Non non, rien n’a changé, tout, tout peut continuer…
L’objectif premier de Mme Duflot, son programme de gouvernement en somme, c’est bien sûr de « lutter contre l’extrême droite ». Elle vient de sortir pour cela un opuscule. Il s’intitule Gagnons ! et se présente comme un « plaidoyer pour une alliance sociale-écologiste susceptible de conduire le pays ». Son objectif : « mettre fin à l’accroissement des inégalités et au backlash écologique ». Autrement dit le climato-scepticisme montant, lequel risquerait d’« engloutir tous les progrès acquis sur le front de la transition ces dernières années », comme on peut le lire sur le site parlonsclimat.org.
De son poste d’observation, Cécile Duflot dit avoir constaté « l’impasse du Nouveau Front populaire, à moins de 30 % des suffrages depuis 2022 », alors, il faut vite trouver une autre solution « pour rassembler les électeurs qui veulent empêcher l’impensable (sic) victoire du Rassemblement national ». La solution pour faire barrage au RN : promouvoir une candidature « issue de la société civile ». Et Cécile Duflot, qui ne se rase certes pas mais y songe quand même tous les matins en se regardant dans le miroir, se verrait bien être cette personnalité de la société civile, persuadée sans doute que ses dix ans à la tête d’Oxfam France l’ont lavée de ses passages en politique. Rappelons ici que la mission d’Oxfam est de lutter contre la pauvreté. Or, on ne sache pas qu’elle ait vraiment reculé en France…
Le dada de Duflot, c’est donc encore et toujours l’extrême droite dont ses fonctions lui ont permis, dit-elle dans son interview, d’observer le pouvoir de nuisance. Et d’énumérer : « Dans l'Inde de Narendra Modi, en deux ans, Oxfam est passé de 150 salariés à un seul. » Quant à la Hongrie de Viktor Orbán, elle s’en prend aux organisateurs de la Gay Pride. Et de mettre à l’appui de sa thèse le rapport de son amie l'eurodéputée écologiste Gwendoline Delbos-Cortfield qui établissait, en 2022, que s’il avait fallu dix ans au Premier ministre hongrois « pour s'accaparer l'essentiel des pouvoirs, dix-huit mois suffiraient en France ».
Et Cécile Duflot de conclure : « Je m'insurgeais déjà contre des mesures autoritaires (sic) adoptées par Manuel Valls, dont on redoute aujourd'hui qu'elles soient utilisées pour museler les contre-pouvoirs. » Plongée qu’elle est dans la société civile, Mme Duflot ignore sans doute que ce sont ses amis qui pratiquent aujourd’hui la censure tous azimuts et la reductio ad hitlerum de tout ce qui n’est pas de leur bord.
Un pouvoir de nuisance rarement égalé
Puisqu’elle laisse entendre qu’elle se verrait bien accéder à la tête de l’État comme personnalité civile, il est temps de rappeler le parcours de Cécile Duflot femme politique, époque où elle a fait montre d’un pouvoir de nuisance rarement égalé.
Avant que les petits arrangements entre le Parti socialiste, alors dirigé par Martine Aubry, et les Verts ne lui permettent d’entrer au gouvernement, Cécile Duflot a été la plus jeune secrétaire nationale du parti écologiste. En 2010, après avoir rassemblé les mouvements écolos au sein d’EELV, elle est classée 32e sur 100 des « penseurs mondiaux » (global thinkers) par le magazine américain Foreign Policy. C’est l’accord de gouvernement négocié en 2012 avec sa copine chef du PS Martine Aubry qui lui vaut son ministère. Cet accord, repris par Emmanuel Macron après François Hollande, jusqu'à son revirement, est celui du suicide nucléaire français. Il prévoyait en effet « d’abaisser de 75 % à 50 % la part du nucléaire dans le mix électrique d’ici à 2025, ce qui équivaut, selon la Cour des comptes, à la fermeture de 17 à 20 réacteurs ».
Devenue ministre du Logement et de l’Égalité des territoires sous le mandat de Jean-Marc Ayrault, elle annonce le gel des loyers en cas de relocation. C’est elle, aussi, qui demande à l'archidiocèse de Paris de mettre à disposition ses bâtiments inutilisés pour y loger des SDF ; elle recensera d’ailleurs toutes les possessions des congrégations. Elle, également, qui lance le projet de réquisition des logements vacants, y compris chez les particuliers. Plus subtil, encore, elle lance l’idée de limiter la surface disponible pour les plus de 65 ans, les mètres carrés « en trop » devant être loués ou bien surtaxés.
On rappellera également - mais c’est d’une grande banalité - que Mme Duflot, alors grand soutien des manifestants de Notre-Dame-des-Landes, était et est toujours favorable à la légalisation du cannabis, qu’elle a milité pour la fermeture de l’EPR de Flamanville et qu’elle se dit toujours convaincue que le droit de vote des étrangers est une nécessité.
