C’est le jour où les pays du Golfe durent comprendre qu’ils n’étaient plus totalement protégés, dans ce scénario prospectif…
Pendant 80 ans, cette croyance a structuré le Moyen-Orient : les États-Unis protégeraient coûte que coûte les monarchies du Golfe. En échange ? Le pétrole, la stabilité… et l’alignement. Ce pacte avait été scellé en 1945 entre Franklin D. Roosevelt et le roi d’Arabie Saoudite Ibn Saoud et avait survécu à tout : guerres, révolutions, crises pétrolières.
Pourtant, le 28 février 2026, quelque chose s’est fissuré. Pas officiellement, sans déclaration, mais stratégiquement. Une irremediable craquelure s’est ouverte…
Le système était simple : les États-Unis assurent la sécurité et les monarchies assurent l’énergie
Sous ce parapluie, ces pays se sentaient couverts : Arabie saoudite, Émirats arabes unis, Qatar, Koweït, Bahreïn et Oman. Ainsi, durant des décennies, une croyance dominait : quoi qu’il arrive, Washington contrecarrera le pire.
Quand les États-Unis et Israël, attaquent l’Iran, la logique classique aurait voulu une confrontation directe de la part de Téhéran. Pourtant, la république répond autrement en cohérence avec la doctrine du Corps des gardiens de la révolution islamique : elle frappe simultanément les bases américaines installées sur les territoires de ses alliés dans la région :
En Arabie saoudite, cœur énergétique mondial - Les Émirats arabes unis, un hub économique avec Dubaï – Le Qatar, une base militaire clé - Le Bahreïn, une présence navale américaine importante - Le Koweït et sa plateforme logistique et l’Oman, un verrou maritime.
C’est un message clair et limpide : votre allié est votre faiblesse, car Washington ne peut tout protéger
C’est là que le mythe s’effondre. Malgré des bases militaires équipées des meilleurs radars du monde, de missiles dernière génération, d’escadres d’avions, d’une flotte avec des porte-avions… des frappes passent, des infrastructures sont touchées et la panique s’installe. Le parapluie est toujours là, mais il fuit de partout.
La réaction la plus frappante n’est pas militaire, mais c’est l’absence de réaction. Aucun des États du Golfe ne bascule dans la riposte et la guerre. Pourquoi donc ? Parce qu’ils ont compris quelque chose que leur allié américain ne peut admettre : une guerre totale pour eux serait leur fin.
Derrière leurs richesses, les États du Golfe partagent une même vulnérabilité : des infrastructures hyper concentrées, une dépendance totale au pétrole et au gaz. De plus, pour leur population, une dépendance à la désalinisation de l’eau et des villes ultra-exposées n’ayant pas de « dôme de fer » pour leur sécurité, malgré la possession de systèmes anti-missiles Patriot et une forte résilience des gens. Ainsi, ces pétromonarchies, en quelques frappes bien placées, peuvent : être paralysées, avoir leur économie bloquée et leur population à découvert.
Au sein des Émirats arabes unis, Dubaï incarne cette contradiction : un centre financier global, doublé d’un hub aérien et commercial, donnant un sentiment d’être une vitrine de stabilité ; mais justement : la cité de verre ne peut pas survivre à l’instabilité. Alors pas besoin de bombarder massivement, juste quelques missiles qui touchent le cœur comme par exemple celui qui a abîmé l’hôtel sept étoiles Burj Al Arab, mais aussi des menaces sur le détroit d’Ormuz, des frappes sur la ville, sur le port de Jebel Ali et alors, un climat d’insécurité s’installe, d’autant que l’aéroport reste bloqué. C’est tout le modèle qui vacille, entraînant vers les faillites les capitaux, le tourisme et le commerce.
Dubaï est une sorte de mirage, fascinante certes, mais ô combien vulnérable.
Ce n’est pas l’alliance. Ce n’est pas la présence américaine. C’est quelque chose de plus profond : l’idée que la protection était garantie à vie. L’idée que l’alignement protégeait. L’idée que la guerre pouvait être contenue ailleurs. Ce 28 février 2026 marquera la fin d’une croyance : les monarchies du Golfe ne sont plus à l’abri et auraient même tendance à se retrouver en première ligne.
Le Golfe est entré par un non-choix dans l’âge du risque, il ne devient pas anti-américain, mais devient méfiant. Il ne rompt pas ses alliances, mais doit les relativiser. Il ne cherche pas la guerre, mais doit s’employer à y survivre. Ce 28 février 2026 n’est pas un effondrement spectaculaire, c’est pire, comme un moment de lucidité, une révélation de ses vulnérabilités. Un moment où il faut comprendre, sans l’ébruiter, que la protection a ses limites, que la puissance a un coût et que la guerre, désormais, n’épargnera personne.
Ce jour-là, dans le Golfe, l’allié n’a pas changé, mais sa bannière étoilée a beaucoup perdu de son éclat protecteur. Est-ce permanent ?
Georges ZETER/mars 2026
Vidéo : sur Facebook de charbactu
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