
L’Institut Thomas More a publié un rapport sur le photovoltaïque en France. Pour son auteur, Laetitia Puyfaucher, le recours croissant à cette énergie fait peser un vrai risque sur notre souveraineté énergétique.
LE FIGARO. – Vous expliquez dans votre étude que 79 % des Français font confiance au solaire pour garantir l’indépendance énergétique. Quel est le poids du photovoltaïque dans l’énergie française ?
Laetitia PUYFAUCHER. – En France, le parc photovoltaïque est passé de 0 en 2008 à 30 gigawatts de puissance installée à fin 2025. Pourtant, le photovoltaïque représente aujourd’hui un peu moins de 5 % de la production d’électricité en France, et une part encore plus marginale de l’énergie finale totale, de l’ordre de 1 %. Il n’est donc pas synonyme d’indépendance. (…)
Vous expliquez justement que la Chine possède le quasi-monopole sur le marché mondial du photovoltaïque avec 90 % de parts. Comment la Chine en est-elle arrivée à contrôler autant ce marché ?
Cette progression dans le marché a été une des plus fulgurantes dans l’histoire en venant à bout des marchés américain et européen. Les États-Unis avaient 55 % du marché mondial du polysilicium, matière première stratégique des panneaux photovoltaïques, il leur en reste 4 %, l’Europe, à l’origine à 20 % a disparu de la carte. Aujourd’hui, 98 % des panneaux importés en Europe sont chinois. L’arrêt, en septembre 2018, des mesures antidumping instaurées par l’Union européenne entre 2013 et 2018 tua l’industrie solaire européenne. En l’espace de six ans, les importations de panneaux chinois dans l’UE sont passées de 5,5 milliards d’euros en 2018 à plus de 20 milliards en 2024.
Cette hégémonie chinoise est le fruit d’une stratégie agressive, combinant barrières douanières, subventions massives d’État, dumping à l’exportation, verrouillage des matières premières et, parfois, travail forcé.