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Bobigny (93) : chargé de combattre les stupéfiants, un magistrat reconnaît sa propre addiction à la méthamphétamine et au chemsex, il se fournissait dans sa propre juridiction

Ancien chef de la division des affaires criminelles et de la délinquance organisée du parquet de Bobigny, notamment chargée de la lutte contre les stupéfiants, un vice-procureur de 48 ans a comparu ce mardi matin devant le Conseil supérieur de la magistrature. Considéré comme compétent et soutenu par sa hiérarchie, il a reconnu une consommation de drogues de synthèse dans un cadre privé, liée à des pratiques de chemsex.

L’affaire a émergé en novembre 2024, lors de sa convocation à la brigade des stupéfiants dans le cadre d’une enquête sur un homicide involontaire après une overdose survenue pendant une soirée chemsex. Le magistrat n’était pas présent à cette soirée, mais les enquêteurs recherchaient un participant, un escort-boy qu’il avait déjà hébergé. Devant les policiers, il a reconnu sa consommation et donné le nom de son fournisseur, un trafiquant domicilié en Seine-Saint-Denis, sur sa propre juridiction, condamné en mars 2025 à dix-huit mois d’emprisonnement.

Le magistrat a expliqué avoir commencé à consommer des stupéfiants à la fin de l’année 2019, peu après sa nomination à la tête de la Dacrido. « L’ascenseur social a fonctionné à plein pour moi. Je viens d’un milieu modeste et j’étais le premier à faire des études supérieures dans ma famille », a-t-il déclaré. Il a aussi évoqué une période de vulnérabilité, des problèmes de santé et la rencontre avec une personne qui lui aurait proposé des produits. Sur sa consommation, il a parlé de 3 grammes par mois de méthamphétamine, pour environ 500 euros, sur une période de cinq ans entrecoupée de sevrages. « J’en avais conscience mais c’était plus fort que moi », a-t-il reconnu.

Sur le plan pénal, l’affaire a été classée sans suite par le parquet de Paris après une alternative aux poursuites, sous la forme d’une injonction thérapeutique. Sur le plan disciplinaire, la représentante du garde des Sceaux a demandé un « déplacement d’office ». Elle a évoqué des « somnolences ou des absences injustifiées ». Le magistrat, toujours en poste à Bobigny mais désormais affecté à la division des affaires civiles, affirme avoir cessé toute consommation et souhaite changer de juridiction pour devenir juge des enfants. La décision disciplinaire sera rendue dans quelques semaines.

Le Parisien

https://www.fdesouche.com/2026/05/12/bobigny-93-charge-de-combattre-les-stupefiants-un-magistrat-reconnait-sa-propre-addiction-a-la-methamphetamine-et-au-chemsex-il-se-fournissait-dans-sa-propre-juridiction/

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