
Malgré la saturation de son système de soins, la France demeure le seul pays au monde à proposer une prise en charge médicale des étrangers malades assortie d’un titre de séjour. Le motif psychiatrique figure aujourd’hui parmi les arguments les plus fréquemment invoqués pour obtenir un suivi et une régularisation administrative.
Selon le dernier rapport du service médical de l’Office français de l’immigration et de l’intégration (Ofii), les troubles mentaux et du comportement représentent une part significative des demandes de titre de séjour pour soins. Entre 2017 et 2024, le nombre de dossiers liés à la santé mentale a fortement progressé. En 2024, 2 738 demandes ont été traitées sur ce fondement. Les troubles anxieux, notamment l’état de stress post-traumatique, arrivent en tête, suivis de la schizophrénie, des troubles de l’humeur et des troubles du développement psychologique.
Le taux d’avis favorables délivrés par les médecins experts reste minoritaire : 31 % contre 69 % de décisions défavorables. Les hommes représentent 62 % des demandeurs, les femmes 38 %. Les adultes constituent l’essentiel des dossiers, mais 16 % concernent des mineurs. Les principales nationalités recensées sont algérienne, congolaise (RDC), guinéenne, marocaine et géorgienne.
Le rapport souligne également des situations complexes impliquant des enfants, parfois perçus comme instrumentalisés dans des démarches de maintien sur le territoire. Les autorités sanitaires alertent sur la fragilisation du système de soins, confronté à un afflux de demandes que les structures psychiatriques existantes peinent à absorber.