
Règlement de compte à OK Davos : ce mercredi, le cow-boy Donald Trump est attendu, comme une provocation, dans le sanctuaire ouaté du mondialisme institutionnalisé. Les échanges devraient y être rudes, sinon brutaux. La stratégie primaire du poing dans la gueule n’est pas à exclure. Tout oppose, en effet, les partisans des « sociétés ouvertes », dont Emmanuel Macron se veut une figure inspirée, à celui qui ne cesse de répéter à travers ses deux mandats à la tête des Etats-Unis : « L’avenir n’appartient pas aux mondialistes, l’avenir appartient aux patriotes ». Le Conseil de paix, que Trump veut mettre en place, est d’ailleurs une remise en question des organisations mondialistes et singulièrement de l’ONU.
Cette initiative, à laquelle s’oppose le président français, entend œuvrer à « une paix durable (qui) nécessite un jugement pragmatique, des solutions de bon sens et le courage de s’écarter des approches et institutions qui ont trop souvent échoué ». Cet argumentaire reprend en fait les éléments fondamentaux de la « révolution du bon sens » qui avait été, il y a un an, le socle du discours d’investiture de Trump. En février 2025, à Munich, son vice-président JD Vance avait déjà malmené les Européens, accusés d’avoir peur de leurs peuples et de ne rien voir des risques d’une immigration de masse. Le 5 décembre, la Maison Blanche mettait les points sur les i en alertant l’Europe sur son risque « d’effacement civilisationnel ». C’est a priori sur ce même ton que Trump devrait s’adresser à ceux qui ne voient en lui, comme l’accuse Macron, que le leader d’une « internationale réactionnaire ».
La question est de savoir qui, des souverainistes ou des universalistes, a raison. Or, dans ce débat conceptuel, le rejet que suscite le mondialisme appuie l’analyse de Trump, en dépit de l’unanimisme médiatique qui l’accable. Partout sur la planète, et singulièrement en Europe, s’observe le réveil des peuples, des nations, des identités, des enracinements derrière des frontières protégées. Le monde de Davos, minoritaire, est étranger à la vie des gens ordinaires. Dans l’opposition idéologique voulue par Macron entre progressistes et populistes, ce sont ces derniers qui sont invités à écrire l’histoire au nom des citoyens oubliés. Trump n’est pas seulement ce personnage mal élevé, mégalomane et imprévisible décrit à l’envi par la presse moutonnière. Certes, je vois ses défauts et ses lourdeurs. Je n’excuse pas non plus la légèreté de son message du 13 novembre encourageant les Iraniens à poursuivre leurs manifestations sous les balles de leurs bourreaux islamistes et promettant : « L’aide est en route » ; jusqu’à ce jour, elle n’est toujours pas arrivée. Cependant, je remarque aussi que Trump a fait l’effort de penser le monde qui vient. Du moins, sa ligne de conduite répond à des analyses de cercles de réflexion qui ont acté l’urgence d’en revenir à la démocratie et aux souverainetés nationales. Ce travail intellectuel, Macron refuse de l’entamer quand il persiste à défendre une oligarchie européenne qui lui impose le Mercosur et le pousse à s’éloigner toujours plus des Français qu’il ne comprend pas. Et réciproquement.
Mes interventions de mardi sur Ligne Droite (8h45-8h55) et CNews (14h-15h)