Pour appuyer leur demande, les requérants ont écouté plusieurs programmes des médias incriminés : la matinale d’Europe 1, l’émission de Christine Kelly Face à l’info, celles de Pascal Praud (L’Heure des pros, matin et soir), mais aussi la nouvelle émission de CNews 100 % Frontières. N’y retrouvant pas les thèses gauchistes en vogue dans la plupart des autres médias, les universitaires ont conclu au « caractère manifestement monochrome de ces émissions » ainsi qu’à un « unanimisme » choquant.
Une Arcom jugée trop laxiste
En attendant que les médias du groupe Bolloré soient « vendus à la découpe », comme en rêve Jean-Luc Mélenchon, le reste de la gauche exige des sanctions toujours plus lourdes. Les multiples amendes et rappels à l’ordre de CNews seraient encore loin d’être suffisants. Mme Broyelle va jusqu’à accuser l’autorité de régulation d’« abandon de poste ». La preuve : depuis une décision rendue le 13 février 2024 par le Conseil d’État relative aux obligations des médias, aucune sanction ni mise en demeure n’aurait été prononcée par l’Arcom sur la question du pluralisme, selon les requérants. Manque de bol, CNews vient précisément d’être sanctionnée par l’Arcom pour son traitement du meurtre de Thomas à Crépol, jugé trop univoque ! Et voilà un argument qui s’écroule…
Mise en cause, l’Arcom a accusé réception d’un courrier envoyé par ladite Camille Broyelle. Elle a indiqué s’être déjà saisie d’une requête similaire déposée en janvier par Reporters sans frontières et promis qu’elle « examinera, le cas échéant, toute autre saisine étayée portant sur la question du pluralisme ». Mais, à défaut d'un sérieux tour de vis à l’encontre de CNews et Europe 1, Camille Broyelle propose au Conseil d’État de « se substituer » à l’Arcom pour, ainsi, pouvoir « prendre toutes les mesures qui s’imposent »… « Les municipales sont la répétition générale avant l’élection présidentielle de 2027 », s’inquiète l’enseignante, insistant sur la nécessité d’« être ferme dès à présent face à l’entreprise de propagande menée par deux médias audiovisuels qui pourrait affecter la sincérité du scrutin ».
L’impunité de l’audiovisuel public
Évidemment, ces « juristes » ne trouvent rien à redire à l’absence totale de pluralisme sur les antennes du service public, pourtant tenues à un devoir de neutralité. Le « caractère manifestement monochrome » de France TV et Radio France ne les émeut nullement, puisqu’il s’agit d’une monochromie de gauche. Ce 5 mars dernier, le présentateur de l’émission de France Inter Zoom Zoom Zen s’est illustré en applaudissant le président espagnol d’extrême gauche Pedro Sánchez, opposé à Donald Trump et par ailleurs accusé d’antisémitisme. Aucune contradiction ne lui a été apportée. On attend toujours la réaction indignée des gardiens du pluralisme.
Camille Broyelle fait mine de ne pas voir que « la sincérité du scrutin » est affectée depuis des décennies par « l’entreprise de propagande » menée par d’innombrables médias gavant les Français de la même soupe bien-pensante. À la lire, tout va bien sur l’audiovisuel public. Le pluralisme des idées y serait assuré et toute tentative de réforme serait inutile, voire carrément liberticide. En décembre 2025, elle s’alarmait, dans une tribune publiée dans Le Monde, d’une tentative de mise sous « tutelle » de France Télévisions et Radio France. « L’exécutif s’est introduit dans le fonctionnement quotidien de l’audiovisuel public », dénonçait-elle alors. En clair, c’est : autonomie totale pour les médias gauchisants et répression maximale contre les dissidents.