
Pour la loi sur l’euthanasie, ce n’est pas encore tout à fait fini et les députés vont devoir voter définitivement le texte mortifère récemment mis sur les rails. Le RPF leur demande de se ressaisir et de mesurer la portée de ce texte à la dimension inhumaine. Vous pouvez également, reprendre ce texte et le ré-adresser à votre député.
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Madame monsieur le député
Vous venez de voter la loi sur la fin de vie. Le titre d’une douceur trompeuse, peine à dissimuler la férocité du texte qui bouleverse l’éthique médicale et la conscience collective. Il y a une différence fondamentale entre accompagner un malade jusqu’à l’ultime souffle et le précipiter dans la mort, parce qu’il aura malencontreusement exprimé un souhait d’en finir. Cette distinction simple n’a pas effleuré les consciences dans l’hémicycle. Cette loi se veut progrès, avancée humaine, sans en porter le moindre gène. Personne ne cautionnera l’acharnement thérapeutique, mais qui peut accepter qu’une société se dote d’un mécanisme aussi brutal, aussi expéditif, pour mettre fin à une vie humaine ?
Reprenons brièvement les points qui aux yeux du RPF posent un problème juridique.
– Le fait qu’aucun recours ne soit envisageable avant l’exécution. Quelle autre mesure, administrative ou judiciaire est exonérée d’un appel, d’une contestation ? Même un OQTF dispose d’une batterie de recours qui sont interdits à celui qui émet l’idée de mourir. Comment justifier une telle exception ?
– L’impossibilité pour le praticien d’user de sa conscience pour refuser l’acte. L’objection de conscience est écartée. Mais que faites-vous de la foi des médecins, de leur rapport intime au sacré, de leur engagement moral ? La Constitution reconnaît la liberté de conscience : comment une loi républicaine peut-elle la piétiner au point de placer les praticiens en contradiction directe avec les préceptes des traditions chrétiennes, musulmane et juive, toutes trois opposées au suicide ? Une république même laïque ne peut exiger de ses citoyens qu’ils renient ce qu’ils ont de plus intime.
– La classification de la mort légalisée comme thérapie dans le code de la santé publique. C’est là une rupture conceptuelle vertigineuse. Une telle classification ouvre la voie à des interprétations extensives : qu’est-ce qui empêchera demain un médecin de considérer que, pour certains patients, le meilleur traitement serait de les tuer ? Ce n’est pas là le fondement de la médecine.
Ces quelques points devraient suffire à alerter tout législateur soucieux de l’avenir moral du pays. On ne remplace pas une morale par un texte amoral. Quelle logique conduit à affirmer qu’un patient ne peut revenir sur sa décision, et que ses proches, s’ils tentent de le dissuader, deviennent des délinquants ?
Vous devez rejeter ce texte, il ne correspond en rien de ce qu’une nation moderne doit promettre à son peuple. Il y a des actes qui honorent une mandature, et d’autres qui l’abîment durablement. Nous vous demandons de reconsidérer votre position concernant ce texte, et de le rejeter prochainement. La République ne saurait se bâtir sur un modèle qui nie les fois, les consciences et bafoue les fidélités spirituelles. Quelle société voulez-vous construire, si chaque patient entrant dans un hôpital doit désormais douter de l’intention de celui qui s’avance vers lui.
D’autres urgences, bien plus essentielles attendent votre engagement.