« Faire l’Europe, c’est faire le poids » : c’était la promesse du PS en 1992. Encore une promesse qui n’a pas été tenue… C’est l’exact inverse que démontrent les dernières semaines, secouées par les initiatives brutales de Donald Trump. L’UE est ignorée dans les négociations sur l’Ukraine, et réagit de manière dérisoire aux conflits commerciaux. L’UE, c’est la paralysie et l’effondrement économique.
L’UE fait de nous les dindons de la farce
Bien sûr, ce n’est pas une surprise. Certains l’avaient compris dès l’Acte Unique ou Maastricht. Mais les dernières semaines éclairent d’une manière particulièrement brutale tous les vices de forme du machin européen, aux intérêts trop divergents pour aboutir à un plus petit dénominateur commun qui ait le moindre poids dans le cours des évènements. Pourtant, notre continent a été la première puissance économique de la planète. Aujourd’hui, nous ne sommes plus qu’un ensemble affaibli, qui n’a plus d’autre poids que celui de son marché, guère dynamique, à cent lieues de l’influence des USA ou de la Chine. Loin de nous avoir permis de faire le poids, l’UE nous affaiblit et réduit notre poids dans le monde. Et cela est particulièrement criant pour un pays comme le notre, qui avait un vrai poids dans la marche du monde, et qui est réduit aujourd’hui aux gesticulations grotesques et vulgaires de son Jupiter de pacotille.
D’abord, il y a la négociation sur la fin de la guerre en Ukraine. Elle est menée en Arabie Saoudite, avec les États-Unis comme maître de cérémonie abrupt et intéressé, sans que les pays européens soient invités à la discussion, une humiliation qui en dit long sur le poids réel de l’UE sur une guerre qui se passe pourtant en Europe. La guerre commerciale déclenchée par Donald Trump montre à nouveau à quel point l’UE ne pèse rien, ou presque. Alors que la Chine, qui vend trois fois plus à l’Oncle Sam que l’inverse, ose répondre aux droits de douane, l’UE se fait toute petite. Derrière les déclarations martiales de certains dirigeants Français, l’UE a suspendu ses mesures, alors que les USA en gardent certaines (droit de douane minimum de 10%, et même de 25% pour l’automobile, l’acier ou l’aluminium). Les mesures sur l’acier sont ridicules pour qui sait que les USA nous vendent des volumes absolument dérisoires…
Car même si le président états-unien a renoncé à des mesures plus fortes (les 20% de droits de douane pour toute l’UE), au bout du compte, le retrait de nos mesures de rétorsion aux droits de douane sur l’automobile ou aux 10% marque une nouvelle fois l’impuissance du machin européen. Les USA nous agressent et l’UE se laisse faire. Bien sûr, notre excédent commercial fait que nous n’avons pas intérêt à une escalade, mais ce qui est frappant, c’est que les pays réagissent en ordre dispersé, ne permettant pas un front commun. Et la remise en cause du dogme libre-échangiste provoque une erreur système des eurocrates qui répondent à Trump en lui proposant plus de libre-échange… Pourtant, il y avait des moyens de pression : suspendre les amendes sur les émissions de CO2 en 2025 pouvait soulager nos constructeurs automobiles (et affaiblir Tesla) ou agir sur les pratiques fiscales des multinationales US.
Mais l’UE comporte des parasites fiscaux, qui ne sont pas prêts à se fâcher avec les multinationales US, et l’Allemagne refuse tout conflit commercial qui risque de mettre à mal ses exportations. Résultat, l’UE laisse faire, et surtout, se laisse faire. Au contraire d’une Chine qui réagit, l’UE reste passive, faisant le minimum syndical pour donner le change à ses opinions publiques. Pire, elle propose plus de libre-échange aux USA, de nouveaux accords avec d’autres pays, et semble même accueillir de manière favorable une expansion des échanges avec la Chine, alors même que le déferlement de véhicules chinois pourrait approfondir la crise de notre secteur automobile. Notre industrie subit les règles pénalisantes de l’UE face à une concurrence internationale féroce, où l’Asie protège, elle, son industrie.
Pour qui en douterait encore, les dernières semaines viennent comme un démenti cinglant à la propagande européiste. L’UE ne nous est d’aucune aide. C’est un poids, lourd, à nos chevilles. L’UE nous affaiblit et nous appauvrit, quasiment dans toutes les circonstances. Nous l’avons vu en 2001, en 2008, de 2010 à 2014, en 2020. Il est temps d’en tirer la seule conclusion logique : en partir.