
Bayrou ira-t-il jusqu’au sacrifice pour étouffer la contestation qui monte ? En voulant un vote de confiance, plutôt qu’un 49.3, dont les experts disent qu’il lui serait défavorable, il précipite sa chute. N’est-ce pas un calcul pour couper l’herbe sous le pied d’un mouvement qui dit-on, serait la seconde manche des gilets jaunes, mais peut- être avec quelque chose en plus cette fois. Habile manœuvre que cette dernière. Ainsi, les yeux tournés vers le renversement du gouvernement toute contestation perdrait de sa force et deviendrait presque illégitime. Ou alors, Bayrou ne veut pas offrir aux financiers et aux agences de notation, un débat budgétaire en forme de concours Lépine de l’impôt le plus débile, avec à la manœuvre, les toujours excellents LFI. Car il n’est évidemment, toujours pas question de faire des économies… Resterait à savoir quelle suite Macron donnerait à ce désaveu. Pendant ce temps, car on sait que l’homme n’est pas pressé pour se décider, la pression retomberait, les élans s’amoindriraient et la mobilisation céderait devant l’incertitude enrobée d’une promesse de renouveau. Bayrou pérore, en expliquant que si on ne le maintient pas, ce sera le chaos, alors que c’est justement lui le chaos et que le maintenir c’est aller plus sûrement à la faillite.
Sans doute préfère-t-il tomber avant même de mettre en place un budget qui ne résoudra rien, et ça, il le sait. Que décidera Macron ? Certains pensent qu’il dissoudra, d’autres, moins nombreux, qu’il n’en fera rien. La première question à se poser est : qui pour remplacer Bayrou ? Là, il faut le dire, les candidats « ne se pressent pas au portillon », cela obligerait Macron à trouver un volontaire docile voire inconnu, pour continuer son œuvre de destruction. Pour ce qui est des ministres, comptons sur lui pour renommer les mêmes, il nous a déjà fait le coup avec Barnier. Ce sera une façon pour lui, de signifier une fois de plus aux parlementaires le peu de cas qu’il fait de leur vote. Ce scénario est fort probable, car dissoudre ne lui assurerait nullement une majorité, même relative, plus étoffée. Pourtant une dissolution calmerait le pays. Les élections à venir occuperaient les partis et les Français, qui espéreraient bien faire changer les choses en envoyant une nouvelle majorité au palais Bourbon. La seconde question à se poser est : une majorité claire sortirait-elle des urnes ? Certainement pas, faute d’avoir mis à profit le temps qu’ils avaient pour modifier le mode de scrutin, les mêmes causes produiront les mêmes effets. Ils ont préféré débattre de sujets annexes, au lieu de s’attaquer aux réformes institutionnelles nécessaires pour assainir le paysage politique, redonner confiance aux électeurs, et permettre d’éviter les magouilles de second tour, du style « arc républicain », « barrage à la haine » et autres fariboles qui n’ont servi qu’à semer le doute et le désordre au sein de l’hémicycle. Au RPF, nous proposions, à l’anglaise, un scrutin uninominal à un tour.
Mais de cela, nos chères oppositions, qui du reste ne se sont guère opposées sur le fond, n’ont pas cru bon de s’y atteler. Nous irions donc aux urnes avec les mêmes travers qu’il y a plus d’un an, et il faudrait espérer un résultat différent ?! C’est soit ne rien comprendre à l’environnement politique de nos institutions, soit se bercer d’illusions que la réalité fracassera une fois de plus. Ceci dit, ce serait peut-être un mal pour un bien de constater qu’avec les mêmes méthodes et les mêmes hommes, nous avons toujours le même résultat. Cela pourrait ouvrir les yeux de bon nombre de citoyens. Cette hypothèse reste néanmoins largement utopiste, tant la peur de l’instabilité politique sera mise en avant et sacralisée par tous les médias, soucieux de voir reconduits les irresponsables politiques qui les engraissent depuis des années. Ils ne veulent surtout pas voir que l’instabilité c’est en ce moment, avec un avenir illisible pour toute la machine économique, à la merci de nouvelles charges et de nouveaux impôts, en permanence. La peur est le moteur de l’action politique de la macronie en particulier. Elle joue sur la sécurité, qu’elle décline à toutes les sauces pour convaincre la masse qu’elle doit obéir et suivre les conseils et l’action d’un gouvernement qui veille à sa sécurité, même si les faits prouvent le contraire. Mais qu’est-ce que la réalité face à la propagande savamment orchestrée qui distille heure après heure l’idéologie mortifère progressiste comme la seule issue possible aux crises déclenchées à desseins ? Économie, culture, identité, institutions, sécurité, tout a été provoqué pour arriver à cette impasse où l’immobilisme est devenu vertu et où Macron décide de tout sans jamais devoir rendre des comptes.
Le pire est bien entendu de constater que cette forfaiture est relayée par les organes institutionnels qui auraient dû au contraire dénoncer le mensonge et les dérives. Il n’en est rien, et un Moscovici qui n’a jamais travaillé, qui représente la haute bourgeoisie de gauche avec le cumul de ses retraites, vient demander aux Français de faire des efforts pour payer une dette qui n’est que le résultat des errements des gouvernements successifs, dont il a fait partie entre autres. Si Bayrou tombe ce ne sera pas une crise de plus, elle est là, latente. La France est devenue ingouvernable démocratiquement parlant : la cause, c’est Macron. Lui seul est responsable de la situation. Il n’a pas tenu compte du résultat des dernières élections, a verrouillé les contre-pouvoirs, pour en faire des chambres d’enregistrement labellisant son action et pour couronner le tout, ne s’est jamais soucié du sort des Français. Il serait étonnant qu’une alliance des droites voie enfin le jour et permette d’espérer une gouvernance si ce n’est apaisée, du moins cohérente. Mais même si cela arrivait, il y aurait un autre écueil qui jusque là, est soigneusement évité, c’est celui de notre place dans l’UE et de l’acceptation de ses règles qui jouent contre les intérêts de notre pays. La question devra se poser, au risque de continuer à s’enliser dans des débats stériles et de proposer des réformes que Bruxelles rayera d’un trait de stylo, car contraire à ce qu’elle impose. L’heure est peut-être proche où les questions essentielles seront mises sur la table, faute d’avoir ce courage, rien ne changera.
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