
Un rapport du Sénat alerte sur l’état de la filière automobile française : « On va vers un crash, si rien n’est fait ». Et les parlementaires de qualifier l’automobile de « pilier de l’industrie française » et de constater qu’elle est en « crise profonde » depuis plusieurs mois. Ils se réveillent et ils auraient dû lire les articles du RPF, non seulement ils auraient été au courant de ce qui apparaît comme une liquidation pure et simple de la part de l’Europe et de la France, mais en plus, ils auraient eu nos solutions pour ne pas en arriver là. Leur rapport pointe des difficultés rencontrées pour répondre aux règles européennes et pour faire face à la concurrence de la Chine : trop de normes en sommes comme nous l’expliquions depuis un moment déjà.
Il reste 350 000 salariés, sur environ 4 000 sites industriels, directement employés par la filière automobile et 800 000 personnes, si on considère l’aval de la filière et ils sont tous menacés. Les règles européennes, trop drastiques, n’ont pas permis à nos constructeurs de se maintenir au niveau de la concurrence internationale et ce n’est pas à l’argent public de permettre à des entreprises non viables de se maintenir à flot. Par contre, l’État doit permettre aux entreprises, de mieux travailler et maintenir les conditions d’une saine concurrence, notamment par rapport à la Chine, plutôt que de perfuser de subventions qui n’ont jamais évité la faillite. Stellantis est en pause et des fermetures similaires ont lieu en Allemagne, en Espagne, en Italie et en Pologne. L’électrification totale qui ne sert à rien, le trop plein de normes, la concurrence faussée, le prix exorbitant des modèles, les délocalisations, la profusion d’électronique inutile et fragile, ont raison d’un secteur qui fut un fleuron européen.
Pour autant et malgré les constats et cette casse généralisée qu’ils ont cautionnée, les sénateurs restent arc boutés sur le tout électrique et cherchent comment l’imposer à toutes forces, plutôt que de promouvoir d’autres solutions, ce doit être la ligne rouge à ne pas franchir, comme si l’Europe seule allait sauver la planète en roulant tout électrique. On se demande ce qu’il leur faudrait pour qu’ils atterrissent enfin ? Pourtant, les sénateurs reprennent des bribes de nos propositions et proposent de faire fabriquer en France de petites voitures plus abordables… mais forcément électriques, alors que les clients, majoritairement, n’en veulent pas ! Et les voilà qui replongent en proposant des aides à l’achat pour les voitures électriques pour des consommateurs de classe moyenne. En clair, le constat est le bon, mais les solutions consistent en une aggravation du problème en persistant dans la même voie qui ne marche pas : l’électrification subventionnée.
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Les solutions du RPF pour l’automobile sont pourtant à portée de main.
– Alléger les normes du contrôle technique de manière spectaculaire. Pneus, freins, éléments de sécurité principaux, pas plus. Laisser tomber la pollution, de toute façon, les moteurs thermiques ont fait de tels progrès qu’ils rivalisent avec la voiture électrique en termes de bilan carbone. Le carbone, qui rappelons le, n’est pas un polluant.
– Supprimer le contrôle technique des motos : les premiers retours de cette nouvelle obligation ne montrent rien de vraiment significatif.
– Faire baisser le prix des voitures en supprimant l’électronique inutile, dont personne ou presque ne se sert au quotidien et qui est tout le temps en panne. Promouvoir la possibilité d’une construction basique, simple, parfaitement suffisante pour aller au travail, faire ses courses et emmener les enfants à l’école. Même au besoin, en instaurant une norme franco-française, avec une voiture qui ne sera homologuée qu’en France et fabriquée obligatoirement en France.
– Supprimer le permis à points. Il a pour conséquence de faire perdre le permis à des professionnels et des particuliers gros rouleurs, qui perdent leurs points un par un ou deux par deux, pour des infractions mineures et se retrouvent sans permis, sans jamais avoir été vraiment dangereux.
– Ramener les autoroutes et les ouvrages d’art dans le giron de l’État. Le système qui consiste à en confier la gestion à des sociétés privées débouche sur les autoroutes les plus chères d’Europe, avec des rentabilités offertes à des actionnaires amis, au-delà des 20 %, c’est tout simplement dément.
– Relancer la construction amateur et artisanale en permettant de faire rouler des voitures de très petite série, comme cela a pu se faire en France après-guerre, avec l’émergence de nombreux petits constructeurs. Là encore, avec une possibilité d’homologation sans crash-test, d’une voiture aux technologies simples. Ce ne sont de toute façon, ce ne sont pas ces voitures rares, proches de la voiture de collection, qui sont impliquées dans les accidents les plus graves.
– Faire baisser la fiscalité sur les carburants, de manière à permettre à tout le monde d’utiliser plus souvent sa voiture pour les loisirs familiaux et les vacances. Actuellement, le déplacement en voiture pour les vacances prend une proportion impensable dans le prix total d’un séjour.
– Instaurer un ferroutage obligatoire des camions qui ne font que traverser la France. Construire les infrastructures qui vont le permettre, la plupart du temps, entre le Nord de la France et l’Espagne ou l’Italie, de manière à ce que le coût soit équivalent, pour les transporteurs, à un trajet routier.
– Arrêter les maires, comme Anne Hidalgo et quelques autres, partis dans des croisades insensées contre les automobilistes, avec des systèmes de taxation hors-sol et des décisions iniques dont l’efficacité n’est jamais évaluée. En rappelant la prépondérance de l’État dans le domaine de la circulation en lieu et place de petits marquis écolos qui n’en font qu’à leur tête.
– Reprendre l’entretien des infrastructures, pour partie abandonné et qui a fait régresser la France de manière spectaculaire dans le classement européen en matière de qualité du réseau routier et qui est une cause importante d’accident.
– Reconnecter les bassins de productions aux établissements scolaires voisins et remettre en selle les processus d’apprentissage et d’alternance.
– Supprimer les voitures radars qui ne sont que des pièges et surtout, cesser d’en confier la gestion à des sociétés privées gérées par des amis du pouvoir, ce qui n’est jamais qu’un transfert massif d’argent des citoyens vers des intérêts privés.
– Revenir à l’annulation de cette décision inique de stopper la vente des voitures thermiques en Europe. Non seulement elle n’a aucun impact sur le climat de la planète, mais elle en a d’autant moins que seule l’Europe est concernée, laquelle représente moins de 300 millions d’automobilistes. Et si l’Europe ne le fait pas, la France seule doit le faire. Il faut laisser faire le marché, laisser les constructeurs rivaliser et permettre au meilleur compromis motorisé d’émerger, sans intervention de l’État. S’accrocher à cette échéance de 2035 est tout simplement grotesque.