Ces mots sont prononcés par Geert Wilders, le leader patriote néerlandais qui n’a pas été tendre vis-à-vis d’une religion qu’il décrit comme étrangère à l’Europe. « Nos racines sont à Athènes et à Rome, pas à La Mecque », scande l’allié du RN au Parlement européen. Il appelle le vieux continent au sursaut à travers la formation d’une « nouvelle Ligue de Lépante », en référence à la célèbre bataille de 1571 où la flotte ottomane fut défaite par l’alliance chrétienne menée par le grand pape saint Pie V.
« Sans peur : en Europe, patrons chez nous ». Avec ce thème, l’ambiance est donnée pour ce grand rendez-vous politique patriote. Une belle occasion pour Geert Wilders de reprendre la célèbre formule : « Réveillez-vous, « n’ayez pas peur », comme l’a dit le pape Jean-Paul II dès 1978.
Un « permis de séjour à points »
Matteo Salvini est tout à la joie de recevoir chez lui ses alliés européens. Le chef de la Liga tient à saluer celui que la défaite électorale a empêché de venir : « Une accolade à Viktor Orbán, qui a défendu les frontières contre les trafiquants d’êtres humains et d’armes. » Sur l’immigration aussi, le leader italien tient ferme la barre : « La remigration ne signifie pas renvoyer chez eux tous ceux que l’on croise dans la rue, mais cela signifie que le permis de séjour, et même la citoyenneté, sont un acte de confiance. » Comme pour le permis de conduire, Matteo Salvini propose aux étrangers présents sur le sol européen un « permis de séjour à points » : « après quelques erreurs, tu rentres chez toi. »
Le ton de la vedette de la journée sera moins musclé mais tout aussi ferme sur les principes. Jordan Bardella tient à saluer son hôte italien dont il salue « le combat » qui est celui de « tous les peuples européens qui refusent de céder face à l’immigration massive ». Le président du Rassemblement national va construire son intervention -prononcée en italien- sur « le rapport de force à Bruxelles [qui] est en train de basculer ». « Les victoires que nous avons emportées au Parlement européen doivent nous servir de leçon. Rien n’est écrit d’avance. Rien n’est inévitable. » L’eurodéputé s’appuie sur la récente adoption du règlement dit « retours » qui durcit la politique migratoire européenne. Une majorité permise grâce à l’alliance des droites, du PPE, de l’ECR et des Patriotes.
« On attend votre victoire »
« Nous faisons la même chose que les bâtisseurs de cette cathédrale : nous construisons, pour l’avenir de nos pays, pour le futur de nos enfants, pour l’Europe des peuples », se réjouit le Français, acclamé par la foule. Le président du RN qui veut « reprendre enfin le contrôle de nos frontières », prend soin de citer Marine Le Pen, pour souligner le grand combat électoral à venir : « Je suis venu pour rassurer : notre victoire à la prochaine élection présidentielle est proche et nous sommes en train de nous préparer à dire adieu à Macron. »
Un rassemblement qui prouve la « solidité de notre union au sein des Patriotes », estime Gilles Pennelle. Auprès de BV, l’eurodéputé RN évoque un rendez-vous précieux pour « dénoncer en commun les périls qui menacent l’Europe ». Au premier chef, l’immigration. Face à elle, les Patriotes sont la voie de « la résistance ». « On attend votre victoire en France l’année prochaine », commente un élu portugais de Chega auprès d’un eurodéputé RN. Désormais, toute l’Europe patriote se tourne vers l’Hexagone qui s’apprête à mener la reine des batailles. « Si on gagne la présidentielle, c’est toute l’Europe qui bascule » s’enthousiasme Gilles Pennelle. Avanti !