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Présidentielle, Macron, Le Pen : Marion Maréchal sur la même ligne que Robert Ménard

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Il y a la façon Robert Ménard de dire les choses, comme il l’a fait au micro de Boulevard Voltaire, et puis il y a l’analyse de  dans Le Figaro. Une courte interview de rentrée, avec un tour d’horizon d’où se dégage une vraie vision de la situation politique.

Le débat de fond, la métapolitique ? « Nous souhaitons investir la question de l’écologie de manière beaucoup plus intelligente et efficace que l’écologie marketing […] Il y a des sujets plus fondamentaux que mettre des jungles vertes dans les villes. Par exemple, l’accès et la gestion de l’eau […] ou encore la gestion des forêts. La question du système des porte-containers qui permettent la mondialisation débridée en écrasant les prix en est un autre. […] Il y a également la question […] du traitement de l’écologie à l’heure d’une démographie exponentielle. »

Les contradictions de Macron sur la sécurité ? « Le chef de l’État a cette tendance […] à faire prévaloir le casting plutôt que la vision. Le résultat est cette ambivalence manifeste sur la question de la sécurité. Avec d’un côté à l’Intérieur, Gérald Darmanin. […] Et de l’autre à la Justice, l’incarnation des vieilles lunes de gauche. Dupond-Moretti, c’est retour vers le futur. »

Une politique économique vraiment novatrice ? « Malgré ses grands discours, le gouvernement refuse de s’affranchir des règles européennes qui rendent impossible ce patriotisme économique ou la protection des marchés exposés à la concurrence internationale. »

Le ralliement de LR à Macron ? « C’est formidable. La mort de LR sera venue par Christian Estrosi. […] Il ne faut cependant pas confondre la marée d’élus LR qui s’apprête à rejoindre  pour la présidentielle et leurs électeurs. Une partie d’entre eux, qui a une ambition de puissance pour la France, est intransigeante sur l’immigration comme sur les questions régaliennes, ne suivra jamais Macron. »

Marine Le Pen et l’éviction de Nicolas Bay ? « C’est quelque chose de contre-productif politiquement et maladroit humainement. […] Mais à un moment donné, si on désire être dans une démarche de rassemblement, il faut déjà qu’un certain rassemblement vive en interne. Quiconque regarde le fonctionnement du RN aujourd’hui voit bien que ce n’est pas ce qui est à l’œuvre. »

Il est évident qu’au moment où LR se délite et se rallie à Macron, de plus en plus d’électeurs de droite vont se retrouver orphelins, sans pour autant pouvoir voter pour un RN replié. C’est pourquoi on ne peut être que très étonné de la stratégie de repli initiée par Marine Le Pen, alors que de nouvelles occasions s’ouvrent. Parfois, la leader du RN donne l’impression de valider la célèbre analyse de Patrick Buisson : « Transformer l’or en plomb électoral. »

« Orphelins » : c’est justement le mot choisi par Marion Maréchal. « C’est un électorat orphelin qui forme une part importante des 50 % d’abstention observés lors des municipales. Il est amusant de constater que la plupart préfèrent courir derrière le vote “écolo” des municipales plutôt que derrière ces 50 % alors que l’élection présidentielle, à mon sens, se jouera à droite. »

 songe à un aventurier de la droite capable de mener cette mobilisation, d’être à la fois RN – et LR – compatible. Incontestablement, lui-même coche parfaitement les deux cases, avec ses victoires sans appel de Béziers de 2014 et 2020, et celle d’Emmanuelle Ménard aux législatives de 2017, dans un contexte pourtant défavorable. Avec son ancrage local, sa gestion d’une grande ville, sa connaissance et son occupation originale du terrain médiatique, il dispose d’énormes atouts. Et son parcours personnel et professionnel (pied-noir de milieu populaire issu de la gauche, qui n’a pas passé sa vie à faire de la politique) fait rêver à plus d’un de le voir affronter en débat de second tour un Emmanuel Macron ou l’énarque de service qui lui aurait été substitué. L’antithèse serait éclatante.

Robert Ménard n’a pas dit « aventurière ». Mais c’est vrai qu’il n’est pas fan d’écriture inclusive. Ça tombe bien : Marion Maréchal non plus. Celle qui fut députée de 2012 à 2017 a aussi de beaux atouts. Mais, surtout, ces voix traduisent un sentiment profond dans l’opinion, toujours dégagiste – et avec raison : celui du refus du duel de 2017, où un Macron à l’image très dégradée affronterait une Marine Le Pen, toujours là, faute de mieux. Deux candidats présents au second tour, par défaut ? C’est peu probable. L’hypothèse néglige d’abord l’émergence d’un candidat de gauche, ensuite l’affaiblissement dans l’opinion d’Emmanuel Macron, enfin l’émergence d’un candidat de droite qui occuperait le terrain déserté par un LR rallié à Macron. Ce candidat ne parviendrait peut-être pas à se qualifier, ni même à faire un score honorable. Mais peut-être à faire chuter Marine Le Pen du siège qu’elle estime acquis. Quand la qualification – ou l’élimination- se joue autour de 20 %, tout est possible. Lionel Jospin et François Fillon en savent quelque chose. Une élimination de Marine Le Pen dès le premier tour, en , permettrait alors la réalisation de la grande recomposition de la droite. Faute de l’avoir organisée, Marine Le Pen ne pourrait alors s’en prendre qu’à elle-même.

En tout cas, les analyses de Robert Ménard et de Marion Maréchal, sans aller jusque-là, constituent plus qu’une petite musique de rentrée.

Frédéric Sirgant

https://www.bvoltaire.fr/presidentielle-macron-le-pen-marion-marechal-sur-la-meme-ligne-que-robert-menard/

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