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François Bousquet : pourquoi je vote Robert Ménard

Mercredi 22 mai, à 19 heures, Robert Ménard dédicacera son livre, Un maire ne devrait pas faire ça, à la Nouvelle Librairie. Rendez-vous au 11, rue de Médicis, 75006 Paris.

Qu’est-ce qui vous a conduit à inviter Robert Ménard à la Nouvelle Librairie, en plein Paris, au cœur du Quartier latin ? On est loin de Béziers…

Par amitié pour l’homme privé et par admiration pour l’homme public.
À 800 km de Paris, on voit la politique autrement, avec du recul.
Penser global, agir local, disent les altermondialistes.
Rien n’empêche de penser local et d’agir local.
Rien n’interdit, non plus, d’agir local et de penser national.
J’en veux pour preuve la ville de Béziers.
En moins d’un mandat, Robert Ménard et son équipe l’ont métamorphosée.
La belle endormie s’est réveillée, ses châteaux pinardiers ont repris des couleurs, ses places sont redevenues le cœur battant de la ville, la sécurité a été restaurée.
Béziers est le laboratoire d’une expérience municipale qui ne demande qu’à être reproduite.
Leçon numéro 1 : en quelques années, on peut enrayer le déclin programmé d’une cité.
C’est cela que Robert Ménard retrace dans son livre, Un maire ne devrait pas faire ça.
Les 35.000 maires de France devraient s’en inspirer, ça nous change de la soupe tiède que nous sert François Baroin, le président de l’Association des maires de France.
Dans aucune autre ville on ne voit autant de quidams féliciter leur édile : « Monsieur le maire, vous nous avez rendu la fierté d’être Biterrois ! »
Le secret de Ménard, c’est qu’il ressemble à ses électeurs – et celui qui ressemble a vocation à rassembler.
Il ne les toise pas du haut de sa fonction comme un baron lointain retranché dans sa tour d’ivoire.
Il apporte un vent de fraîcheur dans un monde politique dominé par ce qu’Armand Robin a appelé « la fausse parole ».
Faites ce que je dis, pas ce que je fais !
La parole politique s’est enlisée dans les eaux marécageuses du double discours.
Lui est franc du collier.
Il a le verbe haut, la tête froide et les pieds sur terre.
C’est un homme pragmatique, pas un idéologue, il ne plie pas le réel à une idéologie.
Les idéologues font de très mauvais gouvernants.
L’avenir de la politique passe-t-il par l’échelon municipal ?
Un maire ne devrait pas faire ça est un éloge de la démocratie de proximité.
Si la citoyenneté n’est pas aussi mitoyenneté, elle se perd dans les couloirs de l’administration et les organigrammes ministériels.
La proximité dans une ville de 80.000 habitants, c’est de pouvoir s’adresser directement à son maire, pour l’engueuler ou le féliciter.
Ménard a un atout dont peu d’élus peuvent se prévaloir : il connaît ses administrés pour avoir rencontré 20.000 d’entre eux lors de sa campagne municipale.
Il ne s’est pas contenté de serrer des mains en demandant des nouvelles du petit comme un automate chiraquien en tournée électorale.
Non, il a recueilli les doléances et les confidences de ses compatriotes.
Aucun sondeur, aucune enquête qualitative ne peuvent prétendre atteindre ce degré d’intimité avec la population.
Il n’y a guère que Matteo Salvini qui peut se prévaloir d’une connaissance aussi fine du corps électoral : lorsqu’il animait un talk-show radiophonique, il a pris le pouls de l’Italie – avant de la conquérir.
Où est le Matteo Salvini français ?
On parle de plus en plus de candidatures issues de la société civile, et pas seulement chez les Insoumis ni chez les Verts, mais au sein même des partis centraux ; songez à Emmanuel Macron ou François-Xavier Bellamy.
Or, à travers Macron et Bellamy, ça n’est jamais que le Système qui produit ses propres anticorps. Tout change pour que rien ne change.
La société civile ainsi conçue, c’est l’hégémonie culturelle cuirassée de coercition, disait Antonio Gramsci.
Il vaut mieux donc y regarder à deux fois.
Une candidature issue de la société civile n’est pas la panacée universelle, elle n’est pas nécessairement la réponse à une classe politique en panne d’inspiration.
Les jeunes loups succèdent aux vieux routiers, mais c’est pour maintenir des idées usées jusqu’à la corde.
C’est le système des partis et des élites qui est en faillite.
Primaires ou pas, les uns et les autres ne défendent plus que leurs boutiques.
Ils obéissent à des logiques partisanes, ils raisonnent en termes de parts de marché, de publicité électorale.
Charlatans et bonimenteurs, ils monopolisent l’offre électorale.
C’est cette hégémonie sur la chose publique qu’il faut casser, comme naguère les lois anti-trusts ont permis de démanteler les féodalités économiques.
La démocratie est une chose trop grave pour la confier aux seuls professionnels de la politique.
C’est cela que le RIC doit d’abord faire émerger via les réseaux sociaux : une candidature pour 2022 susceptible de rallier les voix de la France périphérique et des gilets jaunes.
Qui représentera ce tiers état abandonné ?
Qui cristallisera et métabolisera ces réserves de colère, la grande passion politique selon Aristote, qui ont transformé les ronds-points en agora ?
Seule une personnalité hors les murs est en mesure de le faire.
Il faut la chercher parmi tous ces électrons libres qui ont fait sécession à l’intérieur du Système, les Éric Zemmour, Michel Onfray, Marion Maréchal et Robert Ménard.
Ce n’est pas l’union des droites qu’il faut viser, c’est l’union des dissidences, l’alliance des populismes et des conservatismes, de droite comme de gauche, la rencontre des souverainismes.
Elle a déjà eu lieu sur les ronds-points, elle ne demande qu’à gagner les assemblées.
Venez en débattre avec nous le mercredi 22 mai à la Nouvelle Librairie, 11, rue de Médicis.
Robert Ménard y dédicacera Un maire ne devrait pas faire ça.
François Bousquet

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