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Discipline sanitaire : l’inversion des pôles À quand un Mai 68 de droite ?

L’incident qui a eu lieu à l’église Saint-Eugène de Paris, le soir du Samedi saint, est significatif de certaines évolutions de l’opinion française. Tout en étant rattachée au diocèse, cette église se caractérise par l’emploi fréquent du rite « extraordinaire » à base de chant grégorien. Lors de la veillée pascale, beaucoup de pratiquants ne portaient pas le  ce qu’a dénoncé un jeune homme en publiant une vidéo de la cérémonie sur Youtube.

Ce qui est significatif, c’est que, face à ce que certains n’hésitent pas à appeler une « dictature sanitaire », c’est à  que l’on trouve, semble-t-il, les plus récalcitrants, en particulier ceux qui doutent de l’utilité des mesures gouvernementales.

Au contraire, ceux qui portent le masque avec scrupule – et sans doute crainte et tremblement – sont souvent des gens du centre et de la gauche, en phase avec le Président actuel. En tous les cas, ceux qui soutiennent  sont généralement respectueux des règles.

La tradition française voulait pourtant que la droite soit le parti de l’ordre et de la discipline – Thiers, Maurras, Pétain – et que la gauche soit, au contraire, celle de la fronde, de l’individualisme, de l’indiscipline – l’idéologie aujourd’hui dominante à gauche, sous ses trois variantes :  !, socialiste, écologiste, vient de Mai 68, où on écrivait sur les murs « Il est interdit d’interdire ». Il y a bien, en France, une tradition « anarchiste de droite », mais elle pesait peu*.

Aux États-Unis, c’est pareil : les États qui ont décidé d’abandonner toute discipline sanitaire et refusent la vaccination de masse sont le Texas et les autres États du Sud qui ont voté . Biden, lui, se laisse voir en toutes circonstances masqué comme les Dalton à la banque.

Il y a, certes, l’exception de la , de tradition de gauche et rebelle à la discipline internationale du confinement.

Je ne sais s’il reste des rebelles à la discipline sanitaire à l’extrême gauche : les Insoumis semblent se soumettre ; nous en connaissons qui expriment leur dissidence à titre privé, mais aucune grande voix issue de ce côté-là ne s’est, à notre connaissance, élevée pour la contester.

La discipline à gauche, l’esprit de révolte à droite : nous assistons à ce que les physiciens appellent une inversion des pôles. Elle n’est pas pour rien dans le trouble qui règne aujourd’hui dans les esprits.

À la rigueur pourrait-on l’expliquer par le fait que, la gauche mondialiste étant au pouvoir dans tout l’Occident, l’indiscipline ne peut venir que des opposants, donc de la droite ; quand la droite bourgeoise était aux commandes, il y a bien longtemps, c’était l’inverse.

Il semble, cependant, que l’on assiste à un phénomène plus profond.

L’actualité nous offre d’autres exemples de cette inversion : ainsi, à la dernière élection présidentielle américaine, l’électorat blanc riche a voté à gauche, le pauvre a voté à droite. Une nouvelle donne socio-politique qui commence à traverser l’Atlantique.

La conclusion, au moins provisoire, est que si l’on veut comprendre ce qui se passe aujourd’hui dans  ci-devant libre, il faut résolument abandonner les schémas du passé. À droite comme à gauche, il est temps de mettre les pendules à l’heure. À quand un mai 68 de droite ?

* Il y avait aussi sous Staline des gens de gauche disciplinés, mais c’est autre chose.

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