Le ministère de l’Intérieur a annoncé il y a quelques jours que douze millions de points ont été retirés en France en 2011, soit une augmentation de plus de 19 % par rapport à 2010, un chiffre record ! Jamais depuis la création du permis à points il y a tout juste vingt ans, en 1992, on n’avait connu une telle situation. Ce sont les excès de vitesse qui constituent, et de très loin, la première infraction. 5 660 403 contraventions (78 % du total des infractions, + 13,56 % par rapport à 2010) ont ainsi été infligées à des automobilistes qui sont de plus en plus le souffre-douleur et la vache-à-lait de la République. Par ailleurs, près de cent mille personnes (85 067 exactement) se sont vu retirer tous les points de leur permis, perdant ainsi le droit de conduire leur véhicule. Cette situation est ubuesque : en effet les personnes qui, du fait de leurs obligations professionnelles ou familiales, doivent prendre quotidiennement la voiture s’exposent à perdre rapidement des points de leur permis. L’expérience prouve en effet que, même en faisant attention, en restant vigilant, il est quasiment impossible de ne jamais dépasser les vitesses légales autorisées, sauf à avoir toujours les yeux sur le compteur, ce qui est d’ailleurs dangereux. Par cette loi détestable l’on transforme d’honnêtes citoyens en délinquants puisque désormais un nombre grandissant d’automobilistes qui ont perdu tout leur capital de points, la peur au ventre, prennent le risque de conduire sans permis en poche parce que c’est pour eux une nécessité vitale. On en arrive à des situations potentiellement dramatiques car si ces personnes ont un accident de circulation leur assurance refusera de les prendre en charge car elles roulent sans le précieux sésame rose.
Chacun le voit, cette traque chaque jour renforcée de l’automobiliste (on annonce sans cesse des radars supplémentaires tant fixes que mobiles et de plus en plus sont installés sur les feux rouges) est un moyen pour les gouvernements successifs d’amasser facilement des fonds en pressurant les citoyens. Ce que le régime ne prend pas dans la poche des contribuables par le biais des contributions directes et indirectes, des impôts nationaux et locaux, il le prélève par le biais d’amendes dont le montant est de plus en plus exorbitant. Lorsqu’il faut payer 90 ou 135 euros pour un petit excès de vitesse ou l’oubli du port de la ceinture de sécurité, cela crée pour les personnes ayant des ressources modestes, un budget serré, des emprunts à rembourser une situation dramatique.