À noter que ce visuel est tiré d’une vidéo, mise en ligne en septembre 2024 par la préfecture, dans laquelle les autorités tentent d’inciter les touristes à acheter leurs souvenirs dans les boutiques officielles.
Inévitablement, l’affiche de la préfecture de Paris n’a pas manqué de faire réagir, sur les réseaux sociaux. « Tout à fait le portrait-robot du vendeur à la sauvette, il suffit d’aller se promener du côté de la tour Eiffel pour le vérifier », ironise ainsi le chroniqueur Éric Naulleau. « Jean-Édouard le vendeur à la sauvette alors que 100 % sont des Africains. De qui vous moquez-vous ? », s’agace le militant Damien Rieu. « Vraie question : vous avez déjà vu un vendeur à la sauvette européen ? », ajoute une militante du collectif Némésis. Résultat : la préfecture de police a fini par retirer la publication de ses réseaux sociaux.
Cadre sup en col roulé et Séverine, des délinquants ?
Ce n’est pas la première fois qu’une campagne officielle contre l’insécurité ou les incivilités semble bien éloignée de la réalité. Ainsi, en mai 2024, le ministère de l’Intérieur publiait une campagne de lutte contre les rodéos urbains, véritable fléau qui met en danger les riverains et nuit à leur tranquillité. Là encore, sur le visuel censé illustrer la campagne, Beauvau avait jugé pertinent de représenter un homme blanc, vêtu d’un col roulé, sur un scooter. Un portrait-robot des délinquants une nouvelle fois quelque peu éloigné de la réalité…
© Capture écran Ministère de l'Intérieur
Un an plus tôt, Île-de-France Mobilités accusait « Séverine » de déranger les usagers des transports en commun par ses appels bruyants. « Ben voyons ! Comme chacun sait, c’est Séverine qui nous emmerde avec ses lasagnes dans les transports ! », raillait alors Stanislas Rigault, ancien président de Génération Zemmour.
© Capture écran IDF Mobilités
La régie des transports de l’agglomération de Montpellier avait placardé une campagne similaire dans ses transports dont le slogan était : « Irrésistible pour les uns, insupportable pour les autres. » L’une des affiches montrait ainsi un cadre de type européen écouter de la musique à tue-tête et déranger les usagers du bus.
La ville de Bordeaux, de son côté, entendait lutter contre le harcèlement de rue contre les femmes avec une série d’affiches. Là encore, les agresseurs étaient tous de type caucasien.
Quels sont les objectifs de ces campagnes qui refusent de cibler le bon public ? Susciter une vague d’indignation et de moqueries sur X ou lutter contre les vrais problèmes ?