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La défaite les divise

Retrouver l'enregistrement de ces chroniques sur le site de Lumière 101

Ce phénomène bien connu, la discorde chez les vaincus, n'épargne pas en ce moment notre gauche hexagonale, toujours si intelligente. Le Monde qui distille toujours son venin avec doigté, avec une once de jésuitisme, avec l'air de ne pas y toucher, ne cherche pas trop à jeter d'huile sur le feu. Pour le moment la ligne présidentielle semble lui convenir. Profil bas, sauf quelques crocs en jambe discrets, par-ci par-là, à propos des difficultés des désistements, magouilles et fusions.

En revanche, Mediapart, beaucoup plus influent dans la gauche militante, ne fait pas dans la dentelle. La ligne du journal d'Edwy Plenel c'est feu sur le premier ministre. Titre de l'article du 8 décembre : "Jusqu’à quand Manuel Valls ?"

Non que, bien sûr, le site gauchiste ne puisse reprendre contre l'ancien maire d'Évry les critiques devenues habituelles aux cercles de la droite catholique ou nationaliste, qui se sont particulièrement développées depuis les manifestations contre la Loi Taubira.

L'image du "franc-maçon Valls" a été encore largement popularisée, après bien d'autres autres, par telle couverture de "L'Express"(1)⇓.

De tels angles d'attaque ne sauraient trouver d'écho au sein de la gauche de la gauche.

Ce 8 décembre le site gauchiste avec sa question "jusqu'à quand Manuel Valls" laisse entendre, et même développe l'idée, que notre espagnol de l'armée en déroute, lui et personne d'autre, porterait la responsabilité du désaveu infligé au gouvernement et au parti socialiste lors du premier tour des élections régionales.

Les penseurs de Mediapart, au nom de ce qu'on hésite à nommer encore "la gauche de la gauche" font subtilement appel à François Hollande. Ils savent mieux que nous combien celui-ci escompte leur soutien et leur vote d'appoint en vue de 2017.

Et ils cherchent à le négocier en demandant que soit sacrifié le "concept Manuel Valls" au profit d'un autre concept, celui que représente la ministre de la Justice Christiane Taubira qui semble avaler de nombreuses couleuvres mais qui demeure en poste, imperturbable, silencieusement, pour parfaire une œuvre qui se mesure chaque jour non seulement dans l'autorité judiciaire qu'elle exerce mais également dans l'administration pénitentiaire. Il s'agit bien du maillon le plus faible de ce gouvernement et Mediapart se garde certes de le remettre en cause.

Il est donc permis de se régaler d'un tel argumentaire.

Il suggère en effet qu'une politique plus à gauche aurait immanquablement remobilisé la majorité parlementaire, camouflant aux Français ce que pourtant les citoyens savent parfaitement : l'impasse où les mène le socialisme en général, c'est-à-dire pas seulement les socialistes étiquetés comme tels.

C'est là une réalité quasi scientifique, presque une loi économique, démontrée par Vilfredo Pareto.

Connue sans doute de quelques économistes ou sociologues depuis le début du XXe siècle sa vérité s'en propage factuellement dans tous les pays accablés par l'étatisme, que celui-ci se présente sous un visage de gauche ou sous un visage de droite, voire même sous un visage prétendant dépasser ce clivage.(2)⇓

Dans la France actuelle, par conséquent, ce n'est pas un simple changement d'équipe qui redressera le pays, et qui réduira notamment le chômage et l'insécurité sociale, mais une modification du mode de gouvernement aboutissant à une réduction des coûts fiscaux et sociaux. Valls n'est probablement pas l'homme le plus approprié pour y conduire mais le rejet auquel nous conduirait le retour d'influence de l'extrême gauche ferait encore plus de mal.

JG Malliarakis

Apostilles

  1. cf. L'Express du 25 mai : "un franc-maçon nommé Valls". Valeurs actuelles du 8 décembre nous signalait que "le Grand Orient appelle à faire barrage au FN". Pour ma part je vois surtout dans la franc-maçonnerie le syndicat des médiocres, redoutable à ce simple titre.
  2. on lira à ce sujet son "Péril socialiste".

http://www.insolent.fr/2015/12/la-defaite-les-divise.html

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