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Gérard Larcher, ultime gardien du système ?

Gérard Larcher, ultime gardien du système ?

Il fait peu parler de lui, alors que, président du Sénat, il demeure le troisième personnage de l’État. Dernier pôle de stabilité d’un régime au bord du gouffre, un an avant la prochaine élection présidentielle ?

C’est peu dire que la vie politique française sent la fin de règne. Dans un an, Emmanuel Macron ne sera plus, en termes de mandat présidentiel, s’entend. Son héritage ? Quasi inexistant, les rats ayant quitté le navire depuis longtemps. La droite institutionnelle est réduite à sa plus simple expression, tandis que la gauche n’en finit plus de s’entre-déchirer. La seule question qui se pose : qui, de Marine Le Pen ou de Jordan Bardella, défendra les couleurs du Rassemblement national. Pour tout arranger, la politique étrangère se mêle de la partie, entre Vladimir Poutine et Donald Trump. Dans ce boutre en perdition, un seul personnage surnage, continuant d’incarner, vaille que vaille, la continuité d’un État en faillite : Gérard Larcher, président du Sénat.

Gérard Larcher, jamais pour ni contre, bien au contraire…

Ce dimanche 25 janvier, il est longuement interrogé par Le Journal du dimanche, se posant en ultime rempart des institutions ; même si, comme toujours avec lui, rien n’est jamais simple. Car Gérard Larcher, c’est la politique à l’ancienne, dans ce qu’elle peut présenter de plus roué. Né catholique avant de se convertir au protestantisme, il nie toute appartenance à la franc-maçonnerie. Certes, mais ces trois influences majeures semblent cohabiter en sa personne. Catholique, celui qui fut longtemps maire de Rambouillet (78), il demeure, ayant parrainé des personnalités telles que Christine Boutin et Jean-Frédéric Poisson, derniers avatars de la démocratie chrétienne de conviction, connus pour ne pas mettre leur chapelet dans leur poche. Protestant, il l’est à sa manière, s’étant fait fort de réduire le train de vie du Sénat, la maison de retraite la plus luxueuse de France ; ce avec un succès relatif, toutefois, à en croire ses opposants au palais du Luxembourg. Mais il est vrai que l’ascétisme propre à la religion réformée, cadre assez mal avec la physionomie de notre homme. Franc-maçon, il aurait pu être, tant il excelle dans les manœuvres d’arrière-cour, quand elles ne sont tout simplement pas de basse-cour. Bref, rond au physique comme au mental, notre homme n’a pas son pareil pour louvoyer. Jamais pour ou contre, bien au contraire, à l’en croire : « Ne jamais dire non par dogmatisme, ne jamais dire oui par principe. » Soit une thématique qu’il développe dans l’entretien plus haut évoqué, à propos de la censure de l’actuel gouvernement : « La logique, c’est la censure ; la raison, c’est de ne pas la voter. » Va comprendre, Alexandre.

Assez cohérent sur les questions sociétales…

Il est pourtant des domaines sociétaux dans lesquels, il demeure plus clair ; l’euthanasie et le mariage homosexuel, par exemple. Le premier, il vient de retoquer au Sénat, préférant s’en tenir au statuquo d’antan, la loi Claeys-Leonetti, laquelle entretenait un certain flou, laissant la fin de vie à la décision prise entre deux portes, dans les couloirs, par le médecin et les proches du mourant. Il est sage de ne pas légiférer sur des sujets intimes et Gérard Larcher semble avoir bien compris. Quant au second, il n’a pas hésité à publiquement se montrer dans les cortèges de La Manif pour tous, il y a une dizaine d’années. Paradoxalement, il est plus explicite sur ces questions que le mouvement lepéniste, ayant implicitement choisi de ne pas choisir.

Le sauveur de l’héritage macroniste ?

En revanche, et à propos de ce dernier, toujours la même ambiguïté : « J’estime que pour les Républicains, il faut s’en tenir à une alliance de la droite et du centre, au premier tour – ce qui est préférable – ou au second. » Et quid d’un Front républicain, perdreau plus tout à fait de l’année, ayant un peu de plomb dans l’aile ? Ce grand amateur de chasse constate : « Avec La France insoumise qui a déjà déployé toute la gamme du communautarisme à l’antisémitisme, jusqu’à une version revisitée du Grand remplacement, je pense que le Front républicain n’existe plus. » Très logiquement, Gérard Larcher refuse donc d’ouvrir une éventuelle et future primaire de la droite à une Sarah Knafo, persistant à estimer qu’une telle primaire ne doit concerner que « les candidats de la droite et du centre ». À y bien réfléchir, Emmanuel Macron n’aurait pas mieux dit, tant les rogatons du centre-droit et les derniers survivants du centre-gauche ont intérêt à se tenir tous deux bien au chaud, en attendant les élections qui s’annoncent.

Cette union, théorisée par notre Jupiter à lunettes bleutées, façon Tom Cruise (ou Chuck Norris si l’on est d’humeur facétieuse), en est désormais réduite à la portion congrue. Il n’y a plus guère aujourd’hui que Gérard Larcher pour tenter de la sauver, façon derniers secours précédant les soins palliatifs. Larcher Macron, même boxon. C’est dire à quels expédients politiques ce système finissant en est réduit. Il était autrefois prétendu que si le système gouvernait mal, au moins se défendait-il bien. C’est manifestement de moins en moins vrai. Vivement que les Français votent.

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