
Écolos et socialos main dans la main pour changer le mode de scrutin des législatives avant 2027. L’idée en soi n’est pas mauvaise, ce qui l’est, c’est d’abord le modèle proposé à la place, la proportionnelle et surtout l’intention réelle. Pour les partisans de ce changement ce serait un « nouveau souffle démocratique » est-il écrit dans la tribune publiée ce samedi 7 février 2026. Ils se plaignent à juste titre de l’impossibilité croissante que développe notre actuel scrutin uninominal à deux tours de trouver une majorité. Puis, comme dans un soupir impossible à contenir, l’argument ultime est craché, ils avouent. Certes ils pensent à la démocratie, mais ils veulent surtout mettre en place un système qui fasse barrage à ce qu’ils appellent l’extrême droite ! Le fameux barrage, nous y voilà. Ce barrage consiste à tenter d’invisibiliser plus de onze millions d’électeurs qui, la dernière fois, se sont retrouvés avec 140 députés au lieu d’avoir une majorité confortable, comme les projections d’après le premier tour le laissaient entrevoir. Ce tour de magie a été possible grâce aux arrangements durant le second tour.
Ainsi la logique démocratique s’est transformée en une bouillie électoraliste, que fait le le premier en nombre d’électeur, se retrouve troisième en nombre de sièges. Il en est sorti cette assemblée qui n’est ni de droite, ni de gauche, ni du centre, qui n’est nulle part en fait, mais qui grâce aux alliances des LR et du PS parvient tout de même à faire passer des textes, que la majorité de la population rejette. La démocratie, la justice électorale, ils s’en contre foutent royalement, ce qu’ils veulent c’est trouver une méthode qui ressemblerait à quelque chose de légitime pour que les onze millions d’électeurs d’hier, qui sont probablement devenus plus nombreux, ne puissent avoir aucun député. Si quelques-uns quand même, pour faire bien, mais certainement pas une majorité. Et de rajouter à cette crainte devenue l’étendard de cette classe politique vérolée, que le gagnant pourrait, ô horreur, rafler la mise par l’effet de masse, comme aux États-Unis. Mais voyons brillantissimes politiciens, il n’est point nécessaire d’aller si loin dans l’espace pour parler de ce phénomène. Il existait encore avant Macron2 en France et d’ailleurs cela ne gênait absolument pas les détracteurs du scrutin actuel quand avec 35% des voix, le PS obtenait 60% des sièges. Que s’est-il passé pour que les choses changent à ce point chez nous ? Peut-être qu’à l’époque où il y avait une corrélation entre la présidentielle et les législatives, le premier était bien élu sans tricherie… ce ne serait plus le cas ? Allons allons un peu de sérieux, les machines à voter veillent sur le scrutin. Nous avions au RPF, analysé les résultats des 60 villes qui en possédaient et avec notre « curiosité malsaine », nous avions trouvé que dans plus de 70% des cas, Macron avait recueilli au moins 60% des voix… Étrange phénomène non… ce qui expliquerait qu’aux législatives le même Macron, élu avec 58 % des voix, n’ait pas pu retrouver une majorité. Etant donné que pour les législatives, les dépouillements se font localement et les noms des vainqueurs sont envoyés à Paris, pas les bulletins de vote.
Changer le mode de scrutin, c’est ce que nous réclamons au RPF depuis la dernière dissolution, mais certainement pas pour instaurer la proportionnelle, qui ne résoudra rien, elle a d’ailleurs déjà été essayée dans les années 80 et n’avait rien donné de bon. Gens de gauche, vous voulez une majorité claire, dans ce cas c’est un scrutin uninominal à un tour, comme en Grande-Bretagne qu’il faut mettre en place. C’est ce que nous prônons, et le RN, s’il avait été combatif, aurait dû depuis longtemps, se battre pour ce type de changement, au lieu de dormir et de s’aligner avec tout ce qui représente le consensus mou d’une politique étrangère ou économique qui ne mène qu’à la ruine. Au lieu de se contenter de déposer des motions de censure, que la gauche ne votera jamais, non pas parce que le motif n’est pas légitime, mais parce qu’associer leurs nobles et pures voix avec celles infâmes et dégradantes du RN, les voueraient immédiatement aux gémonies voyons !
Nous suggérons donc à ce grand parti en sommeil de faire une contre-proposition dans ce sens. Pourquoi monter une usine à gaz, comme nos institutions savent le faire, pour élire des députés ? Il y a un système très simple, très efficace. Celui qui arrive en tête le jour de l’élection gagne ! Pas besoin de second tour pour magouiller et voir des LR appeler à voter pour des candidats de gauche, et se retrouver ensuite avec un président sans majorité et des gouvernements qui ne représentent ni l’image de l’Assemblée nationale, et encore moins les électeurs. Dans la même veine, nous réclamons que la loi des 500 signatures pour se qualifier à l’élection présidentielle soit annulée. A minima que l’on revienne à l’anonymat des parrainages, dans l’idéal, que cette qualification se fasse par un vote des électeurs sur le site du gouvernement. 500 000 signatures par exemple pour autoriser un candidat à se présenter et non l’aval de la corporation déjà en place. Mais ces réformes indispensables, avez-vous vu le RN se charger de les porter ? Non, quant aux autres partis… on comprend bien que socialos et écolos ne soient pas pressés de perdre l’avantage de cette représentation, puisqu’elle leur permet de continuer à polluer de leur présence un espace duquel ils devraient être éjectés depuis longtemps, si les résultats des scrutins reflétaient réellement l’opinion des électeurs. Mais en France, il s’agit de préserver l’état actuel de l’infortune institutionnelle dans laquelle nous pataugeons depuis des années. PS et écolos, sans oublier les LR, se nourrissent de cette fange, et se sentant menacés, ils cherchent une parade institutionnelle pour faire un coup d’État légal ! Ils vont y arriver, soyez-en certain, portera-t-il réellement ses fruits ? Rien n’est moins certain, il arrive un moment ou même une proportionnelle ne sauvera pas tous ces politicards de la déroute. Et là qu’inventeront-ils pour rester au pouvoir ?