
Les LR se cherchent, encore et toujours. Rien de nouveau. Entre Bruno Retailleau qui se rêve présidentiable et Laurent Wauquiez qui tente d’élargir son camp de Philippe à Knafo, chacun y va de sa petite théorie de “l’union”. Wauquiez va même jusqu’à affirmer que le RN n’est pas de droite. Peut‑être. Mais que dire alors de son propre camp, obligé l’été dernier, par la voix de l’indéboulonnable Larcher, de rappeler bruyamment qu’il était “de droite” ? Vraiment ?
Les Français ne sont plus dupes. Après avoir collaboré avec la Macronie dans tous les gouvernements, voté tous les budgets, soutenu un président tombé à 11 % d’opinions favorables, voilà les LR prêts à se rapprocher… d’Édouard Philippe. Un comble. Son bilan est lourd, mais il reste le favori de la presse, autrement dit de l’oligarchie qui fait et défait les rois à la place du peuple.
Dans les semaines qui viennent, les LR doivent décider du mode de désignation de leur futur candidat. Un candidat issu d’un parti qui ne se dit “de droite” que lorsqu’il ne peut vraiment pas faire autrement, et qui passe le reste du temps à justifier une politique où l’impôt, les normes et la complaisance idéologique tiennent lieu de colonne vertébrale. Un parti qui se rapproche sans gêne de l’islam politique tout en fustigeant la moindre référence à la chrétienté au nom d’une laïcité à géométrie variable.
On en vient à se demander ce que cette République apporte encore à un peuple qui n’est plus défendu par personne au Parlement ? Les LR s’imaginent que leurs résultats en trompe‑l’œil aux municipales les placent en position de force. Ils font du bruit comme s’ils pesaient encore. La réalité, visible dès le premier tour, est tout autre : une élection nationale leur renverra l’image exacte du pays et ils ne seront pas invités.
En s’accrochant aux vieilles figures qui échouent depuis quarante ans, ils prétendent encore incarner l’avenir. Une petite voix leur souffle pourtant de chercher des alliances “sérieuses” pour espérer exister au soir du second tour. Alors ils n’hésitent plus : Philippe, Knafo, peu importe. Knafo, dont ils rejetaient hier les propositions d’un revers de main, devient soudain fréquentable parce que ses 10 % parisiens pourraient peser.
Et pendant ce temps, Ciotti et Lisnard, le second fraîchement démissionnaire, lorgnent eux aussi vers Knafo, voire Dupont‑Aignan et c’est sans doute là que se trouve un vrai début de solution.
Une chose est certaine : les LR, tels qu’ils sont, n’ont aucune chance de séduire l’électorat. Trop de trahisons, trop de compromissions, trop de proximité avec la Macronie. La crédibilité est perdue. La droite réelle, celle qui refuse la soumission, la dépendance, les petits arrangements pour un portefeuille, n’est plus là‑bas. Elle est chez ceux qui rompent avec la coutume : entrer au gouvernement pour “infléchir” la politique du président. Retailleau a été ministre : qu’a‑t‑il changé ? Rien. Parce qu’un ministre, comme le disait Chevènement, “ça ferme sa gueule ou ça démissionne”. Ils ont tous choisi la première option.
La seule voie possible est celle d’une union des droites, ou plus largement despatriotes souverainistes, ceux qui veulent rompre avec la politique d’abandon, de renoncement, de dépendance à tout pouvoir extérieur capable de promettre un poste, un avantage ou une médaille. Ce n’est certainement pas avec les LR que cette rupture indispensable aura lieu.