Quoi de neuf en ce début de XXIe siècle ? Le mouvement anarchiste. Une myriade d'éditeurs, de revues et de collectifs libertaires témoignent d'une vitalité retrouvée contre le culte de la croissance. Critiques, ils le sont, mais peuvent-ils être des bâtisseurs d'alternatives ?
Depuis une dizaine d'années, souvent dans le sillage de l'écologie politique radicale, des éditeurs et des groupes militants, aux marges des grands courants de la politique officielle, redécouvrent la richesse d'une tradition anarchiste que les orthodoxies intellectuelles ont longtemps disqualifiée pour délit d'utopisme et d'insoumission. La revue décroissante Entropia ou le collectif anti-industriel espagnol Los Amigos de Ludd évoquent ainsi régulièrement les œuvres de Pierre Kropotkine ou d'Elisée Reclus, et soulignent les convergences historiques du mouvement libertaire - notamment en Espagne et en Russie - avec les réactions populaires contre la société industrielle.


