
Ça y est, la campagne électorale des municipales commence officiellement ce lundi.
Rachida Dati, qui est passée de Sarkozy à Macron, prétend représenter la droite, alors que voter pour elle, c’est voter Macron, ou plutôt sûrement le PRD, le « Parti de Rachida Dati ».
Eu égard à l’importance de ces élections à Paris, il est prévu qu’il y ait un ou plusieurs débats télévisés entre les candidats.
Et là, Rachida Dati fait sa star en disant qu’elle ne participera pas au débat car tout le monde va la prendre pour cible, comme si elle était la huitième merveille du monde…
En revanche, depuis ce lundi 2 mars, elle n’arrête pas de dire que le vote utile pour faire gagner la droite, c’est elle. Vous savez ce que j’en pense.
Mais allons un peu plus loin.
Il est toujours tentant, en période électorale, de se ranger du côté du favori. Les sondages le donnent gagnant, les dynamiques de campagne semblent lui être favorables, et l’opinion publique paraît déjà avoir tranché. Pourtant, c’est précisément dans ces moments-là que se révèle le véritable courage politique — ou son absence.
En fait, et comme toujours, Rachida Dati a peur qu’on l’on voit son incurie, qu’elle ne travaille pas, et qu’elle est complètement narcissique.
En fait, cela prouve surtout qu’elle n’est pas capable de défendre un projet solide, d’assumer une vision claire pour Paris ou de prendre des positions audacieuses.
Pourtant, si comme elle le prétend, elle est une cible constante, ce devrait être l’occasion de démontrer une stature, une capacité à rassembler et à élever le débat. Sauf qu’au fond d’elle-même, elle sait qu’elle est nulle.
En s’inventant être une cible constante, Rachida Dati nous refait le coup de la petite beurette (qu’elle n’est plus) défavorisée, discriminée, « qui a dû lutter plus que les autres pour réussir », alors qu’on sait au contraire qu’elle a joué à fond de la discrimination positive et qu’elle a su suffisamment chouiner pour obtenir des tires professionnels de magistrate et d’avocate, sans jamais avoir démontré la moindre qualification professionnelle en droit, sans jamais avoir passé le moindre examen.
Voila, on y est : conforme à elle-même, Rachida Dati veut encore être dispensée des épreuves, car il est plus simple d’agresser et de se poser en victime que de proposer et de démontrer qu’elle a le meilleur programme, ce qu’elle sait qu’elle n’a pas, surtout face à Sarah Knafo.
En essayant de capitaliser sur son avance supposée sans répondre avec clarté et fermeté aux attaques, Rachida Dati participe à l’affaiblissement du débat démocratique.
Le courage exige de transformer la confrontation en discussion constructive, de répondre point par point, d’assumer ses choix sans se réfugier derrière les sondages. Mais cela suppose qu’elle ait quelques convictions, à part celle qu’elle mérite tout, que tout le monde doit être à son service et qu’elle peut écraser tout le monde.
Cette stratégie de la victimisation, et du refus du débat, semble être devenue la norme, ce qui dispense les politicards comme Rachida Dati de faire preuve d’audace intellectuelle et politique.
Rachida Dati sait également qu’on va lui balancer dans la figure ses affaires judiciaires, et le risque qu’elle devrait peut être démissionner de son mandat à la mairie si elle est élue.
Mais après, tout, on ne peut pas vivre 20 ans dans la politique en enfumant tout le monde sans qu’un jour ça n’ait quelques conséquences…
Manifestement, Rachida Dati, qui finalement nous refait le coup de la pauvre petite beurette, n’est pas capable de faire autre chose.
Albert Nollet