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Location d'utérus : Catherine Dolto tire la sonnette d'alarme

Catherine Dolto, pédiatre et spécialiste de la relation mère-foetus, répond auTélégramme :

"On évoque souvent la situation des mères porteuses, l'aspect contestable de la transaction commerciale, mais rarement les conséquences pour l'enfant. Sur quoi vous basez-vous pour recentrer le débat ?

Sur 30 ans d'expérience clinique en tant qu'haptothérapeute, c'est-à-dire une personne qui accompagne les grossesses en organisant la rencontre entre les parents et l'enfant avant la naissance (...). Je suis très surprise que, dans ce débat, personne ne se pose la question du vécu de l'enfant. La GPA ne peut pas être sans trace, non seulement pour l'enfant mais aussi pour sa descendance (...). L'importance du début de la vie ne fait plus débat. Comment un enfant se construit-il dans le ventre d'une mère qui doit, au terme d'un contrat, s'en séparer ?

Pourtant cet enfant est lié à la mère porteuse...

Qu'on le veuille au non, cet enfant est en lien permanent avec elle. Il partage sa vie (...). Le foetus guette tout ce qui fait signe. Il est beaucoup plus poreux qu'on le croit au monde extérieur. (...) Cela laisse des traces très profondes. L'enfant in utero se prépare à entrer dans le monde de sa mère.

Et cette relation s'arrête brutalement... 

Le bébé perçoit ce que sa mère perçoit. Cette mère porteuse est essentielle à son stade de développement. Elle est sa planète d'origine. C'est son être même qui s'est construit dans cette relation à cette femme. Et là, on l'oblige à faire un saut héroïque dans le vide, quand arrive la réalisation de ce contrat, la livraison de cet enfant."

Michel Janva

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