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[TRIBUNE] Le vol à l’étalage vous coûte 150€ par an !

@Pexels
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Il y a quelques jours, un magasin Boulanger de Colmar a découvert des vols à l’étalage de casques audio, pour près de 3.000 €. En conséquence, le magasin a ajouté des antivols à tous ces produits. Cette affaire malheureusement banale fait penser à cette tendance venue de Californie où, en raison des vols à l’étalage massifs, les supermarchés ont placé des antivols jusque sur les tubes de dentifrice.

En réalité, si la situation en France est encore loin d’atteindre cette gravité, les montants des vols sont sous-estimés et surtout répercutés sur les prix payés par les consommateurs honnêtes…

Une tendance en hausse

En France, la tendance sur 10 ans est à une baisse des vols (contrairement aux escroqueries et surtout aux atteintes aux personnes, en hausse). Mais cette baisse ne concerne malheureusement pas les vols dans les supermarchés qui sont, eux, en hausse sur 10 ans. Le montant de ces vols a ainsi bondi de 3,5 milliards d’euros en 2015 à 4,8 milliards en 2025, plaçant la France au deuxième rang européen après le Royaume-Uni.

Le nombre de ces vols qui concernent des vols à l’étalage classiques (45 %), mais aussi des vols internes commis par des employés (35 %), oscillerait entre 40.000 et 70.000 chaque année et concernerait 82 % des commerçants
Des chiffres importants, d’autant qu’une bonne partie des commerçants ne porte pas plainte du fait des lourdeurs administratives et judiciaires.

Vous financez les voleurs

Dans un secteur où les marges sont serrées et où le chiffre d’affaires annuel tourne autour de 135 à 138 milliards d’euros annuel en 2024, ce manque à gagner se répercute immanquablement sur les clients honnêtes, qui financent indirectement les actes délictueux.

Ainsi, les professionnels du secteur estiment le surcoût par an et par foyer à 148 €. Des chiffres similaires à ceux de nos voisins d’outre-Manche où l'on estime ce surcoût à 133 livres sterling par foyer.

L’impunité des voleurs

Toute la difficulté du vol à l’étalage tient dans la conjugaison des lourdeurs judiciaires et de la faiblesse des sommes volées. Résultat, le vol à l’étalage de quelques dizaines d’euros ne fera qu’exceptionnellement l’objet d’un véritable traitement.

La plupart du temps, les commerçants se font simplement restituer les objets volés, ce qui n’a rien d’une sanction. Les voleurs de petites sommes vivent donc dans une impunité à peu près totale. Des données parcellaires démontrent que les affaires qui atterrissent sur les bureaux surchargés des procureurs sont majoritairement « classées sans suite », n’entraînant aucun début de sanction pour les auteurs.

Depuis 2023 pourtant, le vol à l’étalage de moins de 300 € est puni d’une amende forfaitaire délictuelle de 250 € payable immédiatement sur place. Mais, la présence de la police est indispensable et peut paraître bien lourde pour des commerçants qui ne peuvent pas retenir les voleurs pour porter plainte eux-mêmes.

La délinquance et la criminalité ne sont pas seulement dangereuses pour votre intégrité physique et celle de vos proches, elles ont aussi pour conséquence d’appauvrir la société dans son ensemble, à commencer par ceux qui ne commettent pas de délits. La priorité absolue de toute démocratie devrait donc être de rétablir l’ordre et la paix dans ses rues. Car si les effets négatifs de l’insécurité sont nombreux, les effets positifs de la réduction de l’insécurité le sont tout autant.

Pierre-Marie Sève

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