La date est fixée. La primaire de la gauche unie, tous ensemble sans Mélenchon ni Glucksmann, devrait avoir lieu le 11 octobre 2026 sous la houlette de la bergère Clémentine Autain qui, pour le moment, court dans la garrigue pour regrouper ses moutons.
Espérons qu’elle n’y fera pas une mauvaise rencontre comme la fois où elle fut malmenée et violée à 22 ans par un « homme avec un couteau » qui ne devait pas connaître les codes de la bienséance.
Un pedigree de chatte de race
Elle est la fille du chanteur Yvan Dautin, le vieux tube « boulevard des Batignolles » ça vous parle ? À quatre ans, elle brille comme enfant star dans le film de Jean-Marie Poiré Les petits câlins. Sa mère l’actrice Dominique Laffin et Josiane Balasko lui donnent la réplique. Greta à côté fait un peu cousine pauvre de province.
À dix ans, Mandarine chante dans un groupe pop de préados, Abbacadabra. Aux côtés de Fabienne Thibeault, Daniel Balavoine qui ramasse le blé, et Plastic Bertrand qui n’a pas encore explosé… Elle enchaîne ensuite disques, concerts et petits rôles dans la boboïtude heureuse des nantis qui se donnent bonne conscience en fricotant avec l’extrême gauche.
Ses géniteurs sont cul et chemise avec le député communiste et ministre de la Santé de Tonton Francisque Jack Ralite. Tandis que le grand bourgeois hyper ultra gauchiste Alain Krivine sable avec eux le champagne millésimé et tartine ses toasts de caviar Petrossian en leur compagnie. La vocation politicarde de Scarlatine naît-elle à ce moment-là ? Il n’y a pas de honte à changer de métier en grandissant. Shirley Temple est bien devenue diplomate.
Et puis il y a la tradition familiale d’une certaine manière. Le grand-père de Clémentine était un mandarin élu député, mais pas tout à fait du même bord. Algérie française jusqu’au bout des ongles et ami de Jean-Marie Le Pen, il fut un des cofondateurs du Front National. Dis Églantine, si tu nous parlais un peu de ton papy sympa ?
Difficile de masquer l’arrogance des gens bien nés
Quand on suit son parcours, on a l’impression que Cédratine est restée scotchée à cette caste du spectacle gauche caviar à 98 %. Intolérante dans ses certitudes au point de se déchaîner contre HistoRock qui ne leur fait en rien concurrence. Mais illustre par comparaison la médiocrité intellectuelle des Zartistes français.
Sa carrière politique commence en 2001 quand elle prend la tête de la liste communiste à Paris aux municipales. Il en faut du courage pour s’acoquiner avec des morts-vivants ! Sa défaite n’empêche pas Delanoé de lui donner une délégation de maire adjointe. Mauvaise perdante, Chocolatine qualifie son adversaire Françoise de Panafieu de « grande bourge d’un mépris de classe effroyable ». Un cas d’école de projection freudienne incontrôlée.
En mai 2008, elle signe avec Michel Onfray, qui a bien changé depuis, une tribune dans L’Immonde saluant la création par la Ligue communiste révolutionnaire (LCR) d’un nouveau parti anti-capitaliste, NPA ou Neuilly-Passy-Auteuil. Un des sanctuaires pour privilégiés qui idéalisent les banlieues dans lesquelles ils ne mettront jamais les pieds. Ils ne croient pas que ça porte chance.
Oscillant entre Olivier Besancenot et Jean-Luc Mélenchon, elle finit par rallier provisoirement ce dernier, après avoir refusé de travailler avec lui. Souvent femme varie et bien sot est Kissify. Un sacré lascar ce Kissify ! À la présidentielle de 2012, elle est la porte-parole pimpante de Jankul Merluchon, l’idole des QI<100.
Bien qu’exprimant des désaccords avec son mentor, elle ne crache pas sur ses réseaux et son appui pour se faire élire députée en 2017, l’année la plus calamiteuse de l’histoire de France après Pavie 1525, Waterloo 1815 et juin 1940.
Soyons honnêtes et reconnaissons-lui quelques mérites
Outre le fait qu’elle a milité pour le « non » au référendum volé de 2005, elle est la seule au bureau du Parlement à ne pas avoir voté la levée d’immunité parlementaire de Gilbert Collard, coupable d’avoir dénoncé publiquement les crimes de Daesch. Entre les djihadistes et Clémentine, ça coince un peu sur les bords. Elle doit quand même avoir du mal à concilier l’alliance de LFI avec des barbus misogynes, elle qui est une militante féministe proactive depuis l’époque du MLF.
Réélue en 2022 avec l’appui des communistes, elle semble vouloir prendre ses distances discrètement avec le conducator des Insoumis à tout sauf à l’islam. Sans opposition frontale, elle marque sa différence par piques discrètes. Elle traite LFI de secte, fricote avec les écolos, et qualifie d’indécent le soutien du merluchon au rouquemoute Adrien Quattenens qui maltraitait madame. Autain est une exception dans le microcosme LFI où le caudillo préfère les grosses mafflues qui ne discutent pas ses ordres.
Carabine rêve d’attirer deux millions de bolchos à une grande primaire rappelant les fêtes foraines unionistes de Mitran
Trop jeune à l’époque, elle a récupéré cette mythologie de la gauche unie et espère la faire revivre. Mais elle va avoir du boulot ! Déjà l’écolo ex LFI François Ruffin qui connaît ses classiques exige un contrôle des listes d’électeurs et une présence physique des votants.
En juillet 2025, le patron du PS moribond Olivier Faure, la cheffesse des Écolos chtarbés, l’inénarrable Tondelière, et François Ruffin ont fait le serment d’avoir un candidat commun en 2027. Le problème est que tout le monde vaut candidater. Même sans aucune chance d’être élu. Parce que cela apporte un surcroît de notoriété profitable dans les élections locales et une visibilité négociable pour vendre des bouquins écrits par d’autres.
L’organisation de cette primaire pour primates ne se fera pas sans embûches, c’est rien de le dire. D’abord parce que les deux candidats de gauche les mieux placés dans les sondages, Jean-Luc Mélenchon pour LFI et Raphaël Glucksmann pour Place publique, ersatz de PS relooké, refusent de participer à ce processus. Les deux veulent jouer perso, convaincus que leurs immenses mérites leur permettront de s’imposer. Et en cas d’échec, chacun pourra savourer le plaisir délicat d’avoir dégommé un mec qui lui court sur le haricot.
Le PCF se dit non intéressé, même si les autres sont persuadés qu’il finira par céder ses 1 ou 2 % de voix en échange de quelques postes honorifiques dans la future coalition. Quant au PS dont les congrès se tiennent dans la cave d’un kebab de Barbès, son premier secrétaire Olivier Faure, plutôt favorable à la primaire, n’a pas la permission de ses comparses pour s’engager en leur nom dans l’aventure. « Les socialistes prendront leur décision le moment venu ». On n’en saura pas plus.
Peut-être qu’à l’issue d’un vote des adhérents après les municipales, si on en trouve assez dans une pochette surprise, les résidus du PS pourraient s’impliquer. À condition de régler discrètement le délicat problème des alliances inavouables. Les franc-maçons invisibles mais omniprésents qui tirent les ficelles. Et les macronards qui préparent leur retour au bercail en 2027, après avoir contribué à l’élection du gang des fantoches en jouant double jeu au deuxième tour des législatives de 2023. Contre le RN largement majoritaire en voix.
Pour Hollandouille qui rêve d’un come back, cette primaire n’a pas de sens. Il penche pour une fédération de la gauche réformiste façon Épinay, allant du PS à Glucksmann, Cazeneuve et Jadot, saupoudrée de quelques pincées de cocos. Il a peur de se retrouver au chômage depuis que Autain, Ruffin et des écolos ont voté la censure de LFI contre le budget au risque de faire sauter le gouvernement et d’être renvoyés devant les électeurs. L’épreuve que tous redoutent et qui permet à Fripounette de les tenir en laisse.
Dernier sujet qui fâche : que faire de Mahmoud Belkacem, né Boris Vallaud, qui a oublié le 1,75 % de la Dingo à la présidentielle de 2022 et se tient en embuscade, favorable à la primaire à condition de la gagner. Dans ce panier de crabes hystériques, Clémentine n’a pas fini de compter ses pépins.
Christian Navis
