Il s’agit de nourrir l’arnaque, de tirer l’énorme ficelle LFI et consorts entendue sur tous les plateaux : l’ultra-gauche a commis le lynchage d’un jeune étudiant, il est donc urgent de lutter contre l’ultra-droite. Les deux groupuscules dits « identitaires » dissous ne manqueront à personne, puisque aucun Français n’en avait entendu parler jusque-là. Le Bloc montpelliérain et Patria albiges sont dans le collimateur depuis plusieurs mois, révèlent Europe 1 et BFM TV. Selon BFM TV, une association d’ultra-gauche serait également visée…
Il faut reconnaître que l’État est d’une efficacité redoutable vis-à-vis de groupuscules dont les Français n’ont jamais entendu parler, et pour cause… Le Midi libre s’est penché sur le Bloc montpelliérain. Il a encore du chemin à faire avant de renverser la République : le journal local décrit « une vingtaine d’individus "nationalistes, identitaires et patriotes", comme ils se définissent, et dont le leader serait un Gardois demeurant près d’Uzès ». De son côté, Patria Albiges se veut, si on en croit son site Web, un « mouvement de jeunesse identitaire albigeois, qui s’inscrit au niveau local en tant qu’acteur politique pour alerter la population sur l’actualité et les phénomènes de société que sont l’immigration, l’insécurité, le wokisme ou l’islamisme ».
7.637 euros bruts
Pendant que l’État s’occupe de serrer Patria albiges et les vingt militants du Bloc montpelliérain, un homme s’apprête à toucher son indemnité parlementaire, soit 7.637 euros bruts. À Raphaël Arnault, il ne reste plus qu’une petite semaine à tenir avant le versement du mois de février 2026 et les vacances parlementaires. La semaine prochaine, personne ne remarquera plus à la télévision l’étrange absence du député des travées de l’Assemblée nationale : les députés ne siégeront plus.
Les élus LFI, qui devraient faire bloc pour le pousser à la démission, protègent bec et ongles leur député éclaboussé. Mélenchon l'a à nouveau soutenu, ce 23 février, de toutes ses forces dans une simili-conférence de presse donnée face à des médias amis : « La Jeune Garde est une organisation qui nous a appris beaucoup de choses sur la manière de gérer notre sang-froid pour assurer la tranquillité de nos réunions. » Raphaël Arnault n’est pas directement impliqué judiciairement et n'était pas sur les lieux du crime, certes, mais il est moralement mouillé plus qu’aucun autre. Tout homme qui a un peu d’honneur, un peu de sens des responsabilités, un peu de compassion pour la famille de la victime se précipiterait pour proposer sa démission. Pas lui, pas eux.
Le député qui s’apprête à toucher ses indemnités n’a pas reparu au palais Bourbon depuis le drame du jeune Quentin, le 14 février. Il n’a donc pu effectuer son travail parlementaire. Il n’a pas démissionné à ce jour en dépit d’un dossier accablant. Le mouvement qu’il a créé, la Jeune Garde, est cité dans le lynchage à mort du jeune Quentin. Trois de ses ex-collaborateurs sont directement impliqués sur le plan judiciaire dans ce crime sauvage (son ex-attaché parlementaire et son ex-stagiaire sont mis en examen, un troisième attaché parlementaire du même Arnault sera convoqué ultérieurement). Deux des trois hommes doivent toujours expliquer leur présence à Lyon en pleine semaine quand ils étaient censés partager leur temps entre Avignon et Paris auprès de Raphaël Arnault, jusqu’à preuve du contraire. Ces hommes, payés par l’État français (2.000 à 3.200 euros mensuels pour un assistant parlementaire) pour travailler au bien-être de tous, font l’objet d’une enquête. Pendant ce temps, leur député, d'ordinaire si bavard et provocateur, organise sa disparition de la scène nationale, mais continue à vivre aux frais du contribuable.
Rugy, Fillon, Morelle, Cahuzac...
On songe à François de Rugy, contraint à la démission pour un repas au homard ; à François Fillon, dont le costume ruina la campagne présidentielle ; à Aquilino Morelle, acculé par la révélation de ses liens avec un laboratoire et ses goûts luxueux (« Aquilino Morelle a pris la seule décision qui s'imposait », déclarera François Hollande) ; à Jérôme Cahuzac, convaincu de fraude fiscale. On n'entend pas la presse de gauche, qui hurlait alors à la démission. Le massacre d'un jeune innocent pèse donc moins lourd ?
Tandis qu’une famille pleure un frère et un fils et que la France découvre avec effarement le spectacle de la haine et de la brutalité barbares, Raphaël Arnault n'assume pas, ne s’explique pas, ne s’excuse pas, ne démissionne pas et touche toujours l’argent de l’État, fruit de l’effort des Français, de l’effort des victimes. La lâcheté de cet homme, de son parti LFI et de son chef Mélenchon sont au-delà des mots. « Plus un centime d'argent public tant que la lumière n'est pas faite sur les liens entre Jeune Garde et LFI », demande Estrosi. Il a raison.