
La nouvelle que nous attendions tous est enfin tombée : Nicolas Sarkozy est libre. Dieu que le suspense fut intense !
Enfin, cet homme qui a tant donné à la France (comme le souligne Laurent Wauquiez) est de retour parmi nous !
Cette détention inhumaine et injuste, imposée à un homme intègre, prend fin provisoirement. C’est un simple homme, ancien Président de la République, qui est entré en détention il y a un mois ; c’est un hybride entre Jésus Christ et Edmond Dantès qui en sort aujourd’hui.
Les avocats en tout genre se succèdent sur les plateaux de télévision, nous expliquant la vie dans leur jargon insupportable et leur style ampoulé. Pierre Botton chiale et fait la morale à tout le monde. Le conflit en Ukraine semble même avoir fait une pause afin de célébrer l’événement.
Il est vrai que l’incarcération de Nicolas Sarkozy comme un vulgaire petit délinquant de droit commun est un désastre absolu pour l’image de la France à l’international. Ce d’autant plus que ses prédécesseurs ont fait bien pire que lui en matière de magouilles en tout genre. La différence réside uniquement dans le fait que ces derniers se sont montrés plus malins que lui.
Son mentor, Jacques Chirac, est parvenu à se goinfrer au frais de la collectivité pendant toute sa vie, sans presque jamais être inquiété, et chaque fois que cela devenait un peu chaud, il eut l’intelligence de trouver des fusibles pour payer à sa place.
Nicolas Sarkozy n’a pas eu cette habileté ; il est celui qui passera à la postérité comme le précurseur du processus de dégradation de la fonction présidentielle, funeste écueil que ses prédécesseurs eurent le bon goût d’éviter.
Le plus dérangeant dans cette triste histoire ne réside pas dans le fait que Nicolas Sarkozy soit allé en détention, mais plutôt que ce soit pour des motifs sans intérêt, qui occultent ce qu’est vraiment Sarkozy.
Nicolas Sarkozy est tout d’abord celui qui s’est permis de liquider un tiers des réserves d’or de la Banque de France à vil prix afin de colmater en urgence les déficits de nos finances publiques, au lieu de procéder à des réformes.
Nicolas Sarkozy c’est également le principal responsable de la plus grande forfaiture de la Ve République, à savoir le traité de Lisbonne de 2007, qui fit passer par voie parlementaire ce que le peuple avait refusé largement par référendum.
Nicolas Sarkozy, ce sont 5 années d’indigence, d’impéritie et de renoncement, en se couchant systématiquement devant l’Allemagne et Bruxelles, en maintenant toutes grandes ouvertes les vannes de l’immigration et en poursuivant méticuleusement le processus de ravage des finances publiques entamé depuis des décennies.
Nicolas Sarkozy est un traître qui, dans un pays normal, serait condamné à la prison à vie, ou même exécuté, pour le crime de haute trahison.
C’est d’ailleurs probablement la raison pour laquelle c’est sous le quinquennat de Sarkozy que fut supprimé ce crime dans notre Code pénal. Il y a fort à parier que Nicolas Sarkozy avait parfaitement conscience qu’il se pourrait parfaitement qu’il soit un jour le premier à en être victime.
Cependant le crime le plus odieux commis par Nicolas Sarkozy est souvent méconnu. En effet, nous avons fini par oublier que Sarkozy est celui qui a sorti de l’ombre une créature hideuse, qui n’aurait jamais dû sortir des profondeurs de la haute administration.
En effet, Nicolas Sarkozy est celui qui a mis le pied à l’étrier à un certain Emmanuel Macron en le nommant rapporteur général adjoint de la commission Attali. Jusqu’à il y a encore quelques mois, Nicolas Sarkozy ne ratait d’ailleurs pas une occasion de s’en vanter.
Ne serait-ce que pour cet unique motif, N. Sarkozy mérite une punition exemplaire et que son patronyme intègre le langage courant comme une insulte.
Nicolas Sarkozy a tout simplement la trahison chevillée au corps. Il a trahi son ami Jacques Martin pour lui piquer sa femme, il a trahi Jacques Chirac en rejoignant Édouard Balladur. Il a ensuite trahi ses électeurs et son propre parti politique en faisant entrer des socialistes dans son gouvernement. Il a donc tout naturellement trahi son pays en le vendant à l’Union européenne.
Nicolas Sarkozy ne mérite aucune mansuétude, et le fait qu’il soit encore considéré par la droite française comme un parrain, une figure de référence, montre l’état de décrépitude extrême de cette dernière.
Cependant les déboires judiciaires de Nicolas Sarkozy mettent en exergue une réalité extrêmement inquiétante, dont nous avions tous plus ou moins conscience, mais dont l’ampleur nous saute ici à la figure : la puissance démesurée des juges.
Les juges forment un corps unique au sein de nos institutions en ce sens qu’il se nomment entre eux, se promeuvent entre eux et se sanctionnent entre eux, sans jamais souffrir d’aucune interférence extérieure.
Les juges appliquent la loi quand ils le veulent, s’ils le veulent, à l’encontre de qui ils veulent, sans avoir à rendre de comptes à qui que ce soit. En France, un juge est quasiment indéboulonnable. Il suffit pour s’en convaincre de constater que le juge Burgaud, responsable du scandale d’Outreau, n’a subi qu’une petite réprimande pour avoir ravagé la vie de dizaines de personnes, et qu’il poursuit sa carrière tranquillement.
Bien évidemment, comme tout corps qui ne rencontre jamais aucune limite à l’exercice de sa puissance, les juges souhaitent maintenant faire les lois en sus de les appliquer.
L’incarcération de Nicolas Sarkozy est avant tout un message à destination de tous les hommes politiques qui auraient la moindre velléité de s’opposer à eux : si nous avons les moyens d’embastiller un ancien Président de la République, imaginez un instant ce que nous pourrions faire de vous…
La reprise en main de la corporation des juges est évidemment une condition sine qua non pour le succès de tout projet de restauration de la souveraineté de notre pays.
Hélas, le système semble tellement bien verrouillé par ces derniers que dire que cette reprise en main pourrait difficilement se produire au sein d’un processus démocratique apaisé s’apparente à une litote.
Alain Falento
https://ripostelaique.com/nicolas-sarkozy-un-traitre-victime-de-la-dictature-des-juges.html