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2027 : la revanche des Bourbons ?

Capture d'écran Le Figaro
Capture d'écran Le Figaro
Malgré les guerres, malgré les révolutions, malgré la disparition progressive des monarchies en Europe et malgré les vieilles haines héritées de la lutte des classes, le Vieux Continent et la France conservent dans leur mémoire l’Histoire et une fascination toute particulières envers les anciennes dynasties qui ont façonné, en bien comme en mal, notre civilisation occidentale. Parmi elles se distingue ainsi celle des Bourbons des Deux-Siciles, dont l’histoire attise notre curiosité grâce à la médiatisation de la romance de Jordan Bardella avec Maria Carolina de Bourbon des Deux-Siciles. Nous sommes fascinés à l’idée de découvrir celle qui pourrait un jour accompagner le futur locataire de l’Élysée et voir, d’une certaine manière, le sang même de Louis XIV revenir symboliquement à la tête de la France.

Les origines d’un royaume

Avant d’être des Bourbons, cette dynastie des Deux-Siciles est avant tout composée de Capétiens, descendants d’Hugues Capet et de Saint Louis. Leur titulature bourbonnaise provient alors de leur ascendance par le petit-fils de Louis XIV, Philippe V, devenu roi d’Espagne en 1700. Son fils cadet, Charles de Bourbon, conquit le royaume de Naples en 1734 puis celui de Sicile en 1735, lors de la guerre de Succession de Pologne. Charles abandonna ensuite cette couronne lorsque vint pour lui l’heure de monter sur le trône d’Espagne en 1759. Il confia alors le royaume napolitain à son second fils, Ferdinand, qui devint ainsi le véritable fondateur de la branche des Bourbons des Deux-Siciles issue du sang du Roi-Soleil. Ce souverain n’avait alors que huit ans lorsqu’il accéda au trône et pour consolider sa position, un mariage politique fut rapidement envisagé avec la prestigieuse maison de Habsbourg. C’est ainsi qu’en 1767, il épousa l’archiduchesse Marie-Caroline, l’une des nombreuses sœurs de notre reine Marie-Antoinette.

Malheureusement, la Révolution puis l’Empire ne furent pas tendre avec les Bourbons des Deux-Siciles. En effet, contraints de se réfugier en Sicile sous la protection de l’amiral britannique Nelson, Ferdinand et Marie-Caroline virent Naples tomber aux mains de partisans républicains puis de Joseph Bonaparte et, enfin, de Joachim Murat. Après la chute de Napoléon, le royaume fut restitué à Ferdinand qui, conscient de l’évolution irréversible de l’Europe, décida en 1816 d’unifier définitivement et de réformer Naples et la Sicile pour former le grand royaume des Deux-Siciles.

Une dynastie, des palais

Parmi les symboles les plus éclatants élevés par cette dynastie, le palais royal de Caserte occupe une place indétrônable. Construit à partir de 1752 sur ordre de Charles de Bourbon et conçu par l’architecte Luigi Vanvitelli, il devint l’un des plus vastes palais d’Europe, avec plus de 1.200 pièces, 1.790 fenêtres et un parc monumental de 120 hectares. Inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO en 1997, Caserte témoigne de l’esprit de rivalité qui animait les cours européennes, toutes désireuses d’imiter la splendeur et la grandeur de Versailles. D’autres résidences, comme le palais royal de Naples ou le palais de Capodimonte, complètent cet héritage monumental des Deux-Siciles au bord de la merveilleuse méditerranée.

Déclin et exil

Malheureusement, le destin des Bourbons des Deux-Siciles bascula définitivement en 1860 lorsque les troupes nationalistes de Garibaldi envahirent le sud de la péninsule. François II, dernier roi du royaume, tenta alors de résister depuis la forteresse de Gaète, mais dut finalement capituler en février 1861, ouvrant ainsi la voie à l’intégration de son territoire dans la nouvelle Italie unifiée dirigée par Victor-Emmanuel II.

Malgré cette déposition et un exil forcé, la dynastie des Bourbons des Deux-Siciles conserva une reconnaissance internationale et une légitimité historique maintenue avec constance par ses descendants, qui entretiennent encore la revendication de leur ancien trône, dans l’éventualité où l’Histoire permettrait la renaissance de ce royaume disparu. L’actuel chef de la maison est le prince Charles de Bourbon des Deux-Siciles, duc de Castro. Après lui, en vertu d’une réforme successorale adoptée en 2016, instaurant la primogéniture absolue, viennent ses deux filles, Maria Carolina et Maria Chiara. Cette prétention au trône des Deux-Siciles demeure toutefois contestée par la branche dite de Calabre, représentée aujourd’hui par Pierre de Bourbon-Sicile, en raison d’une querelle dynastique lancée en 1960.

C’est dans ce contexte dynastique complexe que s’inscrit la relation entre Jordan Bardella et Maria Carolina, déclenchant un regain d’intérêt pour une maison royale pourtant dépourvue de pouvoir depuis plus d’un siècle et demi. Cependant, il convient de rassurer les républicains d’entre nous : même en cas de mariage entre le président du Rassemblement national et l’héritière des Deux-Siciles, et même en cas de victoire électorale en 2027, Jordan Bardella ne deviendrait pas prince consort et Maria Carolina ne deviendrait pas première dame au sens institutionnel, ces statuts n’ayant aucune existence légale en France ni aucune portée monarchique pour un royaume disparu. Cette union ne produirait donc aucune conséquence politique ou protocolaire, mais elle donnerait naissance à une épopée inattendue, une revanche symbolique pour tout les Bourbons privés de pouvoir, née de la rencontre entre un héritage monarchique et une ambition résolument républicaine.

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