Et puis, en cas de victoire d'un quelconque RN ou Reconquête, le charbon pourrait venir à manquer. Plus de subventions pour s'en procurer. Rien. Ce serait l'arrêt brutal en rase campagne. C'est dire si l'inquiétude règne, dans les bureaux de la compagnie. À l'approche des municipales, c'est le branle-bas de combat dans la gare de triage du bien et du mal. Le convoi qui va s'élancer sur la voie du bien porte tous les espoirs des comptables de l'association. Rouler pour les forces en place, c'est préserver l'avenir de la ligne.
Tous les méfaits de l'extrême droite y seront répertoriés
Le 23 févier, un prospectus rédigé à cinq mains sera lancé depuis les portières des voitures. Tous les méfaits de l'extrême droite y seront répertoriés. Les troupeaux trouveront matière à ruminer la pensée des signataires : « s'unir, travailler ensemble et frapper juste ». La base arrière de France Inter passe en mode commando. Sur l'affiche, des sifflets de chef de gare ont été dessinées. La vocation ferroviaire du mouvement ne fait plus aucun doute. Sur les rails de la bienséance, le convoi s'élancera dans un vrombissement de clichés éculés. « Le Front commun des médias contre l'extrême droite » de 2024 s'était perdu dans la campagne. Celui-là repart pour un circuit touristique de même nature. Kommandanturs imaginaires, passage dans le tunnel des heures les plus sombres. La clientèle ne peut se satisfaire de simples amusettes électorales. « Est-ce qu'il y aura la montée de la bête dans la prairie ? » Les questions fusent, les passagers exigent le service d'un train fantôme. La direction s'affole. Les journalistes de StreetPress avaient quitté la Gaîté Lyrique sous la pression des migrants que le théâtre hébergeait. « Pourvu qu'ils ne sautent pas du train à la vue du premier épouvantail ! », s'inquiète un organisateur. Dans les villes où les sondages indiquent une gauche en perte de vitesse, le passage de l'arrière-ban de la sphère médiatique d'extrême gauche est la dernière cartouche avant la voie de garage.