
Le regard sur le Mercosur du spécialiste du RPF pour l’économie est assez décalé de la version officielle qui passe sur les médias. Notre confrère rappelle déjà l’histoire de cet accord qui date, dans ses premières moutures, d’il y a vingt à vingt-cinq ans. L’époque était toute autre, mais déjà, l’Allemagne était à la manœuvre à cause de ses liens historiques avec l’Amérique du Sud. Historiques ? Oui, ne pas oublier que de nombreux Nazis, ceux qui n’ont été recyclés par les Etats-Unis ou l’Europe, comme le célèbre Von-Braun, devenu patron de la NASA, Kurt Waldheim passé à l’ONU, ou Walter Hallstein, officier de la Wehrmacht, parmi les fondateurs de l’Europe, sont allés en partie en Amérique du Sud. De là à penser qu’ils sont à la tête des grandes entreprises agricoles locales… L’Allemagne à l’époque des prémices de cet accord était assise sur un tas d’excédents commerciaux, avec une exportation florissante. Et tant que cette Allemagne n’a pas eu de président de commission européenne allemand, le dossier est resté plus ou moins en souffrance.
Mais l’Allemande Von-der-Leyen est à la manœuvre et la voilà qui suit les consignes des ces grands groupes qui ont tous collaboré à l’époque à la machine de guerre nazie, sauf que la situation est très différente et il n’y a plus d’excédent commercial. Les grands industriels allemands qui lorgnaient sur cet accord pour pouvoir exporter plus librement, sans aucun droit de douane, ne sont plus, ou sont très affaiblis, pour cause de sanctions à la Russie, panne de gaz russe et donc cet accord enfin signé ne profitera plus à l’Allemagne comme il aurait pu lui profiter en l’an 2000. Qu’importe, VDL passe aux forceps, signe malgré la cacophonie et se permet même de trafiquer le texte pour se passer du vote des députés. Elle suit la feuille de route, avec Macron qui est pour depuis le début et qui fait semblant de tergiverser parce qu’il est en très mauvaise posture au niveau intérieur.
En réalité, cet accord va surtout arranger l’Amérique-du-Sud, moins chère à la production, avec moins de normes et côté européen, seule l’agriculture espagnole est encore à peu près compétitive. Pour ce qui est des vins français, il y a aussi des vins sud-américains et les produits de luxe ne s’adressent pas à des marchés de masse. Quant aux closes de restriction agitées par les Européens pour faire avaler la pilule, notre économiste estime qu’elles seront invérifiables, pas contrôlées, parce que les contrôles seront tout simplement impossibles à mener. Cet accord est donc déjà obsolète, correspond à une autre époque et une autre configuration et n’est aujourd’hui, clairement pas équilibré pour l’Europe. Les patrons de la grande distribution ne veulent pas des produits du Mercosur, mais est ce que les clients vont suivre ? Dans une Europe en cours de paupérisation, l’afflux de produits alimentaires pas chers risque bien d’être une aubaine pour les consommateurs désargentés et nos capitaines de grande distribution ne tiendront pas très longtemps. Il reste à dénoncer cet accord et sans doute à terme, sortir de cette Europe. Si la France en sort, le second contributeur hors course sera fatale à la forme actuelle, il ne faudra pas attendre des Allemands qu’ils payent notre part pour maintenir l’édifice, eux qui achètent à tour de bras du matériel militaire américain.