Le hasard du calendrier est curieux. Le magazine Frontières sort un numéro exceptionnel titré « Censure la tentation totalitaire ». Notre fondateur Pierre Cassen était invité à la Galette des Rois de Reconquête 49 à Angers, pour débattre justement de la censure qui frappe les patriotes. Et il a conclu son intervention en expliquant pourquoi il fallait abroger les lois liberticides Pleven-Gayssot-Taubira, pour que la France redevienne un pays où la parole est libre.
Et c’est ce moment que choisit la député Caroline Yadan pour nous proposer une loi qui ne ferait que renforcer le dispositif judiciaire déjà trop bien fourni, et qui confisquerait encore davantage le peu de place qu’il demeure en France pour un débat démocratique. L’argument mis en avant par cet élue des Français de l’étranger serait que, depuis le 7 octobre 2023, une vague d’antisémitisme s’est libéré en France, et que, sous l’impulsion notamment de la gauche et des associations pro-palestiniennes, l’antisionisme a souvent caché un antisémitisme de plus en plus décomplexé.
Sur le constat, la député a raison, et nous n’avons pas ménagé la clique de Mélenchon, mais aussi l’ensemble de la gauche et ceux que nous appelons les Palosses quand ils qualifiaient de « génocide » la juste riposte d’Israël au pogrom du 7 octobre 2023, quand ils qualifiaient l’État hébreu de colonisateurs et d’adepte de l’apartheid, quand ils réclamaient que Netanyahou, comparé à Hitler, soit déféré devant la Cour Pénale Internationale, quand ils inventaient des morts palestiniens pour attiser la haine contre les Juifs, quand ils défendaient un État palestinien avec une carte de la mer au Jourdain où Israël avait étonnamment disparu, etc. Nous avons traité d’ordures tous les Thomas Portes, Rima Hassan, David Guiraud et tous les guignols des flottilles de Gaza qui ont accentué la pression internationale scandaleuse exercée contre Israël. Nous avons montré leur imposture quand on voit leur silence sur la situation iranienne, et démontré que leur seul souci était de stigmatiser l’État d’Israël, coupable à leurs yeux d’exister.
Mais le remède proposé par Caroline Yadan est pire que le mal et surtout il met le doigt dans un engrenage sans fin. Au nom de l’antiracisme, que Finkielkraut qualifiait de totalitarisme du XXIe siècle, voire de nouveau communisme, on a engendré des monstrueux procès, dignes des pires régimes totalitaires, contre des Brigitte Bardot, Michel Houellebecq, Charlie Hebdo, Jean-Marie Le Pen, Marine Le Pen, Renaud Camus, Éric Zemmour, Pierre Cassen, Christine Tasin, et des milliers de Français anonymes, coupables de protester contre l’invasion migratoire et contre l’islamisation de notre pays.
Au nom du négationnisme, on a engendré la monstrueuse loi Gayssot, critiquée par des Juifs de gauche comme Badinter, qui interdit toute interrogation sur l’Histoire, sur la période 1940-1944 (Éric Zemmour en a fait les frais). Avec cette loi, les historiens qui, entre les années 1950 et 1980, auraient attribué le massacre de Katyn (10.000 officiers polonais tués dans une forêt d’une balle dans la nuque) aux staliniens, alors que la version officielle accusait les nazis, se seraient retrouvés devant les tribunaux. On peut penser ce qu’on veut des Faurisson, Reynouard, Rivarol, mais s’ils vivaient aux États-Unis, avec l’article 1 de la Constitution, ils ne seraient pas harcelés par les juges et criblés de procès. On peut ne pas aimer Dieudonné, mais la vue de gendarmes mobilisés pour interdire ses spectacles est grotesque, scandaleuse et digne d’un pays totalitaire.
L’enfer est pavé de bonnes intentions. Nul doute que Caroline Yadan veut combattre l’antisémitisme, et elle a raison de le faire, mais la logique américaine est plus efficace, par une liberté totale de débat sur le racisme, l’antisémitisme, le négationnisme, le révisionnisme, que la tentation autoritaire. Nous avons des débatteurs de qualité, capables de réduire en poussière les antisémites pro-Palestiniens de gauche, de manière bien plus efficace que les juges répondant à de nouvelles plaintes.
Il faut être bien naïf pour ne pas comprendre que la loi de cette député, par ailleurs macroniste, doit être comprise comme faisant partie du dispositif que veut mettre en place le régime, avec une labellisation des médias destinée à mettre au rebut toute parole dissidente qui dérange le régime. C’est pourquoi, bien qu’assumant notre défense du droit d’Israël à se défendre contre des voisins musulmans qui rêvent d’en finir avec l’État hébreu, nous sommes vent debout contre ce projet.
Mais surtout, qui peut penser que cette nouvelle loi, si elle était votée, ne serait pas immédiatement complétée, dans la foulée, presque en représailles, par les Insoumis, toute la gauche, et les associations musulmanes, créant ce qu’attendent les collabos et les islamistes, un délit d’islamophobie, assimilé bien sûr à du racisme et à de l’incitation à la haine, voire à la mise en danger des paisibles musulmans.
Donc, Madame Yadan, Messieurs les députés, assez de lois liberticides, n’en rajoutez pas une autre, et pour que les Français retrouvent une parole libre, abrogez les lois Pleven-Gayssot-Taubira !
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