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On a retrouvé Raphaël Arnault

Capture d'écran

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Depuis un dernier message posté sur X le 17 février annonçant la fin des activités parlementaires de son collaborateur Jacques-Elie Favrot placé en détention provisoire dans le cadre du lynchage à mort de Quentin Deranque, du côté de Raphaël Arnault, c'est plutôt silence radio. Rappelons que, dans cette affaire et à cette heure, neuf personnes ont été écrouées, dont trois proches collaborateurs à l'Assemblée nationale du député insoumis. Mais le fiché S condamné de son côté à quatre mois de prison avec sursis pour violences volontaires en réunion en février 2022 n'a pas pour autant cessé toute activité. Tant à l'Assemblée que dans la bataille des municipales.

Présent dans la campagne LFI des municipales

Les équipes de BV ont retrouvé sa trace. Dans un clip pour les élections municipales réalisé par la France insoumise,  Raphaël Arnault apparaît en chair et en os dans les travées d'un meeting, au milieu d'une foule que l'on imagine en délire, juste derrière Mathilde Panot (à 3 minutes 04 de la vidéo). Sur fond sonore, avec la voix de Jean-Luc Mélenchon qui salue l'équipe des insoumis « nombreuse, efficace et disciplinée », le député a donc encore toute sa place. Et bien plus encore, puisqu'il est même nommément cité par la candidate LFI à la mairie d'Avignon, Mathilde Louvain, comme celui qui a ouvert la voie aux futurs succès électoraux. En « Avignon, en 2024 aux législatives, on a battu l'extrême droite avec l'élection de Raphaël Arnault, et on va continuer, on va aller aux municipales pour qu'il n'entre pas à la mairie », lançait la candidate. À ce compte là, c'est presque une promotion.

Son équipe n'a pas souffert des suites du drame. Un autre de ses collaborateurs parlementaires, un certain Lounes Djoumer, un peu plus âgé que ses comparses, figure sur la liste LFI La Nouvelle Avignon Populaire, en 26e position.

Physiquement absent, Raphaël Arnault a beaucoup voté à l'Assemblée nationale

Encore plus étonnant : jusqu'à la pause parlementaire du 1er mars pour cause d'élections, Raphaël Arnault n'a pas tout à fait déserté l'hémicycle. Physiquement absent (ses collègues peuvent en témoigner), il a, depuis la mi-février, jour après jour, poursuivi son activité parlementaire. Si dans ce laps de temps, et très logiquement, il n'est jamais intervenu à l'oral et n'a formulé aucune proposition de texte, la consultation très accessible de son activité parlementaire devrait parvenir à  justifier ses 7.637 euros bruts qui lui sont versés mensuellement au titre de son indemnité parlementaire.

Ainsi, le 25 février, Raphaël Arnault s'est prononcé en faveur de la motion de censure déposée par Mathilde Panot et a voté au moins 25 fois pour ou contre différents amendements lors de la discussion du « projet de loi relatif à la lutte contre les fraudes sociales et fiscales ». Très assidu en apparence quant aux discussions parlementaires sur le projet de loi fin de vie, il s'est prononcé favorablement pour la loi légalisant l'aide à mourir (et donc l'euthanasie) lors de son vote solennel.

Avec quel don d'ubiquité ?

C'est très simple, explique à BV la député RN Catherine Rimbert, élue de la circonscription de Vaucluse de Raphaël Arnault : « Il faut distinguer deux types de vote : le vote solennel d'un texte, à l'issue d'un débat comme celui de la fin de vie pour lequel il est tout à fait possible de déléguer son vote à un collègue sans justification, et les autres votes sur les amendements de texte, par exemple, pour lesquels le député absent doit justifier d'un certificat médical pour se faire remplacer pour voter ». Ce que n'a certainement pas manqué de faire Raphaël Arnault. Excusé par le corps médical ? C'est en tout cas la seule explication plausible...

Le député fantôme

Son absence physique à l'Assemblée est à l'image de ses activités sur le terrain. Car, depuis son élection et bien avant le drame de Quentin, Raphaël Arnault ne s'est apparemment guère embarrassé des obligations inhérentes à sa circonscription du Vaucluse. « Les avignonnais le voient très peu. En presque deux ans de mandat, je ne l'ai croisé qu'une seule fois, au Festival d'Avignon, à l'occasion de la venue de Rachida Dati. Ses administrés l'appellent le député fantôme » ironise Catherine Rimbert.

Mais l'effacement volontaire depuis mi-février n'empêche rien. Ni l'ouverture d'une enquête par le parquet de Paris sur une possible reconstitution du groupe La Jeune Garde, ni la saisine par la Ligue des Libertés de la HATVP (Haute autorité pour la transparence de la vie publique) pour « trois omissions déclaratives de Raphaël Arnault » (et détournement éventuel de fonds publics). Ni sa démission de son mandat de député pour responsabilité morale réclamée même par Marine Tondelier ! On n'échappe pas à son passé.

Sabine de Villeroché

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