Cette surreprésentation des étrangers dans les mis en cause des crimes et délits commis en France a une répercussion directe sur la population carcérale. À nouveau, on constate une surreprésentation des étrangers dans les prisons françaises. Ceux-ci représentent 24,5 % de la population carcérale. Une grande majorité d’entre eux sont par ailleurs originaires d’un pays extérieur à l’Union européenne, avait précisé Gérald Darmanin, au mois de mars 2025.
Aucun lien entre immigration et délinquance ?
Mais pour bon nombre d’organisme officiels, cette surreprésentation des étrangers n’est liée qu’à de simples « facteurs mécaniques ». Ainsi, selon le Centre d’études prospectives et d'informations internationales (CEPII), rattaché à Matignon et cité comme référence sur France Télévisions, « certains délits ne peuvent, par définition, être commis que par des étrangers ». Certes, le travail sans titre de séjour ou la soustraction à une interdiction de territoire ne peuvent être commis que par des étrangers. Néanmoins, ce qu’oublie de mentionner le CEPII, c’est que les étrangers sont surreprésentés dans toutes les catégories de crimes et délits, même celles « accessibles à tous » (homicides, vols, violences…). Vient ensuite l’argument économique. La surreprésentation des étrangers serait liée, selon le Musée de l’immigration, à « une délinquance dite "de pauvre" et à la dégradation de la situation des quartiers pauvres ».
Et pour expliquer leur surreprésentation dans les prisons françaises, le Musée de l’immigration décide de blâmer les forces de l’ordre et leurs présumés « contrôles au faciès » et la Justice qui condamnerait « plus sévèrement des délinquants étrangers que des délinquants français ». Autrement dit, si les étrangers sont surreprésentés dans toutes les catégories de crimes et les délits, ce ne serait pas du tout lié à un lien entre délinquance et immigration mais à une « discrimination » systémique…
Associations et centres de recherches peuvent continuer de fermer les yeux sur les statistiques officielles. Cela n’empêche pas les chiffres officiels de décrire le réel avec une même constance. Ainsi, en 2024, le ministère de l’Intérieur indiquait notamment qu’alors que « les personnes de nationalité africaine représentent 4 % de la population française », 15 % des mis en cause dans les affaires de trafic de stupéfiants ont une nationalité africaine. De même, dans le cadre de l’analyse des auteurs d’agressions sexuelles, il apparaît que les étrangers de nationalité africaine représentent 7 % des mis en cause. Pour ce qui concerne les destructions et dégradations volontaires, « parmi les mis en cause étrangers, 8 % sont des ressortissants d’un pays d’Afrique, une proportion supérieure à leur poids dans la population résidant en France ».
Clémence de Longraye