Le bon peuple gavé de niaiseries fleur bleue et d’histoires de Cendrillon avec son prince pas si charmant commençait à se lasser. La crédulité et la bêtise ont des limites, même chez les vaccinés quatre ou cinq fois. Les médias de salle d’attente perdaient des lecteurs. Ceux de la propagande télé du gouvernement s’érodaient inéluctablement. Il fallait absolument réagir !
Présenter la reine des pommes comme une victime est un nouvel angle d’approche qui semble fonctionner
Les jobards ne demandent qu’à se laisser convaincre. Oubliées les factures faramineuses des grands couturiers et les notes extravagantes des perruquiers-coiffeurs de stars. Oubliées les porcelaines disparues de l’Élysée et les pièces jaunes évaporées. Oubliés les coûteux procès de Chicaneau et Chicanette en Amérique financés par le contribuable. La frêle Brigitte aux épaules de catcheur est une malheureuse victime.
Avec ses pattes en baguettes de tambour et ses grands panards tournés vers l’intérieur, elle manque singulièrement de stabilité verticale. Ne maîtrisant pas le délicieux déhanchement féminin qui permet de gérer la géométrie variable du centre de gravité, elle est une proie facile pour les méchants qui veulent la déstabiliser. Et se prend par ricochet des retombées de la haine que portent à son sigisbée 90 % de nos chers compatriotes. Ce dont elle est en partie responsable. Elle n’avait qu’à mieux dresser son caniche !
L’année 2025 a agi comme un point de bascule. Les polémiques se sont succédé à un rythme effréné, laissant peu de place au répit. Chaque geste, chaque expression, chaque mot prononcé ou interprété a été disséqué, amplifié, déformé, parfois détourné. Pour Brigitte Trognon du Touquet, cette surexposition permanente est devenue étouffante.
Scrutée, épiée, épluchée, sous le feu permanent de la critique, Sainte Brigitte n’en peut plus et elle a décidé de se battre contre les moulins à paroles
Dans son grand malheur, elle est soutenue par son mecton qui tient la police et la justice en laisse. Les merdias cupides lui mangent dans la main. Lors d’une réunion stratégique dans l’abri anti-atomique de l’Élysée fin 2024, il fut décidé de coordonner tous les moyens coercitifs de la Ripoublique pour étouffer les odieuses rumeurs sur le sexe de naissance de la reine. Alors qu’un simple test ADN à moins de 100 euros achetable sur le Net aurait fait taire les complotistes. Mais pour les gens bien comme il faut, quand ce n’est pas assez cher, c’est humiliant.
Il est vrai qu’en théorie ces tests privés sont interdits, dans l’intérêt des familles, pour éviter des désamours après des mauvaises surprises. Mais c’est comme brûler les bagnoles, fracasser des vitrines et caillasser des flics lors des soirées festives, tout le monde le fait et les zozotorités ferment les yeux.
Punie par où elle a péché son petit poisson
Au début du squat du 55 de la rue du faubourg Saint-Honoré, quand toute une faune bizarroïde se pressait lors de raouts géants mêlant la fine fleur des leaders à des dealers, et de hauts magistrats à des repris de justice déguisés en artistes ou en journalistes, Sainte Brigitte exultait.
Être bien en vue, s’imposer comme l’astre qui retient l’attention, le sujet qui captive tous les regards, et tant pis pour le mauvais œil, ça lui rappelait le bon vieux temps. Les plumes, le strass, les porte-jarretelles, les bas résille et les tutus panpan des somptueuses soirées de Chez Michou qu’elle animait avec un dynamisme apprécié jusqu’à la cour d’Angleterre. Longtemps avant de déniaiser le nigaud Manu la Branlette.
Seulement voilà, Brichel en a trop fait. Accaparer la une de Pourri Match, Vois-ça et Rance dimanche toutes les semaines, et se pavaner tous les soirs sur les plateaux des télés aux ordres sous les œillades complaisantes de journaleux en mal d’avancement, ça a fini par l’user. Par lui donner envie de faire autre chose. Alors qu’à son âge, les options de changement sont limitées pour cette pimpante octogénaire.
Elle n’en peut plus de jouer les starlettes au festival des canes pour un public d’Ehpad. Elle en a ras la perruque de ces rôles de composition où elle est de moins en moins applaudie. Ce qui passait pour une certaine forme d’originalité inédite en haut lieu en 2017 n’est plus que le rabâchage catatonique d’un vieux clown fatigué.
Selon ses proches, le plus pénible serait de ne jamais pouvoir baisser sa garde. Il y a tant de malfaisants à l’affût de ses moindres bourdes, et de tartufes envieux qui encouragent sournoisement ses légendaires impairs…
À l’Élysée, les moments supposés privés restent sous surveillance constante. Il faut se méfier des maîtres d’hôtel et des majordomes, des cuisiniers et des femmes de chambre, des chauffeurs et des garde du corps, du plombier et de l’électricien appelés à réparer la vieille bâtisse. Tous veulent leur minute de célébrité. Les plus futés espèrent tirer un bon prix des photos volées ou du récit des mœurs insolites des patrons. La presse de caniveau est généreuse quand elle tient un scoop bien crapoteux.
Même le jardinier de la Lanterne s’est mis à déballer des secrets d’État sur la ladrerie et les curieuses manies des Macronescu. Logements insalubres, payes minables, licenciements abusifs, mise en quarantaine du petit personnel quand leurs majestés rodent dans les couloirs du château constellés de moisissures. De quoi paniquer, car la chute des Ceausescu avait commencé par la divulgation de semblables anecdotes.
Dans ce contexte, Sainte Brichel du Chocolat Fourré a développé un besoin urgent de calme en créant des zones de silence où elle peut se laisser aller, en nuisette et pantouflettes, sans fards ni artifices, ni gaine serrée pour retenir ses bourrelets. Et où elle peut même péter et roter quand elle en a envie. Chose fréquente à un âge avancé où les organes internes pourrissent lentement et émettent des effluves malodorants.
Car, sauf accident, il est rare qu’on meure d’un seul coup. Si on vieillit assez longtemps, on se décompose lentement et on pourrit sur pied. Plus ou moins vite. Tout dépend des personnes. La nature n’est pas socialiste.
D’aucuns lui ont suggéré d’écrire ses mémoires. Mais outre le fait qu’elle perd la mémoire, cette brillante agrégée de lettres non affranchies s’est désagrégée. Elle ne sait plus articuler ses idées, les énoncer dans des phrases cohérentes et avancer les aphorismes coruscants qui permettent de briller en société. Parfois même la reine devient vulgaire dans ses propos et s’exprime comme une souillon.
Manu, cet ingrat freluquet, non content de la tromper avec le nain turco-mongol de Kiev, lui a conseillé de la mettre en veilleuse. « À ton âge, ce serait mieux pour toi » a-t-il osé lui dire. Façon polie de lui faire entendre qu’il ne la supporte plus. Message reçu cinq sur cinq.
Même les moins observateurs ont noté un changement. On voit moins Brichel lors des voyages officiels. La peur de l’avion lui a fait calotter son greluchon en public. Ça nuit aux sondages en déchirant la légende des deux tourtereaux épris comme Abélard et Héloïse malgré l’énorme écart des années.
La cougar apparaît comme une succube et ça fait mauvais effet dans la presse people. Autant essayer de se replier sur des positions moins scabreuses. Limiter les prises de parole pour dire moins de conneries. Orchestrer moins d’apparitions scénarisées pour éviter de se prendre les panards dans le tapis persan offert par le Grand Ayatollah. Un choix de raison sans enthousiasme mais assumé, révélateur d’une grande fatigue. Entre découragement et ras-le-bol de toutes ces simagrées.
Une camériste évoque off the record une personne émotionnellement secouée par la violence des critiques et la dureté du climat politique. Elle ne voulait pas être tenue à l’écart des délices de l’exercice du pouvoir, intervenant dans les nominations ou révocations des ministres, ambassadeurs, préfets, directeurs des télés et garde-barrières. Elle donnait son avis sur tout et n’importe quoi dès que se tendait un micro complaisant. Elle en paie aujourd’hui le prix fort.
Soutenir son paltoquet dans un contexte de crise permanente de méfiance et d’hostilité quand toutes les digues de la bienséance cèdent exige une énergie colossale. Elle l’a perdue avec ses derniers vrais cheveux dès lors que les singeries du pouvoir ne l’amusaient plus. S’exposer aux critiques politicardes et être une cible médiatique sans mandat électoral ni statut bien défini a fini par lui limer les canines. Le rôle est devenu trop pénible à tenir. Que le gamin se démerde tout seul !
Christian Navis
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https://ripostelaique.com/sainte-brigitte-la-persecutee-de-la-fachosphere.html
