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81 milliards d’euros pour entretenir la bureaucratie : la dérive folle des agences d’État

Alors que les députés examinent un projet de loi visant à simplifier l’action publique, la question du coût faramineux des agences d’État revient sur le devant de la scène. En 2023, ces structures ont englouti 81 milliards d’euros d’argent public, dans une opacité quasi totale.

La France a le goût de la complexité. Avec ses 12 000 lois, 140 000 décrets, 400 000 normes, l’administration hexagonale est une machine hypertrophiée, lente, et souvent inefficace. Mais derrière ce millefeuille normatif se cache un autre problème : celui des agences publiques. Créées en série au fil des décennies, elles sont aujourd’hui plus de 438, toutes financées par le contribuable, souvent sans contrat d’objectifs ni contrôle démocratique réel.

Le JDD vient de sortir d’ailleurs une infographie révélatrice sur le sujet

Une explosion des coûts en dix ans

En 2012, ces agences coûtaient déjà cher : 38,9 milliards d’euros. Dix ans plus tard, la facture a plus que doublé, atteignant 81 milliards en 2023. Elles emploient désormais près de 479 000 agents publics, souvent très bien rémunérés. La plupart de ces structures fonctionnent en parallèle des administrations existantes, qu’elles doublonnent ou concurrencent, sans qu’on en mesure clairement l’utilité.

À titre d’exemple :

  • L’Agence du service civique coûte 518 millions d’euros par an,
  • L’Office français de l’immigration et de l’intégration (OFII)562 millions,
  • L’Office français de la biodiversité659 millions,
  • L’Agence nationale de la recherche (ANR)1,2 milliard,
  • Et la Société du Grand Paris, à elle seule, engloutit 5,3 milliards d’euros chaque année.

Une gabegie qui scandalise de plus en plus d’élus, de droite comme de gauche.

Des structures sans contrôle ni évaluation

Ces agences, commissions et comités – parfois appelés ironiquement « comités Théodule » – pullulent dans tous les domaines : énergie, santé, communication, cohésion des territoires, biodiversité, immigration… Beaucoup ne se sont même pas réunis une seule fois en 2022, selon un rapport parlementaire. Certaines cumulent missions redondantes avec d’autres organismes existants, sans résultats tangibles.

Pour Laurent Wauquiez, président du groupe LR à l’Assemblée, il faut supprimer au moins deux tiers de ces structures

Le gouvernement promet du ménage, mais crée… un Haut conseil

Le projet de loi de simplification, actuellement en discussion à l’Assemblée nationale, vise à nettoyer ce capharnaüm administratif. Dans un premier mouvement, les députés ont déjà supprimé des dizaines de commissions et conseils consultatifs. Des structures qui ne s’étaient plus réunies depuis des années.

Ironie du sort, alors que l’exécutif parle de simplification, le Sénat propose… la création d’un Haut conseil à la simplification, une énième structure de plus, aussitôt critiquée à l’Assemblée.

La suppression des agences inutiles est devenue un leitmotiv gouvernemental depuis des années, sans réel passage à l’acte. De François Bayrou à Gabriel Attal, tous les Premiers ministres récents ont dénoncé une bureaucratie nuisible au développement du pays . Mais peu ont osé mettre les mains dans le cambouis.

La république française a décidément sur de nombreux plans des allures d’Union Soviétique.

Crédit photo :  DR
[cc] Breizh-info.com, 2025, dépêches libres de copie et de diffusion sous réserve de mention et de lien vers la source d’origine

https://www.breizh-info.com/2025/03/29/245331/81-milliards-deuros-pour-entretenir-la-bureaucratie-la-derive-folle-des-agences-detat/

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