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Les forteresses du Donetsk, un piège qui se retourne contre l’OTAN

Les stratèges de l’Alliance atlantique, un peu loin de l’Océan tout de même, ont été très déçus par la réaction tardive des Russes. Ils s’attendaient à ce que, dès 2016, Poutine vole au secours de ses compatriotes du Donbass, pilonnés, martyrisés, assassinés par les néonazis de l’armée d’Azov… Les soudards de l’OTAN étaient prêts à en découdre avec les Russes. Bien qu’ils ne participent pas à cette guerre. Puisqu’ils étaient affublés d’uniformes ukrainiens.

Ils avaient préparé une nasse dans laquelle ils espéraient que les moujiks alcoolos se jetteraient bêtement. L’avancée russe actuelle a permis de démantibuler ce plan soigneusement élaboré à partir de 2014. Tandis qu’on « promenait » Poutine avec les protocoles de Minsk 1 et 2 et autres boniments. On comprend qu’aujourd’hui Vlad soit particulièrement vigilant en examinant les propositions de paix.

Le Zygomyr et son entourage sont en plein déni de réalité

Leur propagande mâtinée de dissonance cognitive n’empêche pas l’armée russe de progresser, lentement mais inexorablement, le long d’un front qui s’étire sur plus de 1 300 kilomètres. Dans la région de Kharkov, de Donetsk et à Zaporijia, les villes logistiques et les nœuds stratégiques tombent les uns après les autres. Le cœur de la région industrielle charbon-acier est anéanti tandis que les forces ukrainiennes se retrouvent prises au piège dans des poches de plus en plus réduites.

Des forteresses réputées imprenables cèdent les unes après les autres. Les soldats de Kiev combattent dans des villes qui ne sont plus que des amoncellements de ruines, soumises à un feu continu, sans corridors de ravitaillement ni voies d’évacuation possibles. Se barricader pour tenir le siège contre des ennemis plus forts peut être une option quand on attend des renforts. Sinon c’est du suicide.

La ville de Siversk est en train de tomber. C’est un champ de décombres où les Russes avancent prudemment. Mais ils contrôlent déjà plus de la moitié du terrain et les trois quarts de la périphérie. Un point sur la carte qui est aussi un verrou. Une fois Siversk reconquise, les derniers snipers de Pokrovsk détaleront. Cernés. Privés d’intendance, de munitions et sans espoir de recevoir l’appui de forces de désencerclement.

Après Pokrovsk, la route sera ouverte en direction de Kramatorsk et Sloviansk. Des points stratégiques où l’armée ukrainienne se ravitaille et entrepose ses munitions. Sans jouer les pythonisses, on peut imaginer que les Russes leur réserveront le même traitement qu’à Bakhmout, Avdiivka et Pokrovsk. Nettoyage par le vide.

Modus operandi : s’emparer des villages alentour pour contrôler les voies d’accès. Puis bombarder le temps qu’il faut. Jusqu’à ce qu’il ne reste plus que des ruines hantées par des zombies planqués dans des sous-sols transformés en bunkers improvisés. Et quand la ville n’est plus que décombres, on envoie les voltigeurs de l’infanterie motorisée.

Rapides et imprévisibles, les motards russes font autant de l’observation que de l’infiltration. Pour connaître les positions défensives de l’ennemi, les tester, causer quelques dégâts, et se retirer jusqu’à qu’ils trouvent une faille permettant d’envoyer des commandos qui vont saturer les défenses ukrainiennes. C’est basique mais ça fonctionne.

Les faux charniers et les victoires bidon pour capter toujours plus de pognon des sponsors, tout le narratif ukrainien qui reposait sur l’esbroufe et le mensonge depuis le début de la guerre s’effondre.

Des témoignages d’officiers ukrainiens, ignorés des serviles reporters français mais relayés par les médias anglo-saxons, décrivent une politique systémique de dissimulation : reculs minimisés, positions évacuées prétendues toujours tenues, état de délabrement du matériel caché, pertes en hommes minorées, performances exagérées des drones et de l’artillerie, motus sur l’omniprésence des mercenaires.

Dans ce système inspiré de la télé-réalité où il est facile de contrôler les images pour créer des illusions plus ou moins crédibles, la communication politique du Zygomyr, ex-comique troupier reconverti stratège de carnaval, supplante l’analyse militaire.

La crise ukrainienne est devenue une confrontation narrative, une bataille pour imposer une version des faits qui ne résiste pas à l’épreuve du terrain. Pokrovsk en est le symbole le plus récent : une ville encerclée puis investie, des soldats sacrifiés, un commandement qui nie l’évidence, et une opinion internationale dupée qui commence à douter. Malgré les cartes falsifiées niant les avancées russes que nos médias de grands chemins étalent sur le web.

Quand Kramatorsk et Sloviansk seront tombées, c’est toute la ceinture des forteresses qui va s’effondrer.

Les Ukrainiens étaient illégitimes au Donbass où la population russophone à laquelle ils avaient interdit de parler sa langue les vomissait. Laissant les sicaires néo-nazis mener des raids meurtriers, les Kiéviens ont encerclé cette province du Sud-Est d’une ligne de fortifications. Officialisant une partition de fait avant que la guerre ait commencé, en dehors des escarmouches contre les exactions des Azov.

L’offensive en cours s’inscrit dans une stratégie plus large visant à démanteler la ceinture de fortifications conçues comme un cordon sanitaire pour isoler le Donetsk. Le fer de lance de cette ceinture fortifiée part de Sloviansk et Kramatorsk au nord pour descendre vers Kostyantynivka et Droujkivka dans le sud (les orthographes diffèrent selon les Russes et les Ukrainiens).

Pour progresser sur le terrain et peser sur les négociations de paix, les Russes ont tout intérêt à faire sauter ce mur défensif composé de bunkers, de casemates, de remblais et de tanks enterrés jusqu’à la tourelle. Parce que derrière ces fortifications, il n’y a plus de forteresses. Le terrain plat favoriserait une offensive jusque vers Dnipropetrovsk dernière ligne de défense d’où il serait assez facile de menacer Kiev.

Poutine sait être patient. C’est une guerre d’usure où il faut grignoter, mur après mur, un remblai après l’autre, passer d’un bunker au suivant pour démantibuler le rempart que l’Ukraine a mis onze ans à construire. Onze années de travaux forcés, de béton et de tranchées à l’intérieur de leur propre pays. Sans regarder à la dépense. Puisque déjà en 2014, les bellicistes de l’OTAN allongeaient les milliards.

Pendant que les diplomates bavassent, les combats continuent et la belle unité autour du dictateur de poche se fissure.

La tentation est forte pour le pouvoir politique – illégitime depuis deux ans puisqu’il refuse toute élection – de renvoyer la responsabilité des défaites sur les généraux. La mise à l’écart de Valeri Zaloujny (qui vise la Présidence) coupable de vouloir préserver ses unités plutôt que de les sacrifier dans des combats perdus d’avance, et son remplacement par Oleksandr Syrsky plus docile s’inscrivent dans cette logique pernicieuse.

Le Zygomyr explique après coup que les décisions malheureuses ont été prises par les militaires, alors que toute la conduite stratégique de la guerre est centralisée à Kiev, entre les mains d’un ancien clown de la télé incompétent et ignare qui n’avait jamais porté l’uniforme avant 2022.

La crise de confiance en Ukraine est palpable et le SBU ne peut plus tout contrôler : scandales de corruption à répétition dans les administrations, exaspération d’une société civile épuisée, multiplication des désertions et des mutineries, refus d’incorporation, fuites à l’étranger. Plusieurs voix au sein même des forces armées appellent ouvertement à éviter de transformer chaque ville en un Stalingrad inutile, dans un conflit où les pertes sont trop fortes du côté ukrainien, alors que les Russes ont appris à être plus mobiles et à mieux protéger leurs arrières.

Sur le plan international, la rupture est indéniable

Garder comme chef de cabinet le corrompu Andrii Iermak, son ancien associé du show business, jusqu’à ce que le scandale éclabousse tous les oligarques, a fini de discréditer le Zygomyr. Après le retrait américain décidé par Trump, plus d’armes ni de pognon si le nabot s’enferre dans ses illusions. Et les Européens n’ont plus les moyens de maintenir un soutien militaire et financier qui les a ruinés. La stratégie occidentale qui reposait sur l’idée que l’Ukraine devait continuer quoi qu’il en coûte afin d’affaiblir la Russie a échoué.

Christian Navis

https://climatorealist.blogspot.com/

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