
Un accord de paix entre la Russie et l'Ukraine est imminent, sans compter tous les points importants, mais actuellement trois principaux problèmes entravent un accord de paix en Ukraine.
« Un accord de paix entre la Russie et l'Ukraine semble imminent, sauf sur tous les points essentiels », annonce Politico, précisant : « Trois points de désaccord persistent et empêchent toujours la conclusion d'un accord pour mettre fin à la guerre ». Comme le rappelle France24, « la Russie, l'Ukraine et les États-Unis ont échangé vendredi dernier lors d'une réunion trilatérale à Abu Dhabi. Les pourparlers ont porté sur les paramètres permettant de mettre fin à la guerre, a déclaré le négociateur en chef ukrainien, Roustem Oumerov. Kiev a affirmé que de nouvelles discussions étaient prévues samedi dernier entre les négociateurs ». Les attentes n'ont pas été comblées et les négociateurs se trouvent dans une impasse : les questions les plus importantes au cœur du conflit demeurent un point de blocage.
Impasse. Les questions les plus importantes au cœur du conflit demeurent un point de blocage. Politico rapporte : « Moscou et Kiev sont sortis des pourparlers aux Émirats arabes unis (EAU) dans l'impasse, en raison de trois points de désaccord fondamentaux : la revendication par la Russie de territoires ukrainiens, l'avenir des garanties de sécurité de l'Ukraine et la question de savoir si les combats doivent cesser avant ou après la conclusion d'un accord ». Les trois points concernent : le territoire, la sécurité, le cessez-le-feu.
La question du territoire. « Bien que la Russie ne puisse plus raisonnablement espérer s'emparer de toute l'Ukraine dans un avenir proche, le président russe vise toujours à acquérir, à tout le moins, la totalité du Donbass en plus de la péninsule de Crimée déjà annexée », continue Politico.
Aussi, Moscou propose, comme rapporté par le magazine politique anglophone, un cadre qu'elle appelle la « formule d'Anchorage », selon lequel l'Ukraine devrait céder la totalité du Donbass, y compris les zones que la Russie n'a pas réussi à conquérir. Le Kremlin affirme que c'est ce sur quoi Poutine et Trump se sont entendus lors de leur rencontre en Alaska l'année dernière.
Mais pour Kiev céder du territoire serait à la fois illégal et extrêmement impopulaire. Zelensky avait fait savoir être prêt à envisager un scénario dans lequel la zone serait démilitarisée et désignée comme « zone économique libre » tout en restant officiellement partie intégrante de l'Ukraine. Moscou a clairement indiqué que cela ne suffisait pas. Le Kremlin a réitéré sa position selon laquelle « on ne peut espérer parvenir à un règlement à long terme sans résoudre la question territoriale », insistant une fois de plus sur le fait que les progrès dans les négociations dépendent de l’obtention par Moscou de l’intégralité du Donbass.
Mercredi, le secrétaire d'État américain Marco Rubio a reconnu l'impasse concernant le Donbass. « C'est un obstacle de taille », a-t-il déclaré devant la commission des affaires étrangères du Sénat. « Il y a encore un fossé, mais au moins nous avons pu recentrer le débat sur un point central, et ce sera probablement très difficile à résoudre », a-t-il averti.
« Une autre divergence concerne la gestion de la centrale nucléaire de Zaporijia, la plus grande d'Europe, située à proximité de la ligne de front et actuellement sous contrôle russe », continue Politico. Zelensky souhaite que la centrale nucléaire soit contrôlée conjointement par l'Ukraine et les États-Unis, tandis que Moscou veut être partie prenante à tout accord, proposant plutôt de partager le contrôle de l'usine avec Washington, ou éventuellement avec Kiev.
La question de la sécurité. Il y a ensuite la question des soi-disant garanties de sécurité. La France, le Royaume-Uni et l’Allemagne, essentiellement, promettent de soutenir l’Ukraine au cas où la Russie lancerait une nouvelle tentative d’invasion à grande échelle. Le Royaume-Uni et la France ont convenu de déployer des troupes en Ukraine une fois un accord conclu. Witkoff, l’envoyé spécial des États-Unis a salué le plan de sécurité, le qualifiant d'« extrêmement solide ». Cependant, il est resté vague quant à l'étendue de l'engagement américain dans la défense de l'Ukraine. Selon un article du Financial Times publié mardi, l'administration Trump a conditionné les garanties de sécurité d'après-guerre à l'abandon du Donbass par l'Ukraine.
« Le plan en 20 points proposé par les États-Unis prévoit l'adhésion de l'Ukraine à l'UE en 2027. L'adhésion à l'UE implique une obligation de se porter mutuellement assistance en cas d'invasion. L'UE a entamé des discussions avec l'Ukraine concernant son adhésion, mais n'a pas encore fixé de date », souligne Politico, signalant : « Moscou, de son côté, a insisté sur le fait qu'elle n'accepterait pas la présence de troupes des pays de l'OTAN en Ukraine. Elle a exigé, en revanche, ses propres garanties de sécurité ».
Il est à noter que depuis le début Moscou refuse la présence de soldats de l’OTAN en Ukraine ce qui en a été une raison de ce conflit. Les alliés de Kiev persistent dans cette idée tout en sachant qu’ils provoquent la Russie et qu'ils -par ce fait- bloquent les négociations de paix.
« Le Kremlin affirme qu’il ne se sentira en sécurité que lorsque la question de l’adhésion de l’Ukraine à l’OTAN sera définitivement écartée, lorsque l’armée ukrainienne sera plafonnée à 600.000 hommes (contre environ 800.000 actuellement et contre ce que Kiev et la France soutiennent après un accord de paix) et lorsque Moscou disposera d’un droit de veto effectif sur toute décision future concernant la défense de l’Ukraine », tient à rappeler Politico.
La question du cessez-le-feu. Kiev et ses alliés, dont la France de Macron, exigent une cessation immédiate des hostilités : un cessez-le-feu. Moscou insiste sur la nécessité d'un accord avant d'envisager une pause dans les combats, ce qui est logique.
« En attendant la conclusion d’un tel accord, la Russie continuera de poursuivre sans relâche les objectifs de l’opération militaire spéciale, a déclaré Ouchakov, conseiller de Poutine, après la visite de Witkoff à Moscou, reprenant l’euphémisme employé par le Kremlin pour désigner la guerre », fait savoir Politico qui selon « les analystes soulignent qu'il existe une différence cruciale entre les deux camps belligérants : tandis que l'Ukraine se montre disposée à faire des compromis, la Russie se contente de suivre le mouvement, tout en restant fidèle à son objectif initial de soumettre l'Ukraine ».
En raison du comportement de la France et des alliés de l’Ukraine, l’action de Moscou est compréhensible. Une paix pour toujours doit être établie et pas un simple cessez-le-feu qui permet l’existence d’un brasier qui peut de nouveau provoquer un incendie. L’attitude de la France de Macron devrait changer et réaliser que les positions russes sont les plus sûres pour obtenir la fin des combats en Ukraine, surtout que Macron est bien informé des positions de Moscou depuis le début.
La situation est largement bloquée en raison du comportement du président ukrainien. « Zelensky veut entrer dans l’histoire comme le président qui a sauvé l’Ukraine », « pas comme celui qui a perdu la guerre », conclut Politico.
Philippe Rosenthal
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