
Par Olivier de Lérins
« Si le communisme en 1917, l’islam politique dans le monde arabe ou la théologie de la libération en Amérique latine, pour ne prendre que ces trois exemples, ont mobilisé les corps et les esprits, c’est parce qu’ils ne se contentaient pas d’être à hauteur d’hommes. Ils étaient plus grands et d’une certaine manière obligeaient à lever la tête en direction d’une utopie, ou en direction de Dieu. Si j’évoque ces exemples, c’est pour d’abord souligner une absence, une vacance, un vide de transcendance. Car oui, il nous manque une transcendance. […] Nous devons donc nous projeter sur une transcendance collective et largement reconnue. […] Cette transcendance a un nom. Elle s’appelle France. » Ces mots ont été prononcés par l’essayiste et militante décoloniale Houria Bouteldja, en janvier dernier, à l’occasion d’un colloque sur « L’alliance des tours et des bourgs ». À bien des égards, l’Action française pourrait les signer, au point d’ailleurs que certaines voix à Gauche s’en sont indignées. Se dessinerait-il, avec l’ancienne porte-parole des Indigènes de la République, une inattendue « convergence des luttes » ?
Lire la suite