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Pédophilie : l’insoutenable légèreté de la gauche

Montage captures d'écran X.
Montage captures d'écran X.
Tout va très bien, madame la Marquise. Tout va très bien, tout va très bien. Cette chanson sortie en 1935 et interprétée par Ray Ventura critique la façon dont certains faits graves peuvent être minimisés ou édulcorés. De toute évidence, la gauche la connaît par cœur. À commencer par Emmanuel Grégoire.

Pour preuve, la façon dont le nouveau maire socialiste de Paris s’est mis en scène pour parler du problème de la pédophilie dans le périscolaire parisien. L’édile se présente face caméra, en costume, cravaté et drapé dans un manteau bleu marine. Sa tenue se veut solennelle. Elle est en décalage avec la séquence. Tout en faisant la liste des différentes solutions qu’il souhaite mettre en place pour que la sécurité des enfants soit assurée (formation des agents, réaménagements des espaces…), Emmanuel Grégoire joue à la marelle. Il passe d'une case à l'autre à chaque nouvelle idée.

Des faits majeurs

Oui, pour parler des agressions physiques et sexuelles commises par des employés de la mairie de Paris et pour lesquelles il y a eu près de 150 signalements, Emmanuel Grégoire n’a pas trouvé de meilleure idée que de se montrer dans la cour d’un établissement scolaire et de jouer. Le fait que des prédateurs sexuels aient été embauchés pour s’occuper d’enfants, lui donne apparemment l’envie de s’amuser. Des enfants sont agressés sexuellement par des animateurs, sans doute depuis plusieurs années, mais à part ça, tout va très bien, madame la Marquise.

Cette légèreté coupable et honteuse n’est pas propre à Emmanuel Grégoire, d’autres personnalités de gauche ont comme lui cette capacité à rendre dérisoires des sujets ô combien importants. Jack Lang est de ceux-là, comme en témoigne son passage dans l’émission Complément d’enquête du jeudi 16 avril. Le numéro du magazine de France 2 est consacré à l’affaire Epstein et plus précisément à son volet français.

L’ancien directeur de l’Institut du monde arabe, dont le nom est cité près de 680 fois dans les fichiers liés à ce trafic sexuel d’ampleur internationale, explique avoir refusé de regarder l’enquête diffusée ce jour car il en a « ras le bol » d’entendre « les mêmes stupidités, les mêmes erreurs et les mêmes mensonges ». Il fait ensuite un parallèle entre Jeffrey Epstein et Dr Jekyll et Mr Hyde en affirmant : « C’est un personnage qui était accueilli par tout le monde et personne ne savait que derrière cette face aimable il y avait un monstre. » En faisant référence au roman de Robert Louis Stevenson tout comme en parlant de « personnage », Jack Lang envoie cette affaire dans le monde de la fiction. Que la manœuvre soit consciente ou non, elle dédramatise la situation. Concernant son implication, l’ancien ministre de la Culture procède d’une façon assez similaire. Il parle de lui comme d’un « petit Français », un statut qui ne lui permettait pas d’être bien informé.

Une gauche minable

Le présentateur de l’émission, Tristan Waleckx, évoque ensuite un déjeuner pris chez Jeffrey Epstein. Jack Lang s’agace : « Je ne sais pas pourquoi vous insistez sur des choses aussi mineures. » Il dit également que son travail n’est « pas sérieux » et qu’il est « un drôle de type ». Selon lui, le journaliste fait beaucoup de bruit pour « des petites historiettes ». Le vocabulaire employé par l’ancien président de l’Institut du monde arabe a quelque chose de réducteur : il atténue l’importance des faits. Une centaine de victimes, pour la plupart très jeunes, sont à déplorer, mais à part ça, tout va très bien, madame la Marquise.

Sur cette dramatique thématique qu’est la pédophilie, la gauche peine à prendre la mesure du problème. En 2021, Camille Kouchner, la fille de Bernard Kouchner, a dévoilé dans le livre La Familia grande avoir été victime, comme son frère, d’agressions sexuelles de la part de son beau-père, le politologue Olivier Duhamel. Dans cet ouvrage, elle pointe du doigt la liberté sexuelle prônée par la gauche héritière de Mai 68. Ce récit était censé mettre fin à l’omerta, comme le titrait alors Libération. L'auteur constate aujourd’hui dans les colonnes de AOC que ses révélations n’ont pas eu l’effet escompté. Preuve une fois de plus que lorsqu’elle est impliquée, la gauche n’a pas son pareil pour éluder le problème. A part ça…

Les informations se suivent et se ressemblent et bizarrement elles sont toujours chassées par des actualités bien plus palpitantes comme le prix des carburants ou l'influence du vent sur la vente des barreaux de chaise en Haute-Silésie. Tout va vraiment très bien !

Sarah-Louise Guille

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