enfin, on peut envisager la visite d'Anï ou du Musée du Génocide à Erevan. Sur le génocide vendéen, on peut lire les ouvrages de Reynald Sécher, etc.
