par Olivier Perceval
Journée de deuil en Israël : l’armée israélienne a reçu les corps des otages rendus, dont ceux des enfants Bibas et de leur mère.
Les Palestiniens du Hamas ont atteint des sommets en matière de barbarie en suppliciant une famille prise en otage, une famille « raptée » par des brigands contre rançon.
Le 7 octobre nous avions pris position clairement contre l’agression sauvage et sanguinaire par un communiqué sans ambiguïté. Cela avait déplu à des antisémites de la droite culturelle, lesquels voulaient renvoyer dos à dos les agresseurs et les agressés. Ni keffieh ni Kipa, disaient-ils. Une telle position est inaudible et, depuis Pierre Boutang, nous savons que l’antisémitisme, très partagé tout le long de la IIIeRépublique à droite comme à gauche, était pour nous une lutte contre un lobby, contre un groupe, qui mettait ses intérêts particuliers au-dessus de ceux de la Nation. Mais la haine raciale que cela a engendrée en Europe a dépassé largement le sentiment de méfiance qui animait nos aînés. Les conséquences tragiques de la solution finale ont surpris et horrifié les plus humains d’entre eux. Boutang rapporte deux anecdotes concernant Maurras que je restitue ici de mémoire.
La première, quand l’AF était domiciliée à Lyon : le patron de l’Action française fut convoqué à la « kommandantur » et courtoisement reçu par un officier parlant bien notre langue. Celui-ci demanda au Martégal pourquoi il critiquait les Allemands à tout propos, « N’avons-nous pas réglé le problème juif qui vous a tant préoccupé avant-guerre ? » « Aujourd’hui », répondit Maurras « ce ne sont pas les juifs qui préoccupent les patriotes de France, mais les Allemands ».
À la fin de la guerre, Boutang rendant visite à Maurras en prison lui montra les photos des rescapés des camps qui arrivaient par trains sanitaires gare de l’Est. Maurras ne voulant pas croire ce qu’il voyait esquissa sans conviction : « Ce sont des photos-montages ». Puis, devant les dénégations de son interlocuteur, il prit sa tête dans ses mains et s’abîma dans une méditation silencieuse qui dura plusieurs minutes et enfin déclara dans un soupir : « Je l’avais dit que c’étaient des barbares ».
Après les horreurs de la guerre, Bernanos ajouta dans la réédition de la grande peur des bien-pensants une mise au point sur l’antisémitisme de Drumont. Après un tel déchaînement de violence, de cruauté et de haine alimenté par des écrits imprudents, il convenait d’abandonner l’antisémitisme dénaturé et déshonoré par les faits.
Il y a, en effet, une différence sensible entre le combat contre les dreyfusards et l’organisation d’un génocide.
Aujourd’hui nous nous trouvons à nouveau face à la même tragédie.
À chaque fois que l’actualité évoque Gaza, la Cisjordanie, les peuples d’Israël et ceux qui se disent Palestiniens, tout en condamnant les juifs, on évoque la solution à deux États. Il y a dans cette solution une méconnaissance réelle de la situation dans cette région chaude du Moyen-Orient, mais surtout une volonté de ne pas se préoccuper réellement du sort des habitants, ce qui constitue en réalité l’expression d’une paresseuse hypocrisie.
Mais la prise en otage de deux très jeunes enfants et d’une maman ne peut être pardonnée. Que ces otages soient rendus morts ajoute à l’horreur, surtout que nous avons tout à craindre des sévices qu’a endurés la maman avant d’être achevée par ses bourreaux*.
On pourrait citer d’autres sévices et d’autres calvaires vécus par les victimes. Mais celui de la famille Bibas suffit à définir la monstruosité des assaillants. Aucune cause ne justifie cette bestialité. Aujourd’hui, je ne suis pas en mesure de parler de paix devant un tel carnage.
De même que le peuple israélien n’oubliera jamais les l’horreurs nazies, il n’est pas près d’oublier celles du Hamas et en particulier le père de la famille Bibas croyant retrouver sa famille après sa libération des tunnels de Gaza.
*Finalement le corps restitué n’est pas celui supplicié de SheryBibas. On se demande pourquoi.
https://www.actionfrancaise.net/2025/02/26/la-famille-bibas-assassinee/