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17/02/2018

Débat : JE NE SUIS PAS D’ACCORD AVEC ALAIN DE BENOIST QUAND IL DEVIENT MALTHUSIEN !

Marc Rousset

La dernière interview d’Alain de Benoist par Nicolas Gauthier sur Boulevard Voltaire cliquez ici comporte des vérités sociologiques originales, mais elle nous semble pouvoir prêter à une confusion malthusienne digne des médias de la pensée unique. Proudhon disait qu’« il n’y a qu’un homme de trop sur cette Terre, c’est M. Malthus » » alors que, selon Jean Bodin, « il n’y a de richesse que d’hommes ».

L’affirmation gratuite comme quoi la grande majorité des avortements est compensée par des naissances futures qui ne seraient pas survenues si ces avortements n’avaient pas eu lieu aurait gagné à être expliquée et justifiée, car elle doit laisser beaucoup de lecteurs très perplexes. Les 220.000 avortements par an, en France, équivalent à l’immigration légale de 200.000 immigrés légaux et 20.000 clandestins. Ces avortements ont plutôt pour conséquence de ramener, en fait, le taux réel de mortalité à la naissance, en France, à des niveaux équivalents au taux monstrueux qui prévalait sous le règne de Louis XIV.

Vouloir rassurer les foules face à un taux de fécondité en déclin à 1,88 enfant par femme parce que la population globale, en France, augmente en raison de l’invasion migratoire et suite à l’augmentation de la durée de vie est inacceptable pour un patriote soucieux de son identité française et européenne. Ce taux de 1,88 est d’autant plus dangereux et décadent qu’il est en dessous du taux de renouvellement à l’identique des populations de 2,1 enfants par femme, qu’il cache la réalité catastrophique du taux de fécondité des femmes européennes en France de seulement 1,6 enfant par femme, contre 3,2 enfants par femme d’origine extra-européenne. Ce qui signifie que, même avec une immigration zéro, la population d’origine immigrée, le plus souvent musulmane, continuera d’augmenter en France, tout comme la population d’origine palestinienne continue d’augmenter dangereusement à l’intérieur même de l’État hébreu, posant un problème grave de survie et de guerre civile à long terme pour Israël.

IL ne s’agit, également, en aucune façon, pour l’Europe, de vouloir se livrer à une « revanche des berceaux », à une concurrence nataliste stupide avec l’Afrique et son taux de fécondité moyen de 4,5 enfants par femme, contre 1,6 pour l’Europe – populations immigrées incluses. L’Afrique doit, effectivement, passer de 1,3 milliard d’habitants, en 2017, à 2,6 milliards en 2050, et 4,4 milliards en 2100, tandis que l’Europe, sans relance de la politique de la natalité, et compte tenu de l’immigration, restera stable à 700 millions d’habitants. Le Nigeria, qui compte 160 millions d’habitants, devrait atteindre entre 500 et 914 millions d’habitants en 2100.

Ce qui importe seulement, comme disait Alfred Sauvy, « c’est que les pays riches ne se mettent pas à la diète sous prétexte que des obèses habitent les maisons voisines », et donc d’encourager en France, comme Poutine en Russie avec des primes, la venue du troisième enfant ainsi que les familles nombreuses. Le non-dit dans l’interview, c’est que toutes les femmes européennes rêveraient d’avoir un enfant de plus que le nombre d’enfants nés effectivement.

Le scandale, c’est que personne, à l’exception de l’AfD en Allemagne, ne parle de politique nataliste en Europe. Selon Benoît XVI, « la dénatalité de l’Europe pourrait la mettre en congé de l’Histoire ». Pour Winston Churchill, il n’y avait pas de meilleur investissement que de mettre du lait dans le biberon des enfants. Et souvenons-nous des propos du général De Gaulle devant l’Assemblée consultative en 1945 : 

« De quelque façon que nous organisions le travail, nos rapports sociaux, notre sécurité même, s’il est acquis que décidément le peuple français ne se multiplie plus, alors la France ne peut plus rien être qu’une grande lumière qui s’éteint. »

Enfin, l’affirmation d’Emmanuel Todd comme quoi la chute de l’URSS était inscrite dans la baisse de la natalité est un bobard occidental. La dénatalité en chute libre a commencé dans une Russie effondrée, seulement après la chute du mur de Berlin ; elle a duré plus de dix ans jusqu’à ce qu’avec Poutine, le peuple russe recommence à prendre espoir.

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