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Un scoop du CER : Gérald Darmanin a utilement préparé la visite pré-électorale d’Emmanuel Macron dans les Hauts-de-France.

Et savez-vous comment ? En invitant au ministère de l’intérieur et en cajolant un groupe d’élus locaux de la région cornaqués par le sous-préfet de Dunkerque, Hervé Tourmente (un fidèle parmi les fidèles d’Emmanuel Macron) ! L’opération séduction – sujétion a eu lieu mardi 16 novembre, Place Beauvau, à trois jours du déplacement du chef de l’Etat dans le nord de la France. Un peu dans l’esprit des « villages Potemkine » de l’impératrice Catherine de Russie…

Tout a commencé le même jour par la présentation d’une nouvelle association d’élus macronistes (ils sont peu nombreux mais s’agitent beaucoup ces temps-ci) lancée par l’ancien ministre Stéphane Travert. « Des élus au cœur des territoires », proclame son slogan. Et visiblement heureux de se retrouver dans la capitale, en marge du congrès de l’Association des maires de France (AMF).

« Président des villes », « président des riches »… A l’approche de l’élection présidentielle de 2022, le chef de l’Etat et ses soutiens s’efforcent de chasser ces anathèmes, installés avec succès au début du quinquennat et, hélas, confirmés par la suite. Deux boulets traînés depuis quatre ans et demi, qui alimentent l’image d’arrogance de l’ancien ministre de l’économie. Une impression tenace dans l’opinion : selon une enquête de l’IFOP publiée en octobre, seuls 26 % des Français jugent Emmanuel Macron proche de leurs préoccupations.

Pour remonter la pente, le président de la République cherche depuis de longs mois à s’appuyer sur la catégorie d’élus la plus populaire de l’Hexagone : les maires. Ceux-là même auxquels il s’était adressé lors du pseudo-grand débat national au lendemain de la crise des « Gilets jaunes », début 2019. « Depuis que nous sommes ensemble dans nos responsabilités, nous en avons connu des crises. J’y ai toujours vu les maires au cœur, au front de la République », a déclaré M. Macron, jeudi, en clôture du congrès de l’AMF, afin de mieux se placer de leur côté. Alors, surtout, ne vous privez pas de relire ceci https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2019/04/10/grand-debat-de-lenfumage-demmanuel-macron-a-la-ruse-dedouard-philippe-les-francais-nechapperont-pas-a-lentourloupe/ et aussi cela https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2019/04/17/la-reponse-differee-demmanuel-macron-au-grand-debat/ .

Distant, lui ? « Malentendus » et « préjugés », a-t-il plaidé. « Je ne suis pas le seul président de la République à ne pas avoir été maire. J’ai compris qu’on honorait beaucoup le général de Gaulle ces derniers temps, il se peut qu’il ait eu le même défaut », a souligné le chef de l’Etat au cours d’un entretien récent, se vantant d’avoir passé plus de temps que ses prédécesseurs à débattre avec les élus locaux. Disons plutôt à… les circonvenir ! Le nouveau président de l’AMF, le maire de Cannes, David Lisnard, a d’ailleurs dénoncé à ce sujet une « fiction », dépeignant, dans une tribune au Figaro, le 14 novembre, des préfets « découvrant les mesures gouvernementales à la télévision » et des maires « toujours pas informés par l’Etat des clusters sur leurs communes »

Qu’importent les critiques : en vue de la présidentielle, les macronistes veulent afficher leur futur candidat comme le chouchou des maires. Le ministre des outre-mer, Sébastien Lecornu, s’efforce, de son côté depuis l’été, à créer des comités d’élus locaux devant susciter le désir d’une candidature Macron. « Nous voulons faire émerger dans les territoires des gens pas encartés mais qui souhaitent créer une émulation et soutenir le président s’il décide d’être candidat », souligne Stéphane Travert, qui participe à cette entreprise au côté de M. Lecornu. Selon un stratège de la Macronie, les maires constituent des « relais » qui seront appelés à participer à la rédaction du programme du président-candidat. Une manière de répondre sans le dire à l’ancien premier ministre Edouard Philippe, ce soutien poil à gratter qui a érigé les maires en pivot de son nouveau parti, Horizons. C’est précisément à quoi s’est attaché Gérald Darmanin, mardi 16 novembre, en recevant avec chaleur quelques élus des Hauts-de-France, accompagnés de leur sous-préfet, avant leur rencontre sur le terrain avec le président de la République. Que se sont-ils dit ? Que se sont-ils promis ? Nous ne le saurons pas car nous n’étions pas sous le bureau du ministre de l’intérieur. Maus nul doute que ces tractations ont un prix…

Emmanuel Macron entendaitd’ailleurs illustrer cette attention portée au local, voire à l’hyperlocal, vendredi, avec un déplacement dans le Nord et l’Aisne consacré au développement de la Sambre-Avesnois, cette « terre attachante qui a souffert d’une forme d’abandon de politiques publiques », comme il l’a regretté dans un entretien à La Voix du Nord publié quelques heures avant sa venue. Ben voyons ! Et c’est sans doute cette attention qui explique qu’il ait soigneusement évité de faire un crochet sur la Côte d’Opale et le Calaisis pour aller constater l’état de catastrophe migratoire qui y règne (https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2021/11/19/migrants-dans-la-manche-la-france-demmanuel-macron-ne-fait-pas-mieux-que-la-libye-ou-les-pays-du-maghreb/).

Mais un autre fantôme est réapparu ces derniers jours : celui de « président des riches ». Mardi, l’Institut des politiques publiques a publié une évaluation des conséquences de la politique de l’exécutif sur le pouvoir d’achat des Français. Ces derniers ont presque tous vu leur niveau de vie augmenter, à l’exception notable des 5 % les plus pauvres, dont le pouvoir d’achat a décliné, quand les 1 % les plus riches ont obtenu pour leur part l’augmentation la plus significative par rapport à l’ensemble de la population (https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2021/11/17/il-sen-defend-mais-emmanuel-macron-est-bien-le-president-des-tres-riches/).

« Au bout de cinq ans, les plus pauvres se sont appauvris et les plus riches se sont enrichis. Et au milieu, tous les autres ont couru de tous les côtés pour essayer d’arriver à joindre les deux bouts », a dénoncé le chef de file de La France insoumise et candidat à la présidentielle, Jean-Luc Mélenchon, lors d’une conférence à l’école de commerce Essec. Mais vous savez comment nous nommons cela :

Le 20 novembre 2021. Pour le CER, Jean-Yves Pons, CJA.

https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2021/11/20/un-scoop-du-cer-gerald-darmanin-a-utilement-prepare-la-visite-pre-electorale-demmanuel-macron-dans-les-hauts-de-france/

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