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« C’était un colon ! » : Sébastien Delogu recadré par Samia Ghali

Capture d'écran YT
Capture d'écran YT
La campagne des municipales fait rage à Marseille. Alors que les socialistes tiennent la ville depuis 2020, l’équipe en place redoute la concurrence de l’extrême gauche. Sébastien Delogu ne part certes pas favori, mais pourrait néanmoins créer la surprise ou, a minima, se maintenir au second tour et empêcher la réélection de Benoît Payan. Alors tous les moyens sont bons pour torpiller la légitimité du candidat LFI. Ce dernier a ainsi été mis en cause lors d’une interview accordée à la chaîne YouTube Ils font Marseille par Samia Ghali, adjointe au maire actuel, qui a eu recours à un argument pour le moins étonnant. « Sébastien Delogu fait croire que son grand-père est algérien alors qu'il ne l'est pas du tout... Son grand-père est juste né en Algérie, c'était un colon !, a-t-elle révélé. Il ne faut pas mentir aux gens ! Pourquoi toute cette comédie ? »

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Faut-il en déduire qu’avoir des origines algériennes constituerait un avantage concurrentiel dans la course à la mairie de Marseille ? Peut-être. À défaut, une certaine dose de révérence envers l’État maghrébin semblerait être un minimum requis. On se souvient des propos de Benoît Payan, en décembre 2023, qui, face à l’ambassadeur d’Algérie en France, Saïd Moussi, n’avait pas tari d’éloges à l’égard de l'ancienne colonie. « Quand on est Français, quand on est Marseillais, il faut se dire qu’on a des choses à apprendre de l’Algérie », avait alors proclamé le maire de Marseille. Avant de conclure par cette déclaration étonnante : « Marseille est la plus grande ville algérienne en France. » Qu'on se le tienne pour dit.

La soumission à l’Autre

L’exaltation des origines étrangères a décidément le vent en poupe à l’extrême gauche. Le 6 janvier dernier, Jean-Luc Mélenchon n’a pas hésité à réécrire son histoire familiale et se qualifier de « Maghrébin européen ». Sébastien Delogu aurait-il également tendance à revendiquer des racines maghrébines qui n’existent pas ? Quoi qu’il en soit, son amour de l’Algérie, lui, ne semble nullement contrefait. Lors de son séjour à Alger, en juillet 2025, le député insoumis des Bouches-du-Rhône a multiplié les signes d’allégeance, entre embrassades énamourées du drapeau algérien, et profession de foi pour un dialogue « d’égal à égal » entre nos deux pays. Sur la chaîne de télévision Canal Algérie, antenne d'État, il s’était bien gardé d’évoquer le sort de Boualem Sansal et Christophe Gleizes, tous deux otages du régime, mais s’est réjoui en revanche de l’accueil qui lui avait été réservé : « Tout le monde est gentil, tout le monde sourit, tout le monde prend soin de moi », s’est-il enthousiasmé.

Sébastien Delogu est allé encore plus loin et a repris à son compte les éléments de langage du régime algérien. « Il faut mettre la pression sur le gouvernement français qui aujourd'hui invective le peuple algérien et qui le méprise », avait-t-il déclaré, prenant ouvertement le parti du pays dans lequel il dit avoir « des racines ». Une prise de position si scandaleuse que LFI avait jugé nécessaire de publier un tweet pour s’en désolidariser : « Le député Sébastien Delogu s'est exprimé de façon personnelle en Algérie. Il n'engage ni les groupes parlementaires de la France insoumise, ni le mouvement ».

L'éloge de l'Algérie

De son côté, Samia Ghali affiche une « algérianité » qui ne souffre aucune contestation. C’est d’ailleurs au nom de cette ascendance affirmée qu’elle peut s’autoriser à sermonner et remettre l’élève Delogu à sa place d’enfant de « colon »« On est une famille de FLN et on l’est encore », déclarait celle qui était alors sénatrice des Bouches-du-Rhône, tout sourire, face à Laurent Delahousse, en novembre 2018. Pour mémoire, le FLN est une organisation dont les actions terroristes ont provoqué la mort de plusieurs milliers d'hommes, femmes et enfants au cours des années 1950 et 1960… Fière de ses racines, Madame Ghali ajoutait que « toutes les infrastructures qu’on voit aujourd’hui en France ont été construites par les Algériens », sans susciter, là encore, la moindre réaction de son intervieweur.

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En 2017, la même Samia Ghali avait accordé un entretien à Algeriepatriotique.com, média tout à fait respectable qui qualifie Boualem Sansal d’« escroc littéraire », l’ancien ambassadeur de France à Alger Xavier Driencourt de « grossier personnage » et la ministre Naïma Moutchou d’« espionne marocaine ». Elle y rappelait avec émotion son attachement envers le pays pour lequel ses grands-parents ont « combattu »« C’est un plaisir pour moi d’être ici en Algérie, sur mes terres, déclarait-elle. Je considère l’Algérie comme la sœur jumelle de la France. (…) Les Algériens d’Algérie aiment la France et les Algériens de France aiment l’Algérie. »

D’accord, mais quid des Français de France ? Ont-ils voix au chapitre ? Ont-ils encore leur mot à dire ?

Jean Kast

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