Pour Nicolas Dufourq patron de la BPI dans le Figaro (source ici) l’austérité va frapper très prochainement notre pays de plein fouet.
« Le retard pris dans le redressement de nos finances publiques est maintenant trop important pour éviter un moment de vérité. Une longue période d’efforts nous attend, et elle aura sa composante d’épreuves et d’opportunités. Les pays du sud de l’Europe savent ce que c’est, ils l’ont vécu. Mais au bout de sept à dix ans, ils se sont redressés. Ce sera bientôt au tour de la France de vivre ce long moment, probablement après la présidentielle ».
Et le patron de la BPI de rajouter dans sa Tribune « qu’aujourd’hui, 10 % de nos dépenses sociales sont financées par la dette et ce chiffre croît chaque année ; 9 % des salaires du secteur privé sont payés par l’État (au travers des allègements de charges et de la prime d’activité), donc pour partie par la dette, et ce chiffre croît aussi ; 42 % des 57 millions de Français adultes bénéficient de revenus composés en majorité de transferts sociaux. En ajoutant les 6 millions de fonctionnaires et les 400 000 praticiens médicaux, c’est 53 % des Français de plus de 18 ans, et donc des électeurs, qui vivent majoritairement de la redistribution, une proportion qui va augmenter sans frein avec le vieillissement. Rétablir nos finances implique des coupes franches, des efforts sensibles sur les pensions et les dépenses de santé, un report de l’âge de départ, un accroissement du reste à charge dans l’assurance-maladie, une réduction du nombre de fonctionnaires, et des augmentations fatales des grands impôts horizontaux (CSG, TVA), sur les ménages et sur les retraités. Il ne faut pas croire que la croissance, ou le redressement de la productivité, ou encore un rebond de la natalité, nous épargneront les efforts. Ce sont des chimères, même à moyen terme ».
Je ne peux que partager les constats du patron de la BPI mais je diverge pour le moment sur l’idée de la cure d’austérité.
J’ai l’habitude de dire qu’avec nos 3 500 milliards d’euros de dettes, les conséquences des politiques à mener pour éviter la faillite sont sensiblement identiques aux conséquences de la faillite elle-même.
Conclusion logique ?
Il est peu probable que la France, quel que soit le futur président de la république prenne le taureau par les cornes et fasse l’effort de 10 ans d’austérité et de baisse des dépenses sociales.
Tout est toujours ramené à l’égalitarisme et à la justice fiscale ou sociale.
Plus personne ne veut accepter d’avoir un peu froid, de manger un peu moins, personne ne veut travailler plus, tout le monde veut plus de tous les avantages. Bref, nous sommes complètement infectés par une idéologie égalitariste qui s’est totalement fourvoyée. La CAF finance le matériel de camping, les retraités gagnent plus en moyenne que les actifs, il faut donner des congés payés aux salariés qui sont en arrêt maladie, bref, nous marchons totalement sur la tête, jusqu’à l’école qui donne des notes de 20/20 même aux cancres qui finissent par se croire en plus bons alors qu’ils sont nuls.
Conclusion ?
Nous ferons faillite sans faire d’austérité parce que personne n’en veut et que les gens ne sont plus vraiment très courageux.
Il est déjà trop tard, mais tout n’est pas perdu.
Préparez-vous !
Charles SANNAT
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