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« Fin de l’abondance » ou fin des contre-vérités ? L’économiste Marc Touati dénonce le retour de bâton du « quoi qu’il en coûte »

De l’éternel slogan « Faut prendre l’argent là où il est » (dixit Georges Marchais) au « quoi qu’il en coûte » d’Emmanuel Macron, on a dès le berceau ancré dans le cerveau des Français (et de tous ceux qui affluent sur notre sol) que les réserves de l’État sont sans limites.

Et puis voilà qu’Emmanuel Macron, tout à coup, prétend siffler la fin de la récré. Lui qui n’a cessé de nous chanter l’état mirifique de nos finances, le plein-emploi, la  poisson-pilote de l’Europe, les records de créations d’(auto)entreprises et le magistère moral sur la planète, voilà qu’il nous annonce sans ménagement « la fin de l’abondance »« des évidences »« de l’insouciance »… Nous sommes au bord de « la grande bascule », dit-il, et d’accuser la guerre en Ukraine par quoi nos malheurs sont soudainement arrivés.

Faux, dit l’économiste Marc Touati. Le fondateur d’ACDEFI [Aux commandes de l’économie et de la finance, NDLR] est un homme qui ne cesse d’alerter sur nos dérives. La liste de ses publications est éloquente : Quand la zone euro explosera... Comment la  peut encore éviter le pire (Éd. du Moment, 2012) ; Le Dictionnaire terrifiant de la  (Éd. du Moment, 2013) ; La Fin d'un monde (Hugo Document, 2016), Un monde de bulles (Bookelis, 2018)… En 2020, il publie Reset – Quel nouveau monde pour demain ? (Éd. Marc Touati). Mais le reset post-pandémie n’a pas eu lieu. Alors, il récidive avec Reset II - Bienvenue dans  d’après (idem) qui va paraître le 1er septembre.

Invité, le 24 août, d’Apolline de Malherbe, sur RMC, il a réagi avec véhémence aux propos d’Emmanuel Macron et désigné le gouvernement comme premier responsable de la récession où nous plongeons : « C’est un peu facile de dire "c’est la fin de l’abondance". Ce n’est pas à cause des Français, c’est à cause des mauvais choix stratégiques » de la  et de la BCE, dit-il. « On a voulu déresponsabiliser les Français en leur disant "tout va bien dans le meilleur des mondes", mais maintenant, il faut payer la facture ! » Il poursuit : « C’est quand même l’État français qui a augmenté de façon démesurée la dette publique, la Banque centrale européenne qui a acheté cette dette publique, qui alimenté la planche à billets ; c’est ça qui a créé l’inflation. Ce n’est pas la guerre en Ukraine. » Pour lui, « c’est le retour de bâton du quoi qu’il en coûte, c’est une erreur de stratégie économique. » Erreur sur laquelle il avait, dit-il, alerté en vain Bruno Le Maire…

Dans un entretien à Capital, Marc Touati rappelle qu’aujourd’hui, « notre dette publique a explosé, à presque 120 % du PIB », et précise : « Lors de la crise grecque, on parlait de 350 milliards d’euros de dette, c’était encore gérable. La  frôle les 3.000 milliards d’euros d’endettement ! Nous avons changé d’échelle. » Merci qui ?

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