
Le livre d'Eric Zemmour, mis sous les projecteur d'une actualité systématiquement déformante et appauvrissante, risque de ne pas être reçu comme il le mérite. Mélancolie française est l'ouvrage non d'un journaliste, mais d'un penseur politique. Brillant, plein d'idées et d'intuitions éclairantes, il nous rend l'envie d'être français. Sur la France, rien n'est paru d'aussi clair depuis L'histoire de France de Jacques Bainville et, dans un registre plus universitaire, L'histoire de l'unité française de Marie-Madeleine Martin. C'est à lire ! Christophe Mahieu et Joël Prieur, les deux critiques de Monde et Vie, discutent ici sur ce livre et sur les perspectives inédites qu'il nous ouvre à propos de ce que l'on pourrait appeler la géopolitique française à travers les âges.
Joël Prieur : Dites-moi Christophe, vous qui êtes bien renseigné sur notre petit génie médiatique, sa mélancolie, sa manière d'avoir mal à la France, comme disait le Père Bruckberger, ce n est pas un peu… surjoué ?
Je le dis très franchement: ce livre est un authentique petit bijou. Il a pour ambition de présenter les grandes œuvres de la philosophie politique dans le contexte de leur époque tout en mettant en valeur leur apport à la compréhension du temps présent. Moi même ai eu l’honneur d’y être associé à travers le chapitre sur Thomas Hobbes, le philosophe de la peur, qui montre comment Leviathan (l’Etat) a été inventé par les hommes pour assurer leur sécurité. 
« Les grandes erreurs de la seconde guerre mondiale » aborde les années 1939-1945 sous un angle inattendu: celui des grandes erreurs politiques, diplomatiques et militaires qui ont marqué l’histoire de ce conflit. Le résultat est fascinant. L’ouvrage, réalisé par 12 auteurs sous la direction de deux spécialistes de cette époque, Jean Lopez et Olivier Wieviorka nous fait redécouvrir l’apocalypse à travers les fautes majeures, commises dans un camp ou dans l’autre.
On accuse ici et là la gauche ou le marxisme culturel. Mais ceux qui nous ont mis là sont bien les libéraux. Ce sont eux qui veulent la guerre à mort contre la Russie, le super-Etat européen, les migrants à tout prix, la culture pour personne et la rééducation des citoyens. Le problème de la gauche est qu’elle est devenue 100% libérale, que plus rien ne la distingue des libéraux et de leurs calembredaines. Le terrifiant ministre teuton Schauble l’a rappelé qu’il fallait protéger l’héritage libéral européen, qui rime avec le nihilisme européen de Nietzsche.
