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Non à leurs guerres, oui à la force

Chronique de Paysan Savoyard (n° 337 – Mars 2025)

Depuis trois ans les Occidentaux, sous l’impulsion des Américains jusqu’à l’arrivée de Trump, sont entrés dans une logique de belligérance avec la Russie. Ils ont d’abord profité de la disparition de l’URSS pour étendre les frontières de l’Otan. Depuis l’invasion russe, ils financent les Ukrainiens, leur accordent des aides diverses, leur fournissent des armes, forment leurs soldats. Ils ont positionné des troupes dans les pays limitrophes de la Russie. Dans le même temps ils ont multiplié les sanctions envers la Russie, ayant même déclaré qu’ils entendaient « mettre à genoux » son économie. Alors que les Etats-Unis de Trump opèrent un changement complet de stratégie, les Européens, eux, poursuivent leur politique de soutien total à l’Ukraine. Ils veulent augmenter leur aide afin de remplacer celle des Américains et permettre à l’Ukraine de poursuivre la guerre. Ils reprennent à leur compte l’intégralité des positions de l’Ukraine, refusant en particulier toute paix incluant des compromis territoriaux. Ils veulent enfin édifier une défense européenne afin de prévenir la menace que fait, selon eux, peser la Russie.

  • Les dirigeants européens, en guerre contre leurs peuples

Sur le fond la position des Européens est profondément erronée (voir cette chronique). Les dirigeants européens veulent en réalité saisir l’occasion de l’affaire ukrainienne pour renforcer leur projet européiste articulé autour de l’UE. On voit bien, au demeurant, que leur hostilité à la Russie va à l’encontre d’un projet de construction d’une Europe indépendante : la Russie est évidemment un pays européen et seule une Europe de l’Atlantique à l’Oural permettrait au continent européen, fort des ressources naturelles de la Russie, de s’ériger en puissance mondiale indépendante. La position des Européens est également pour partie motivée par l’hostilité qu’ils éprouvent pour le dirigeant russe, archétype du mâle blanc, hétérosexuel et chrétien, et désormais, pour les mêmes raisons, pour le dirigeant américain. Les dirigeants européistes veulent également prendre appui sur le dossier ukrainien pour poursuivre leur croisade en faveur de la démocratie telle qu’ils la conçoivent, fondée sur ce qu’ils appellent l’état de droit, c’est-à-dire le règne de leurs valeurs humanistes, garanti par leurs juges, contre la volonté majoritaire si nécessaire.

Cette affaire ukrainienne confirme que les dirigeants à la tête des pays européens et de l’UE sont des idéologues, qui trahissent les intérêts des pays et des peuples européens et menacent la civilisation européenne même. Ils sont en guerre avec leurs propres peuples (voir cette chronique).

  • Les humanistes, toujours excités par la guerre

Ces dirigeants européens excités par la guerre inscrivent ce faisant leurs pas dans ceux de leurs devanciers responsables des deux guerres mondiales. Ce parallèle mérite en effet d’être souligné : comme en 14, comme en 39, on se déclare aujourd’hui en guerre pour défendre les intérêts d’un pays secondaire et géographiquement lointain, alors que notre territoire n’est nullement menacé. En 1914, les dirigeants européens, notamment français, se sont laissés entraînés dans la guerre mondiale en se préoccupant du sort de la Serbie (les Allemands ont voulu soutenir l’Autriche, qui déclarait la guerre à la Serbie, tandis que la France entendait respecter son alliance avec la Russie, elle-même alliée de ce pays des Balkans). En 1939, c’est de nouveau le sort de petits pays d’Europe centrale qui a provoqué le déclenchement de la guerre : c’est pour soutenir la Pologne que la France a déclaré la guerre à l’Allemagne, alors que son propre territoire n’était pas menacé.

Les deux guerres mondiales ont été évidemment catastrophiques pour les Européens. Outre les dizaines de millions de morts, elles ont entraîné le suicide de l’Europe, la puissance passant alors de l’autre côté de l’Atlantique. Les responsabilités de ces guerres sont bien entendu partagées et entremêlées. Pour ce qui est de la seconde, la faute principale est celle des Allemands. Mais d’autres facteurs doivent également être pris en compte : les dispositions territoriales du traité de Versailles de 1919, jugées iniques par les Allemands ; les effets de la crise économique de 29 ; la crainte d’une révolution communiste en Allemagne ; la responsabilité directe de la Russie communiste, signataire du pacte germano-soviétique. Il reste que, pour s’en tenir à la France, ses dirigeants n’ont pas su éviter les guerres. Pire, ils les ont conduites alors qu’ils n’avaient pas fait en sorte que l’armée soit suffisamment forte et préparée. La première guerre mondiale a fait 1,4 million de morts côté français : chaque village en a gravé la liste terrible et accusatrice. 100 000 Français sont morts en un mois au début de la seconde, avant que n’intervienne l’armistice. Pour ce bilan, les responsables français de l’époque méritent, à titre rétrospectif, haine et mépris.

On notera au passage qu’aussi bien en 14 qu’en 39, ce sont bien des dirigeants humanistes et républicains qui étaient au pouvoir à l’entrée en guerre. C’est l’union des gauches, victorieuse des élections de 1914, qui a décrété la mobilisation générale en soutien à la Russie (juste après avoir pris le temps d’instaurer l’impôt sur le revenu…). En 1939 c’est le gouvernement soutenu par l’assemblée du Front populaire qui déclare la guerre. Les humanistes, en effet, sont tantôt antimilitaristes et pacifistes, tantôt bellicistes, selon ce que commande leur internationalisme. En 1871, Gambetta, bien à l’abri en province, est partisan de la « guerre à outrance », à l’encontre des conservateurs et de la droite, qui veulent l’armistice et la paix. Après l’affaire Dreyfus, les jacobins radicaux de Clemenceau sont antimilitaristes. En 1917 au contraire, ce même Clemenceau veut « faire la guerre », s’opposant à la plupart des politiciens tentés par une paix de compromis. Après avoir réduit pendant plusieurs décennies les dépenses militaires et supprimé le service militaire, les humanistes, progressistes et républicains d’aujourd’hui, se présentent désormais comme des va-t’en-guerre déterminés.

Il faut rappeler enfin ce point fondamental : ce sont les républicains qui ont enclenché le cycle des grandes guerres à l’échelle européenne, guerres révolutionnaires puis napoléoniennes, afin d’exporter leur révolution (1,2 million de morts côté français, compte non tenu bien entendu des victimes, sous la guillotine et en Vendée, du terrorisme d’Etat inventé par la révolution française). Ce sont eux, également, qui ont inventé la conscription, laquelle aboutira aux massacres de masse (tandis que les guerres d’Ancien régime, qui n’impliquaient que des aristocrates et des mercenaires, ne mettaient en jeu que des effectifs faibles).

  • Non au pacifisme, non à l’universalisme

Il faudrait en tout point faire l’inverse de ce que veulent les humanistes, les progressistes, les républicains. Il faudrait disposer d’une armée puissante, alors que la gauche est antimilitariste (et que la fausse droite s’aligne sur elle, dans ce domaine comme dans tous les autres). Cette armée puissante devrait être vouée avant tout, comme en Suisse, à la défense de nos frontières, alors qu’on disperse depuis cinquante ans ce qui reste de notre armée dans des « opérations extérieures » sur des théâtres qui ne nous concernent en rien. Il faudrait cesser de vouloir aider la terre entière, cesser d’accueillir le monde entier, cesser de se répandre en repentances et en aveux de culpabilité : redevenir un pays fier, un pays respecté, un pays militairement puissant, un pays craint. Avec les autres pays européens, il faudrait constituer une confédération, de l’Atlantique à l’Oural. En un mot, non à l’antimilitarisme et au pacifisme des humanistes et non à leur universalisme. Non à leurs guerres, oui à la force.

Comme leurs devanciers de 1914 et 1939, les dirigeants français méritent haine et mépris, mais à un degré encore supérieur : les politiciens de 14 et de 39 se sont montrés ineptes, mais leurs motivations stupidement internationalistes n’étaient pas, du moins, destinées à nuire à la France. Nos actuels dirigeants, eux, qui viennent aujourd’hui agiter une prétendue menace russe, laissent s’étendre sciemment depuis des décennies une délinquance et un désordre qui ruinent chaque jour un peu plus la tranquillité et la sécurité. Ils laissent délibérément les frontières ouvertes à l’invasion migratoire et à son cortège de conséquences catastrophiques. Ils prennent soin de répartir l’immigration sur tout le territoire afin que personne ou presque (l’hyperclasse dirigeante mise à part) ne puisse y échapper. Ils passent leur temps, à accuser leur propre pays et leur propre histoire : les crimes et même les « crimes contre l’humanité » (sic) dont la France s’est, selon eux, rendue coupable justifient à leurs yeux qu’aujourd’hui la terre entière puisse s’inviter chez nous.

Et cette question revient, toujours la même, lancinante, amère, désespérée : les dirigeants français et européens connaîtront-ils, une fois l’invasion endiguée, le procès pour haute trahison qu’ils auront cent fois mérité ?

https://leblogdepaysansavoyard.wordpress.com/2025/03/26/non-a-la-guerre-oui-a-la-force/

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