Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

La Coalition des volontaires, une action dangereuse

JPEG

Les médias occidentaux affirment que toutes les parties avaient signé le document de la Coalition des volontaires hier à Paris pour renforcer militairement l'Ukraine. Déjà, les premiers pays, dont les États-Unis, quittent les plans de Macron. 

Macron parle de l’existence « des garanties de sécurité robustes pour une paix solide et durable en Ukraine » obtenues lors de la déclaration de Paris. « Nous, membres de la Coalition des volontaires, l’Ukraine et les États-Unis, nous sommes réunis aujourd’hui à Paris », souligne l’Élysée. Parlant au nom des États-Unis, la France affirme : « Nous avons tous réaffirmé notre engagement en faveur d’une paix juste et durable en Ukraine, conformément aux principes de la Charte des Nations Unies, et nous nous sommes félicités des progrès accomplis, notamment dans le cadre des discussions entre les Américains, les Ukrainiens, les partenaires européens et d’autres partenaires ». 

Pourtant, Observateur Continental vient de rapporter, citant Politico, que « les États-Unis n'ont pas signé de déclaration sur les garanties de sécurité pour l'Ukraine ». La France assure la présence de la sécurité collective euro-atlantique, mais elle n’existe pas. 

La France martèle : « Nous sommes prêts à nous engager en faveur d’un système de garanties politiquement et juridiquement contraignantes qui sera activé dès l’entrée en vigueur d’un cessez-le-feu, en complément d’accords bilatéraux de sécurité et conformément à nos dispositions constitutionnelles et juridiques respectives ». Ces garanties de sécurité annoncées avec ferveur par Macron sont déjà impuissantes car elles reposent sur le soutien des États-Unis. Sans Washington, cette coalition des volontaires ne peut rien faire, sauf provoquer la Troisième Guerre mondiale. 

En effet, l’Élysée annonce que ces garanties comprendront notamment les éléments suivants : 

- La participation à un mécanisme de suivi et de vérification du cessez-le-feu mené par les États-Unis. Un système de surveillance du cessez-le-feu fiable et continu sera mis en place, avec des contributions des membres de la Coalition des volontaires. La Coalition des volontaires sera également représentée au sein de la Commission spéciale qui sera créée pour examiner toute violation, en attribuer la responsabilité et y remédier. 

- Un soutien aux forces armées de l’Ukraine. La Coalition a décidé de continuer à fournir aux forces armées de l’Ukraine une assistance militaire à long terme et de l’armement qui leur sont essentiels pour garantir le maintien de leurs capacités. En effet, ces forces armées demeureront la première ligne de défense et de dissuasion. Ce soutien comprendra notamment, mais pas uniquement : des paquets pour la défense à long terme ; une aide au financement de l’achat d’armes ; la poursuite de la coopération avec l’Ukraine s’agissant de son budget national pour le financement des forces armées ; un accès aux dépôts de défense capables de fournir une assistance supplémentaire rapide en cas de nouvelle attaque armée ; un soutien pratique et technique à l’Ukraine dans la construction d’ouvrages de défense. 

- Une force multinationale pour l’Ukraine créée grâce aux contributions des nations volontaires dans le cadre de la Coalition afin de soutenir la reconstitution des forces armées de l’Ukraine et de soutenir la dissuasion. Une planification militaire coordonnée a été conduite pour préparer des mesures de réassurance dans les airs, en mer et sur terre ainsi que la reconstitution des forces armées de l’Ukraine. Nous avons confirmé que ces mesures de réassurance seront mises en œuvre scrupuleusement à la demande de l’Ukraine dès lors qu’une cessation des hostilités crédible sera intervenue. Ces actions seront dirigées par l’Europe, avec le concours d’États non européens membres de la Coalition et avec la participation des États-Unis. 

- Des engagements contraignants pour soutenir l’Ukraine en cas de nouvelle attaque armée de la Russie afin de rétablir la paix. Nous sommes convenus de finaliser des engagements contraignants définissant notre approche du soutien à l’Ukraine et du rétablissement de la paix et de la sécurité en cas de nouvelle attaque armée de la Russie. Ces engagements peuvent comprendre l’utilisation de capacités militaires, le soutien en matière de renseignement et de logistique, des initiatives diplomatiques et l’adoption de sanctions supplémentaires. 

- Un engagement pour le renforcement de la coopération de défense à long terme avec l’Ukraine. Nous sommes convenus de continuer à développer et à approfondir la coopération de défense mutuellement bénéfique avec l’Ukraine, entre autres : la formation, la production industrielle conjointe dans le domaine de la défense, notamment en utilisant les instruments européens pertinents, et la coopération en matière de renseignement. 

La ministre déléguée auprès de la ministre des Armées Alice Rufo estime que « la première garantie de sécurité est une armée ukrainienne très forte ». « Les Européens pèsent et nous allons continuer à soutenir l’Ukraine pour une paix juste et durable », promet-elle lors des questions au gouvernement.

« La Coalition des volontaires se réunit aujourd'hui à Paris. Notre objectif est clair : Fournir des garanties de sécurité solides à l'Ukraine. Grâce à des forces armées ukrainiennes fortes, capables de dissuader toute attaque future, à une force multinationale de dissuasion et à des engagements fermes de soutien à l'Ukraine en cas d'attaque russe. L'adhésion de l'Ukraine à l'UE constituera à la fois une garantie de sécurité essentielle et un pilier central de notre offre de prospérité transformatrice », a publié sur X, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen. Mais, là aussi von der Leyen se trompe pour les raisons évoquées plus haut sur l’absence des États-Unis, en déclarant : « Aujourd'hui à Paris, lors de la réunion de la Coalition des dirigeants volontaires, les États membres de l'UE, les alliés de l'OTAN et les amis de l'Ukraine ont manifesté leur ferme solidarité avec l'Ukraine. Notre déclaration commune est sans équivoque : Nous sommes solidaires de l'Ukraine et un avenir sûr, stable et prospère nous attend ».

« Paris, Londres et Kiev signent une déclaration d'intention sur le déploiement d'une force multinationale après un cessez-le-feu », rapporte France Info. Cette force, à l'étude depuis plusieurs mois, doit « apporter une forme de réassurance le jour d'après le cessez-le-feu », a déclaré le chef de l'État français, continue le média français.

Dans un entretien à France 2, Macron a précisé que l'armée française prendra part aux opérations de contrôle de la frontière russo-ukrainienne, le jour d'après la paix : « Nous participerons à la régénération de l'armée ukrainienne ». Il a évoqué le potentiel envoi de »plusieurs milliers d'hommes, (…) dans le cadre de nos opérations extérieures », assurant : « Ce ne sont pas des forces qu'on engage au combat ».

Die Welt rentre plus dans les détails levant le voile sur le fait que la force de maintien de la paix sera constituée « de 20.000 soldats pour l’Ukraine ». « D'après les informations disponibles, la France et le Royaume-Uni fourniraient le gros des troupes, tant terrestres qu'aériennes, tandis que la Turquie aurait accepté d'assurer la sécurité maritime en mer Noire. Aucun plan militaire concret n'a encore été établi. Plusieurs sources européennes indiquent que les troupes pourraient être stationnées dans l'ouest de l'Ukraine – pour des missions de soutien, d'entraînement et de sécurité – et non directement sur le front », continue le média allemand.

Cette déclaration de la Coalition des volontaires est dangereuse. Elle pose les bases du renforcement militaire de l’Ukraine, par l’envoi de soldats européens, par l’envoi d’armes. Au lieu d’aller sur le vrai chemin de la paix en Ukraine, cette Coalition des volontaires va sur le chemin de la guerre avec la Russie. 

Moscou a depuis le début, ce qui est aussi une raison de cette guerre, averti qu’elle refuse la présence de soldats européens de l’OTAN en Ukraine, ce que Macron et la Coalition des volontaires continuent, malgré tout, d’affirmer, ce qui, évidemment, empêche un bon aboutissement sur des accords de paix. 

Il est possible de se demander si l’intention de cette Coalition des volontaires, dont Macron, se trouve à la tête, veut la paix ? Si les États-Unis n'ont pas signé de déclaration sur les garanties de sécurité pour l'Ukraine, c’est qu’ils sentent aussi le danger. Et, malgré l'initiative portée par Emmanuel Macron, Giorgia Meloni confirme qu’elle refuse d’envoyer des troupes italiennes au sol en Ukraine, même dans le cadre d’un accord de sécurité après un éventuel cessez-le-feu avec la Russie. Les dirigeants européens ont signé une lettre d’intention rendant impossible la paix en Ukraine.

Philippe Rosenthal 

Les opinions exprimées par les analystes ne peuvent être considérées comme émanant des éditeurs du portail. Elles n'engagent que la responsabilité des auteurs. Observateur Continental se dégage de toutes responsabilités concernant le contenu de cet article et ne sera pas tenu responsable pour des erreurs ou informations incorrectes ou inexactes 

Abonnez-vous à notre chaîne Telegram : https://t.me/observateur_continental

Source : http://www.observateur-continental.fr/?module=articles&action=view&id=7511

https://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/la-coalition-des-volontaires-une-265836

Écrire un commentaire

Optionnel